‹ L'Apophyse Mastoide Chez l'EnfantChapitre 35 sur 40 · REV · texte numérisé non relu

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taires. L'enfant étant conduite à l'hôpital par une voisine, les renseignements sont incomplets; on apprend toutefois qu'il existe de l’otorrhée depuis très longtemps et que les accidents apophysaires remontent à huit jours environ. Actuellement (21 mai 1897) volumineux abcès, effaçant la moitié supérieure du sillon. L’ ONE est très fétide; il n° ya pas de température. :

Le même jour, opération. Apophyse largement perforée; évidement à la curette de l’antre qui est plein de fongosités ; on en trouve également dans l’aditus et la caisse qui sont ouverts. Le marteau est retrouvé intact, la courte branche de l’enclume à disparu.

Pas de température consécutive, mais l'état orne après l'opération, resta mauvais. L'enfant eut de nombreuses gommes tuberculeuses qui furent incisées. Dans le courant de juillet, l'abattement et l’amaigrissement devinrent extrêmes. Le 3 août, la plaie était terne et sèche. L'enfant ne fut plus ramenée au pansement, mais l'on apprit par une voisine que la mort était survenue, quelques jours après le dernier pansement.

OBsErvaTION LXXIV.— Ofite moyenne aiguë. Abcès mastoïidien avec ostéo-périostite de l’écaille. Ouverture de l'antre. Persistance des accidents. Ouverture de la caisse. Guérison.

Wey... (Renée), dix-huit mois. À noter que quatre frères et sœurs sont morts de méningite. L'enfant a eu la rougeole il y a trois semaines, actuellement il a la coqueluche. Otorrhée depuis huit jours, l’abcès a débuté il y a quatre jours. Actuellement abcès diffus, volumineux, envahissant la région temporale et s'étendant jusqu’à l’angle externe de l'œil, fluctuation. Perforation spontanée.

Trépanation, le 9 juin 1897. Evidement de l’antre.

À la suite de cette opération, l’état général ne s'améliora pas. L'enfant sembla faire de la tuberculose généralisée. Sup- puration abondante, otorrhée persistante, pas de température.

Le 29 juin, nouvelle intervention. La cavité postérieure, envahie par des bourgeons charnus, est curettée, l’aditus et la

caisse sont ouverts, on les trouve pleins de fongosités; on curette à nouveau l’abcès de la fosse temporale qui se vide mal : on fait à ce niveau une contre-ouverture que l’on joint à la plaie postérieure par un drain passant en arrière du pavillon.

Cette intervention eut le plus heureux résultat : en quelques semaines l’état général de l'enfant était complètement changé et devenait parfait.

En décembre 1897, l'état local était le suivant : plaie postérieure comblée et cicatrisée, conduit largement dilaté permet-

tant d’apercevoir la caisse qui suppure encore. |

A ce moment la mère cessa de conduire l'enfant au pansement. Elle revenait le 18 mars 1898. L'enfant, disait-elle, avait eu une bronchite aiguë, et par la suite elle avait cru qu'il était inutile de le ramener. On constate que le conduit est plein de pus ; après l'avoir nettoyé, on aperçoit par le conduit très largement dilaté un gros bourgeon obturant la caisse, on le touche à l'acide chromique.

Bientôt la suppuralion devenait beaucoup moins abondante. La guérison était obtenue en juin 1898.

OBsERvATION LXXV. — Ofite moyenne chronique, masses polypeuses oblurant la caisse et le conduit. Paralysie faciale. Trépanation de l'antre et de la caisse. En traitement.

Pic... (Jeanne), vingt-neuf mois. Cette enfant n'a jamais été malade. L'écoulement par le conduit date de quatre mois ; il .est apparu sans douleärs et sans température et a été traité par des injections boriquées ; mais il n'a pas diminué. Il ya huit jours, la mère s’est aperçue que la face de l'enfant était déviée à gauche ; voyant que cet état persiste, elle la conduit à l'hôpital. |

A l'examen pratiqué par M. le docteur Boulay, on constate que le conduit est obturé par des masses granuleuses empéchant l’examen dans la profondeur.

Opérée, le 14 juin 1897. L’antre et les cellules de la pointe sont pleins de pus; l'aditus et la caisse sont obturés par des masses fongueuses au milieu desquelles on trouve l’enclume et le marteau qui paraissent sains.

Pas de température consécutive, mais actuellement (juillet 1898) la plaie a conservé à peu près le même aspect qu'après l'opération; elle est constamment envahie par des masses fongueuses saignant abondamment et que l’on cautérise chaque fois à l'acide chromique. La suppuration est très abondante. La paralysie faciale s’est considérablement améliorée, il faut un

examen attentif pour s’en apercevoir.

OgsEervarTion LXXVI. — Ofite chronique ancienne. Abcès mastoidien. Ouverture de l’antre et de la caisse. En traitement.

.… (Mathurin), ee ans. Pas d’antécédents hérédi- . à noter, toutefois, qu'une sœur de sept ans présente de lP ee intermittente bilatérale. ;

À quinze mois, l'enfant a eu mal aux yeux sans que la mère puisse indiquer le nom de la maladie, il n’y a pas de taies cornéennes. Rougeole à deux ans, puis vers douze ans écoulement survenu sans cause connue du côté droit, sans nn ni douleurs. É

Le 22 juin 1897. l'enfant commence à ressentir des douleurs apophysaires qui très rapidement deviennent extrêmement violentes : la région devient rouge et s'œdématie. Le 30, il est amené à l'hôpital, porteur d'un volumineux abcès, fluctuant, très douloureux à la pression. |

Opération, le même jour. Trépanation de l antre qui contient

du pus et des fongosités; on arrive à sa partie postérieure sur le sinus mis à nu. L’aditus est très large, plein de fongosités, ainsi que la caisse. Ablation d’un poe du conduit. On ne trouve pas trace d'osselets.

Pas de température consécutive. Pansements réguliers. En juillet 1898, la suppuration est encore abondante, bien qu’une grande partie de la cavité, d’ailleurs largement ouverte, soit épidermisée.

O8BservarTiON LXXVII. — Ofite chronique.

Abcès mastoïdien. En traitement.

Gros... (Jeanne), dix-huit mois, Otorrhée il y a quatre mois,

sans cause connue ; puis, il y a quatre jours, abcès mastoïdien.

Opérée le 3 août 1897. — Perforation spontanée au lieu d'élection. Corticale mince; l’antre, l’aditus et la caisse sont remplis de fongosités qui sont soigneusement curettées. Pansements réguliers. En juillet 1898 la suppuration, presque nulle, est limiiée à la caisse qui d’ailleurs est en grande partie épidermisée.

OBSERVATION LXXIII. — Zistule mastoïdienne conséculive à abcès mastoïdien traité par incision de Wilde. Ouverture de l’'antre et de la caisse. Guérison.

Fab... (Emile), cinq ans et demi. N'a jamais été malade ; otorrhée survenue y a deux ans sans cause connue, puis abcès mastoïdien traité par l’incision de Wilde. Depuis fistule par où s'écoule du pus abondant et fétide.

Le 6 août 1897, opération. Perforation spontanée large comme une pièce de 50 centimes au lieu d'élection. Par ce trajet l’on introduit la curette qui tombe dans l’antre dont on extrait des masses cholesteatomateuses. Fongosités dans l’aditus et dans la caisse que l’on ouvre et dont on retire l'enclume et le marteau en partie nécrosés.

L'enfant fut pansé pendant un mois dans le service. Au bout de ce temps les parents étant dans l'impossibilité de conduire l'enfant à l'hôpital, il est pansé dans sa famille par le médecin qui l’avait adressé et doit être ramené tous les mois.

Les pansements furent exactement faits suivant les indications données et, en février 1898, l'enfant était ramené guéri avec cicatrice rétro-auriculaire et conduit bien dilaté permettant d’apercevoir la caisse épidermisée.

OBsERvATION LXXIX. — Abcès mastoïdien sans otorrhée. Ouvertufe de l’antre et de la caisse. En traitement.

Lab... (Louis), trois ans. Les antécédents héréditaires sont bons. L'enfant à eu la coqueluche au mois d'avril 4897, puis immédiatement après un écoulement par l'oreille gauclie.

L'oreille droite n'aurait jamais coulé ; elle est devenue douloureuse depuis une quinzaine de jours, époque à laquelle est

apparue la tuméfaction apophysaire qui s’est beaucoup accrue depuis quatre jours. Il n’y à pas de température.

Le 9 août 1897, ouverture de l’antre, de l'aditus et de la caisse, qui sont remplis de fongosités.

Pansements réguliers. La cavité postérieure ne tarda pas à se combler et à s'épidermiser. Depuis le mois de novembre 1897, il existe une cicatrice déprimée à ce niveau. Mais la caisse suppure toujours très légèrement, le conduit est bien dilaté. - Actuellement (juillet 1898), on ne trouve à chaque pansement qu'une gouttelette de pus sur la mèche.

4° Opération de Stacke et ouverture de l’antre.

Orservarion. LXXX. — Ofile chronique ancienne. Opération de Stacke el trépanalion. Paralysie faciale. Guérison.

Bend.. (Charles), sept ans. L'enfant est présenté à la consultation le 2 avril; il a eu la varicelle à six ans, puis des accidents de méningite qui semblent devoir être rattachés à l’otite chronique, dont il est porteur depuis l’âge de deux ans et qui est survenue sans cause connue, sans douleurs. Actuellement, écoulement fétide et abondant ; pas de gonflement de la région mastoïdienne qui est très légèrement douloureuse à la pression.

Le 2 avril 1896, opération de Stacke. Fongosités dans la caisse : l’antre est tout petit dans une apophyse scléreuse.

Le 3 avril, on constate de la paralysie faciale, ; le surlendemain la température s’élève brusquement ; le pansement est changé, mais la quantité de pus est minime et la plaie présente un bon aspect. Ces grandes oscillations thermales se reproduisirent pendant trois jours, puis l’état général devint excellent, et l'enfant quittait l'hôpital dans le courant du mois de maien parfait état.

Il fut, par la suite, très irrégulièrement conduit au pansement, cessa un moment de venir et fut alors pansé à Versailles. Quandil revint, en août, l’état local était le suivant : conduit très rétréci, obturé par des bourgeons charnus de même que la

PTE |

plaie postérieure. Après curettage, on fit la dilatation du conduit avec une mèche de gaze.

Il cessait de nouveau de venir en octobre ; ramené le 13, on conStatait l’occlusion absolue du conduit dunt les deux parois étaient soudées. Le 6. avril 1897, la guérison était complète, mais avec abolition totale de honte de ce côté. La paralysie faciale était considérablement améliorée.

OBsErvarion LXXXI. — Ofite Moyenne chronique. Suppuration venant de l’altique. Opération de Stacke et trépanalion de l’'antre. En traitement.

Bat... (Renée), dix ans. Cette enfant, dont les parents se portent bien, à eu la rougeole, puis la scarlatine il y a cinq ans. C'est à la suite de la scarlatine que son oreille droite a commencé à couler. L'enfant fut montrée, il y a deux ans, à un spécialiste qui lui enleva des polypes ; à y eut une légère amélioration, mais l’otorrhée, peu après, redevint abondante.

En mai 1897, l'enfant est rebde à l'hôpital Trousseau et soignée par M. Boulay, qui effectue également l'ablation de polypes obturant le conduit. Après examen et en présence de l’état local, la suppuration venant de l'attique (où, en introduisant le stylet au milieu des fongosités qui obstruent, on sent l'os dénudé), on se décide à intervenir.

Opération, le 21 juillet 1897. Ouver ture, par le procédé de Stacke, de la caisse qui est remplie de fongosités envahissant également l’aditus et l’autre ; on ne trouve pas trace d'osselets.

En juillet 1898, la plaie suppure fort peu. La cavité est largement ouverte et permet d'apercevoir la caisse qui suppure encore. Le conduit est bien dilaté.

5° Complications endocraniennes et infection purulente. OBsERvATION LXXXII. — Abcès mastoïdien. Ouverture de l'antre el de la caisse. Méningite de la base et tuberculose généralisée. Mort.

Ven... (Charles), deux ans et demi. L'enfant arrivant de nour-

rice, les renseignements sont à peu près nuls. La mère cons- {ata cependant, il y à deux mois, qu'il existait un écoulement d'oreille abondant, très fétide. Le début de l’abcès remonte à un mois environ; à cette époque, l'enfant se plaignait de sa. mastoïde; pas d’appétit, insomnies.

Le 23 avril 1895, trépanation. L’antre est rempli de pus et fongosités; il en existe également dans l’aditus et dans la caisse, dans laquelle on pénètre et qui est soigneusement curettée — on ne trouve pas trace d'osselets.

Après l'opération l'état général devint satisfaisant, mais la suppuration resta toujours très abondante. En juin, cependant, elle diminuait sensiblement; la plaie prenait meilleur aspect et la cavité se comblait lorsque, le 23, l’état général devint subitement très mauvais ; en même temps l'enfant se mit à tousser.

Le 24, examen de la gorge à deux reprises différentes; résultat négatif — la température qui la veille était de 39° tombe à 38°. La toux reste rauque et détermine des vomissements. — Le 26, nouvel examen nécessité par l'apparition d'accès de tirage — le malade est transporté au pavillon des douteux. — Mort le 27.

Autopsie : méningite taborculeuse type. — Les plèvres sont : adhérentes; ces adhérences résistent fortement quand on veut détacher les poumons de leur cavité. — Cavernes tuberculeuses aux deux sommets; broncho-pneumonie. — Les poumons sont entièrement farcis de granulations tuberculeuses.

OBsERVATION LXXXIII. — Ofite moyenne chronique. Accidents méningitiques. Opération de Stacke. Mort.

Lafr…. (Auguste), deux ans et demi. Le père est bien portant ; la mère semble être soignée, actuellement, pour une péritonite bacillaire; un frère est mort à deux ans et demi de tuberculose généralisée, deux autres frères sont en bonne santé.

L'enfant, élevé au sein, a eu la rougeole et la varicelle. Les renseignements sont assez peu précis; l’otorrhée est survenue vers l’âge de six mois, sans qu'il soit précisé si elle füt antérieure ou postérieure à la rougeole. Présenté une première fois à la consultation de médecine, l'enfant fut présenté de nouveau à

celle de chirurgie, et reçu salle Denonvilliers, le 31 octobre 1896.

Examen otoscopique fait par M. le docteur Boulay. — Otite moyenne avec large perforation, bourgeons charnus, léger abaissement de la paroi postéro-supérieure du conduit. Cautérisation des bourgeons et traitement habituel.

L'état général restant toujours mauvais et l'examen otoscopique ayant décelé, les Jours suivants, un abaissement plus accentué de la paroi postéro-supérieure du conduit, on se décide à intervenir. :

Le 22 novembre, opération de Stacke. La caisse est pleine de

fongosités, le protecteur pénètre dans le canal de l’antre et

l'antre est très élargi. Evidement à la curette, fongosités purulentes.

L’état général devint par la suite meilleur, l'enfant se nourrissait assez bien. Les pansements furent effectués régulièrement, la quantité de pus fut toujours minime.

Brusquement, le 23 décembre, l'état général devient très mauvais : l'enfant, extrêmement abattu, ne répond pas aux questions qu'on lui pose; étendu dans le décubitus dorsal, il reste immobile, poussant par intervalles des cris brefs, rares. Il existe de la dilatation pupillaire. La mort survenait le lendemain matin dans le coma.

AUTOPSIE. — On trouve le cerveau injecté, congestion et œdème gélatiniforme de la méninge molle à la convexité.

À la base, il existe une très légére adhérence de la pie-mère

à la dure-mère. On ne voit pas d’une facon nette de granulations. 2 | Rien du côté du sinus, ni de la dure-mère.

Les poumons sont congestionnés par places; plusieurs points splénisés s’enfoncent dans l'eau. Dans le poumon droit, il existe un semis discret de granulations grises. Les ganglions trachéobronchiques sont assez gros, quelques-uns caséifiés.

OBsErvaTION LXXXIV. — Ofite moyenne gauche ancienne. Accidents méningitiques. Opération de Stacke et trépanation de l’antre. Mort.

Beg.. (Georges), cinq ans. Cet enfant dont les antécédents

sont bons, a eu une bronchite à six mois ; puis, à trois ans, la rougeole avec otite moyenne double consécutive ; mais tandis que l’otorrhée disparaissait rapidement à droite, elle a persisté du côté gauche, jusqu'à l'époque actuelle. Il y a quinze jours, l'état général est devenu très mauvais. L'enfant se plaignait de douleurs dans les jambes, la nuque, ne mängeait plus, vomis-

sait fréquemment. Le médecin consulté conseilla à la mère de

faire opérer son enfant qui est présenté à la consultation le:

10 février 1897.

Examen otoscopique fait par M. Boulay : membrane couverte de pus ; après nettoyage, elle apparaît fortement injectée, dans le quadrant antéro-inférieur on voit un bourgeon charnu volumineux au centre duquel existe une perforation ; en faisant moucher l'enfant on voit sourdre une ou de pus, la membrane bombe légèrement. /

En présence de l’état a de plus en Dis mauvais, on se.

décide à intervenir.

14 février 1897. — Après avoir fait sauter le mur de la logette par le procédé de Stacke, on introduit le protecteur

sur lequel on fait sauter la paroi externe de l’aditus ; on arrive ainsi dans l’antre qui est rempli de pus épais, caséeux ; les cellules mastoïdiennes, extrêmement rares, sont évidées ; l’os est dur, éburné. :

A la suite de l'opération il survient de là paralysie faciale. L'état général ne fut pas amélioré. L'enfant ne répond pas aux questions qu'on lui pose ; il est extrêmement abattu, fait sous lui. La température s'élève le soir, mais ne tombe pas notablement le matin ; le pouls est assez plein et régulier.

18 février. — Amélioration notable, l'enfant est plus éveillé,” peut parler ; l'appétit revient, le sommeil est calme.

Mais, le 19 l’état DRE très mauvais ; l'enfant tombait dans le coma, avec pouls petit, difficile à sentir ; à 3 heures Survenaient des convulsions intermittentes du le supérieur et de la jambe droite ; elles cessaient à 4 heures et demie. Le pouls devenait imperceptible, incomptable ; la mort survenait à 5 heures. L'autopsie ne pouvait être faite par suite d'opposition.

OBSERVATION LXXXV. — Abcès mastoïdien volumineux avec disparition, puis réapparition de l'otorrhée. Accidents infeclieux. Ouverture de l'antre et de la caisse. En traitement.

Vissey.. (Hélène), sept ans et demi. Cette enfant, dont les antécédents sont héréditaires, sont excellents, a eu la rougeole à quatre ans. L'otorrhée date de décembre 1896 : elle est survenue sans cause appréciable, sans fièvre ; la douleur minime a rapidement disparu. |

En mai l'écoulement cesse; l’enfant, pendant quelques jours, se plaint de souffrir de son oreille ; puis les douleurs disparaissent et l’état général redevient excellent.

Le 1% juillet 1897 l'enfant recommence à souffrir de son oreille droite, mais il n’y a pas d'écoulément. La mère est très affirmative sur ce point, car, dit-elle, persuadée que si l'écoulement avait reparu, l’état général serait redevenu meilleur, elle l’a surveillé avec soin.

Bientôt la région mastoïdienne devient le siège d'un empâtement douloureux qui progresse rapidement. Le médecin appelé

pratique à ce niveau deux petites incisions superficielles par

lesquelles il ne sort pas de pus et qui se referment le lendemain, La tuméfaction s'étend alors de proche en proche, vers le cou, la nuque, décollant le cuir chevelu jusqu'à l'oreille gauche. À ce moment l'écoulement reparaît très abondant. | Nouvelle incision qui donne issue à une très grande quantité de pus mais qui se referme peu après. La collection reprend en peu de jours son volume primitif. Le 11 août, nouvelle incision minuscule. Les phénomènes généraux restant les mêmes, l’enfant est conduit à l'hôpital et présentée à la consultation le 13 août 1897.

L'état local est le suivant : le cou, la nuque sont le siège d'une énorme tuméfaction qui s'étend d’une oreille à l’autre. La peau est rouge, tendue, œdématiée. La collection décollant le cuir chevelu s'étend en haut jusqu’à une ligne horizontale passant à la partie supérieure des deux pavillons. Derrière l'oreille droile, une fistule, trace de l’incision pratiquée deux jours auparavant, laisse couler du pus abondant, très fétide.:

Mais il ne semble plus y avoir d'écoulement par le conduit.

L'enfant a des bourdonnements, de la gêne respiratoire, des phénomènes d'œdème de la glotte ; l'inspiration est bruyante, comme s’il existait du tirage.

En présence de l'état général, et ne pouvant par suite des phénomènes respiratoires donner le chloroforme sans danger, M. Chauveau, interne du service, pratique deux longues et profondes incisions sur les parties latérales de la collection, en arrière des pavillons. Il s'écoule alors une grande quantité de pus mélangé de sang. Par l'incision droite on aperçoit la mas-

toïde largement dénudée.

Le 14 août, l’état général semblant meilleur, M. Mouchet, interne du service, effectue la trépanation. On trouve au lieu d'élection une la rge perforation spontanée par laquelle on introduit la curette ; on évide l’antre et les cellules remplies de masses fongueuses ; il en existe également dans l’aditus et la caisse qui sont ouverts. ÿ

15 août. — On note de la paralysie faciale, survenue immé-, diatement après l'opération. L'état général paraît meilleur. A 10 heures du matin, on trouve la malade agitée, la peau est chaude, le pouls fréquent (180) la température élevée (39,6).

. Cependant l'enfant est assez gaie, a de l'appétit et ne se plaint pas ; elle déclare ne pas souffrir.

16 août. — Le pouls reste fréquent, la température élevée.

, Même état durant la première semaine qui suit l'opération. Malgré que les pansements soïent effectués tous les deux jours, la suppuration reste toujours extrêmement abondante. Sa température s'élève le soir sans tomber complètement au matin.

24 août. — La malade est agitée, mais il n'y a pas de délire, elle ne se plaint pas, répond avec lucidité aux questions qu’ on

lui pose. Température 40°,2. Il n’y a pas eu de frissons. : 25 août. — L'enfant est calme, a bien dormi.

Ces grandes oscillations durèrent quatre jours. Elles se reproduisirent ensuite, mais moins intenses pour disparaître complètement trois semaines après l'opération. Mais, durant ce laps de temps, l'état général ne fut jamais nettement mauvais. L’enfant eut toujours de l'appétit, fut assez gaie, raisonnant et causant parfaitement ; il n’y eut jamais de délire.

CERTES es f

À partir du 4 septembre, l'amélioration fut rapide. La suppuration diminua peu à peu. s

Le 29 octobre, il se forma dans la région de la nuque, :à la partie la plus déclive de la collection, un nouvel abcès de la grosseur d’une mandarine et que l’on incisa. , |

Pansements réguliers. — A la fin de novembre on put retirer le drain passant par les deux incisions. Bientôt, la suppuration diminuant, on put laisser se fermer l'incision pratiquée en arrière de l'oreille gauche. A la fin de décembre il ne restait plus trace de la vaste collection primitive. A cette époque l’état local était parfait, la cavité postérieure comblée et en grande

. partie épidermisée.

“En janvier 1898, la plaie postérieure est cicatrisée avec persistance d’un orifice rétro-auriculaire de la grosseur du petit doigt, bien épidermisé.

Février 1898. — La caisse suppure à peine. Cautérisation de quelques bourgeons charnus. A la fin du même mois, la guérison peut être considérée comme complète. L'enfant ne vient plus que tous les quinze jours. La mèche est à peine humectée d'une goutte de sérosité, fournie par un petit point sitüé au niveau du promontoire et gros comme une tête d’épingle.

Le 28 mars, la mèche est retirée absolument sèche. En mai l'enfant vient toujours tous les jours. On constate à intervalles irréguliers une gouttelette de pus à l'extrémité de la mèche.

La paralysie faciale est considérablement améliorée. Lorsque l'enfant parle, il est à peu près impossible de s’en apercevoir. Ce n’est que lorsque l'enfant se met à rire qu'elle devient appa-' rente. La paupière s’abaisse complètement.

Même état en juillet 1898.

OBsErvarIoN LXXXVI. — Fistule mastoïdienne avec vomissements. Ouverture de l'antre et de la caisse. Pyohémie. Thrombose du sinus. Ligature de la jugulaire. Ouverture du sinus. Mort,

Franq... (Auguste), huit ans et demi. Sans antécédents. héréditaires, cet enfant a eu le croup à trois ans, puis la rougeole et un léger écoulement consécutif par l'oreille droite, écoulement

qui disparut rapidement, dit la mère. Mais ses déclarations sont sujettes à caution, car parfois, dit-elle, l'enfant se plaignait de souffrir de ce côté, mais ces douleurs étaient fugitives, et jamais, affirme-t-elle, l'écoulement ne reparut.

Il y a douze jours environ, il a été pris de malaise ; puis le

lendemain apparurent de violentes douleurs d'oreille, accompagnées de tuméfaction de la région apophysaire. L'abcès se développa rapidement et, le 6 juillet, le médecin appelé l’incisa. Le soulagement fut immédiat, mais dura peu. Le 9, les douleurs reparaissaient plus violentes etaccompagnées de Rae 2

Le 10 juillet 1897, l'enfant est présenté à la consultation. On

constate en arrière du sillon rétro-auriculaire une incision dans

laquelle on à placé un drain. L'état général semble HpRee le faciès est abattu, la température est de 40°.

Opération le même jour. On enlève à la eurette des masses fongueuses abondantes pour découvrir l’apophyse, sur laquelle on aperçoit une trépanation spontanée du diamètre d’une pièce de 50 centimes. Par cette ouverture on introduit la curette et il s'échappe alors un pus abondant, fétide. On fait ensuite sauter sur le protecteur la paroi externe de l’aditus et le mur de la logette, on trouve la caisse pleine de fongosités et de masses cholestéatomateuses au milieu desquelles on ne trouve pas trace d’osselets. La paroi supérieure de l’aditus étant friable, on l'attaque à la curette et l’on tombe dehors dans une collection purulente bien limitée, située entre l'os et la duremère. Les cellules de la pointe semblant nécrosées sont évidées. : Après ablation des parties cariées, on voit battre le sinus latéral largement dénudé.

La température s'abaisse le soir, le mieux est sensible, les vomissements ont disparu ; le pouls est fréquent, mais l'enfant ne souffre plus et demande à manger.

ÎT juillet. — La température s'élève brusquement, et monte à 40°7. Il y a du délire, la langue est sèche. Les vomissements n'ont pas reparu.

12 juillet. — La température ne descend pas, le délire persiste. On’ administre le chloroforme. Le pansement est Ôté et l’on enlève quelques caillots qui entourent le sinus et font craindre une thrombose de celui-ci.

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