‹ L'Apophyse Mastoide Chez l'EnfantChapitre 27 sur 40 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La manière d'effectuer les pansements consécutifs à la trépanation de l’apophyse exerce une influence capitale sur la durée du traitement post-opératoire. L'importance de ces pansements esttelle que l’on peut considérer. toute intervention au niveau de l’apophyse comme se composant de deux temps : 4°; l'opération ; 2° le traitement -consécutif; et certes l'importance du second ne le cède en rien à celle de la première. On peut, à la rigueur, obtenir de bons résultats avec une intervention médiocre ou incomplète ; il est bien rare qu'avec des pansements défectueux une opération parfaite soit suivie de guérison à brève échéance, et nous serions presque tenté de dire qu'il est aussi long d'apprendre à faire de bons pansements qu à bien opérer ; c'est un résultat, certes, que de tarir un écoulement d'oreille de date ancienne; c’est un meilleur résultat de tarir l'écoulement et d'obtenir uné amélioration de l’audition, ce qui est possible dans bien des cas.

Tout d’abord, l'opération doit être précédée de certains soins qui rendent, par la suite, les pansements plus faciles à effectuer. C’est ainsi que la tête entière doit être soi- : gneusement nettoyée, non pas seulement au savon, mais

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à l’éther, puis au sublimé. On évite ainsi les démangeaisons qui se produisent presque toujours sous l'influence du pansement, et surtout l'infection parasitaire. Ce détail a son importance. Ces démangeaisons sont parfois insupportables et finissent par devenir si douloureuses que le malade demande à ce qu'on lui change son pansement. * Les enfants, irrités par ces démangeaisons continuelles, ‘finissent par soulever le bord du pansement pour se gratter ; la propreté de leurs ongles étant assez souvent douteuse, il est fréquent de voir survenir de la gourme qui s'étend à la totalité du cuir chevelu et souvent à la face; il n’est pas rare, dans ce cas, d'observer des adénophlegmons consécutifs, complication ennuyeuse. Aussi est-il infiniment préférable, lorsqu'on peut y décider la famille, ce qui est généralement facile quand il s’agit d'enfants, de raser complètement la tête et, par la suite, de conserver les cheveux le plus court possible. Nous ne parlons pas du pourtour de la plaie où les cheveux doivent être rasés au fur et à mesure qu'ils repoussent. Si les pansements doivent être peu nombreux, ce qui est la “règle dans la trépanation simple de l’apophyse où la guérison survient rapidement, et qu'il s'agisse de fillettes, on peut se contenter de raser les cheveux au voisinage immédiat de l’incision, mais la tête doit ètre fréquemment lavée par la suite, soit avec de l’eau dans laquelle on met du borate ou du bicarbonate de soude, soit avec de l’eau de Panama.

L'opération effectuée, le pansement diffère suivant qu’il s’agit d'une trépanation simple de l’apophyse ou d’une ouverture de l’antre avec pénétration jusqu’à la caisse ou, ce qui revient au même comme résultat final, d'un Stacke avec ouverture de l’antre.

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Quand il s'agit d’une trépanation simplé, on introduit dans la cavité opératoire un tampon de gaze stérilisée qu'on laissé en place quelques instants pour bien sécher la plaie. Il est préférable même de placer une mèche de gaze trempée dans une solution stérilisée d’alun. On obtient ainsi une hémostase absolument parfaite et, lorsqu'on retire la mèche au bout de quelques minutes, la cavité est absolument sèche et facile à explorer. On peut ainsi s'assurer que l’on n’a pas laissé de points douteux. La plaie est alors badigeonnée avec un tampon trempé dans la teinture d’iode afin d'aseptiser, autant que possible, la cavité plus ou moins contaminée par le pus de l’abeès. C’est un temps que nous considérons, pour notre part, comme capital. Nous sommes persuadé que, dans bien des cas, alors même qu’on a dépassé les limites des points contaminés, il se produit des infections secondaires par ce contact du pus avec Îes surfaces cruentées.

Ce badigeonnage ne peut être efficace que si l’écoulement du sang est nul ; autrement la teinture d'iode se trouve entraînée par le sang qui s'écoule et n'entre pas directement en contact avec la plaie. C'est pour cela que nous conseillons de tamponner préalablement la plaie avec une mèche trefnpée dans une solution d’alun. Il faut avoir soin, en outre, de ne pas toucher avec la teinture d’iode le plan de section de la peau. Nous avons pu nous convaincre, par les pansements ultérieurs, que ce badigeonnage à la teinture d'iode n’était douloureux qu'à ce niveau et qu'on pouvait en mettre dans la profondeur sans provoquer de douleur.

Pour tamponner définitivement-la cavité, on coupe des lanières de gaze de 2 centimètres de large environ. Avec une pince de Lister on saisit l'extrémité de la

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