‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 8 sur 81 · AGE D’APULÉE ; SON PASSÉ · texte numérisé non relu

AGE D’APULÉE ; SON PASSÉ

décidée à se remarier!. D’un premier mariage avec un nommé Sicinius Clarus, il lui restait alors deux fils, dont le plus jeune, Pudens, n'était encore qu’un adolescent, et dont l’aîné, Pontianus, qui devait mourir entre le mariage et le procès, était parvenu à l’âge d'homme : une vingtaine d’années au moins : il avait achevé ses études, séjourné à Athènes et à Rome, et faisait à Carthage ses débuts dans la carrière oratoire?; — vingt-quatre ou vingt-cinq ans au plus : il est peu vraisemblable que sa mère, à sa naissance, fût âgée de moins de quinze ans ÿ.

Apulée et Pontianus s’étaient connus à Athènes, où ils avaient été camarades d’études et s'étaient liés d’une étroite amitié (72, 546). On en a conclu qu'ils étaient du même âge, et que Pudentilla aurait pu être la mère de son mari. En réalité, quoique Apulée fût en effet plus jeune que sa femme, il est probable que la différence était sensiblement plus petite, et qu’il était de plusieurs années l’aîné de son ami. Il n’était pas rare qu'il s'établit des relations de ce genre entre un débutant et un étudiant plus âgé et plus avancé, qui lui servait de guide et dont

1 Apulée dit être arrivé à Oca près de trois ans (ferme triennium : 55, 517) avant le procès. Le mariage, qui, toujours d’après Apulée (73, 549), fut décidé un an plus tard, ne dut guère avoir lieu néanmoins qu'un an avant le procès. Sans doute, les délais jugés nécessaires (:bid.) ne le retardèrent pas d’une année entière; mais les indications chronologiques d’Apul‘e ne sont pas d’une rigoureuse exactitude. En tout cas, le mariage eut lieu sous le proconsulat de Lollianus Avitus. Apulée, en effet, avait recommandé Pontianus au proconsul (94, 587). Ge fait est antérieur à leur brouille, car Pontianus redoute ensuite que ses mauvais procédés envers Apulée ne détruisent l'effet de cette recommandation; il est donc antérieur au mariage d’Apulée, que Pontianus avait cherché à empêcher après en avoir été l’auteur. D'autre part, c’est à la fin du proconsulat de Lollianus (94, 588) que Pontianus obtient le pardon de son ami ; et il résulte du récit d’Apulée (c. 93-97) qu’à ce moment le mariage avait eu lieu. En tout cas Pontianus était marié depuis plusieurs mois (97, 592) quand il était reparti de Carthage, porteur d’une lettre d’Avitus. Apulée devait donc être marié aussi, les deux mariages s'étant suivis de près.

2 92, 546 ; 69, 543 ; 94, 587. Du mariage de Pontianus, qui eut lieu avant celui d’Apulée, on ne peut tirer aucune conclusion sur son âge. Friedlaender (SG. I$ p. 463) admet qu’en Italie l’âge moyen du mariage, pour les hommes, était de vingt-trois ou vingt-quatre ans ; mais les témoignages sont rares, et il arrivait certainement, surtout en Afrique, qu’on se mariât beaucoup plus tôt. Augustin (Conf. Il, 3; 8) semble ne

que,;q » Ÿ; rien trouver d’anormal au mariage d’un jeune homme de seize ans.

8 Cf. Friedlaender, SG. 16 p. 565 ; 570.

il partageait la viet; et tels paraissent avoir été les rapports des deux jeunes gens. Pontianus, qui, à Athènes, a été recommandé à Apulée, le comble, lors de son arrivée à Oea, de prévenances non seulement amicales, mais presque respectueuses (72, 546); Apulée dirige ses travaux en même temps que les études de son jeune frère?; enfin, si Apulée peut recommander à la bienveillance du proconsul Lollianus Avitus

les débuts oratoires de son futur beau-fils (94, 587), c’est apparemment qu'il jouit d’une certaine considération et qu’il est luimême plus avancé dans la carrière. En somme, Apulée devait avoir cinq ou six ans de plus que Pontianus. Et il y a d’autres raisons de penser qu’en effet il n’avait guère moins de trente ans en arrivant à Oea3.

Apulée a derrière lui, à ce moment, des études prolongées et variées, des ;voyages étendus, tout un passé d'homme de lettres et d’orateur. Fils d’un des premiers magistrats de Madaure#, admis de bonne heure au nombre des décurions de sa ville natale 5, il dut recevoir, dès ses premières années, l’édu-

1 Rohde, art. cit. — Sinko (De Apul. et Albin. p. 44) pense que le Faustinus auquel sont adressés le de mundo et le de Platone avait de même été confié à sa direc-

tion, et que c’est pour l’initier à l'étude de la philosophie qu'Apulée composa à son

intention ces deux traités,

293, 547. Cf. 97, 591: « Me parentem suum, me dominum, me magistrum...

uoCcans », »

3 Il serait donc né approximativement en 125 ou 126. Hildebrand (p. XVII) fait naître Apulée entre 126 et 132. Rohde (art. cit.) remonterait volontiers jusqu’à 124.

#Il n’y a qu'un passage où Apulfe dise en propres termes qu'il est n£ à Madaure. On lit dans le rept épunveta, 4, 267 (p. 178, 16 Th.) : « Vt si pro Apuleio dicas Philosophum Platonicum Madaurensem, » Mais on sait que l'authenticité de ce traité est fort contestée, et la phrase en question trahirait plutôt le faussaire, (V. toutefois Sinko, De Apul. et Alb. p. 4o ss.) En tout cas ces mots confirment le témoignage des mss, qui l’appellent « Apuleius Madaurensis ». Lui-même dit être «seminumida et semigactulus » (4pol. 24, 445) et applique à sa ville natale l’épithète de « splendidissima colonia » (447), toutes expressions qui conviennent bien à Madaure. Cf. Metam. XI, 27. — August. C. D. VIII, 14: « Apuleins Platonicus Madaurensis ». — Apoll. Sid. Zp.1X, 13, 3: (Platonicus Madaurensis.» |

# Apol. 24, 447. Il est peu probable qu'il ait lui-même exercé les fonctions de duumuir, comme l’admet Hildebrand p. XXIL. (Il ny a donc à tirer de là aucune indication sur son Âge au moment du procès). Il dut être admis à siéger au sénat,

comme le furent sous l’empire, avec le titre de praeteætati, et sans voix délib'rative,

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