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CHAPITRE PREMIER

DÉVELOPPEMENT DU TEMPORAL ET DU CONDUIT AUDITIF DE LA NAISSANCE A L’AGE ADULTE

L'apophyse mastoïde n'existe pas à la naissance. Si l’on examine à arrière de l’orifice tympanal, l’on y remarque un petit

tubercule exactement situé au niveau et un peu en arrière

cette époque la surface osseuse située en

de l'extrémité supérieure de la branche postérieure de

l’os tympanal. Ce tubercule, sur lequel vient s'insérer le

sterno-cleido-mastoïdien, est traversé par la suture pétrosquameuse, toujours à cet âge très nettement visible et

qui mar que, comme son nom l'indique, le point où l’écaille vient s’unir au rocher.

Le procédé suivant lequel s'effectue l’union de deux os est intéressant à connaître, car il nous explique la disposition des cavités accessoires, ou cellules, dont se creuse le temporal en se développant et nous permet de délimiter la part qui revient à chacun d’eux dans cette formätion cellulaire.

À la partie supérieure de l’écaille, au niveau de la fosse temporale, les deux tables de l’os sont directement en contact; parvenues au niveau du rocher, elles se comportent de la facon suivante : la table interne, s'éloignant progressivement de l’externe, se porte en bas et en dedans

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à la rencontre d’une lame semblable partie de la portion pétrée ; arrivées au contact, ces deux lames s’unissent de facon telle que celle qui appartient à la portion pétrée se prolonge toujours sur la seconde et la recouvre sous forme d’une lamelle papyracée et sur une étendue d’autant plus considérable que le développement du temporal est plus accentué (fig. 4, 5, et suivantes).

La table externe continue la direction verticale primitive de l’écaille ; arrivée au niveau de la portion mastoïdienne du rocher, elle s’unit à elle en la recouvrant dans une étendue variable, puis vient s’insinuer entre elle et Ja branche postérieure de l’os tympanal. L'espace laissé libre par l’écartement des deux tables de l'os est OCCUPÉ primitivement par du tissu spongieux.

C’est à la partie postérieure, au niveau de l’antre, que cet écartement des deux tables de l'os est le plus accentué ; il diminue progressivement d’arrière en avant; au niveau de la partie antérieure de l’orifice tympanal, elles ne sont plus séparées que par une mince couche de tissu spongieux et viennent se placer dans une gouttière creusée dans la portion pétrée exactement juxtaposée à la branche antérieure de l'os tympanal, de telle sorte que l’écaille, à ce niveau, entre directement en contact avec ces deux os entre lesquels elle vient s’insinuer.

Le tissu spongieux, dans cette partie antérieure de l'écaille, se rencontre principalement au point d'implantation de l’apophyse zygomatique. L'on sait qu'à ce niveau la racine longitudinale de cette apophyse continuant sa direction antero-postérieure se bifurque presque immédiatement après son ‘origine en deux branches : l’une ascendante, qui se porte en arrière et en haut et limite à ce niveau la fosse temporale, c'est elle que l’on désigne

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sous le nom de /inea temporalis ; l'autre descendante, qui se dirige en arrière et en bas et vient s’unir à la branche antérieure de l'os tympanal limitant la cavité glénoïde. L'espace laissé libre entre elles el de forme triangulaire est doublé de tissu spongieux ; il répond à cette époque à la partie supérieure de l’orifice tympanal, mais répondra plus tard à la partie supérieure du conduit auditif osseux.

L'union entre l’écaille et le rocher est déjà suffisamment intime au moment de la naissance pour qu'il soit difficile de séparer les deux os sans fracture. Il est cependant possible, quelquefois, de les désunir beaucoup plus ‘tard, comme cela nous est arrivé sur des temporaux de un ou deux mois. Lorsqu'on effectue cette séparation, l'oreille moyenne nous apparaît tout entière ; l’écaille vis-à-vis des trois portions qui la constituent, caisse, aditus et antre, Joue en quelque sorte le rôle d'un couvercle (fig. 2).

L’antre est une cavité constante revêtant, à cet âge, sur

une coupe horizontale une forme triangulaire, à base

antérieure et présentant toujours des dimensions sensiblement égales qui différent assez peu de celles qu’il atteindra chez l'adulte. Il apparaît comme un diverticule qui semble prolonger en haut et en arrière la caisse avec

laquelle il communique par un orifice volumineux. Il est

toujours situé sur un plan plus élevé que la caisse et la domine. Son plancher répond assez exactement à une ligne horizontale passant un peu au-dessus du bord supérieur de l’orifice tympanal. En avant ce plancher se coude à angle droit et se porte en bas, puis en bas et en arrière. Cet angle arrondi, formé de tissu compact dans lequel passe le canal du facial, marque à ce niveau l’orifice de l’aditus.

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Ce plancher de l’antre légèrement excavé repose sur une masse de tissu spongieux. Une coupe horizontale montre que cette masse osseuse est comprise entre les deux tables du rocher qui, primitivement adossées au niveau de la suture occipité-mastoïdienne, s’écartent l’une de l’autre pour se diriger, la première en dehors et en avant et venir s'unir à l’écaille au niveau de la suture pétro-squameuse, la seconde en avant et en dedans pour constituer la face postérieure du rocher (fig. 15).

La paroi supérieure de l’antre se confond avec celle de l’aditus et de la caisse; mais elle est d'ordinaire à ce niveau un peu plus épaisse : elle est constituée par une lame osseuse formée par l’adossement et l’union de ces deux lames qui appartiennent, l’une à l’écaille, l'autre à la portion pétrée. À sa partie externe cette paroi supérieure de l’antre répond à l’écartement des deux tables de l’écaille primitivement occupé par du tissu spongieux. A la naissance ce tissu commence déjà à disparaitre et à se résorber. On le trouve creusé de cavités petites mais distinctes, premières cellules qui apparaissent au voisinage de l’antre ; souvent même il a- presque totalement disparu, l’espace entre les deux tables de l’os est libre et communique avec l’antre dont il semble faire partie.

Sa paroi externe appartient à l’écaille. Sa paroi postérointerne répond à une couche de tissu spongieux très épaisse atteignant ordinairement 4 à 3 millimètres et qui le sépare du sinus latéral. Nous reviendrons plus tard sur les rapports de l’antre à ce niveau.

A sa partie antérieure se trouve l'ouverture de l’aditus. Mais, à proprement parler, l’aditus à cette époque n'existe pas; l’autre semble se prolonger directement avec la caisse dans laquelle il s'ouvre à plein canal. C'est à peine

si l’on trouve à ce niveau un léger étranglement produit

par le brusque changement de direction de ces deux cavités, la caisse se portant directement en haut tandis que l'autre se porte en avant, il en résulte un coude placé au point d'union du plancher de l’antre et de la face postérieure de la caisse et'que soulève le canal du facial. Représenté en arrière par une simple arête, ce coude répond en avant à une surface beaucoup plus étendue qui se confond en arrière avec le toit de l’antre, en avant avec celui de la caisse et qu'il est impossible de délimiter. C'est cette portion très légèrement retrécie qui répondra plus tard à l’aditus. | :

Pour saisir tous ces détails avec netteté, il est préfé-

rable d'examiner un temporal ayant déjà commencé son développement plutôt qu'un temporal de nouveau-né. C'est vers un mois, un mois et demi qu’on les distingue le plus aisément. À cette époque, en effet, le temporal n’a encore subi aucune modification ni dans sa forme, ni dans sa structure intime. Le commencement de développement qui s’est effectué dans ce court espace de temps n’a fait qu'accentuer sa disposition première sans la: modifier. Enfin, il est possible à cet âge de séparer l’écaille du rocher et de voir la part qui revient à chacun de ces deux os dans la formation du temporal.

- À partir de cette époque ce dernier va se trouver profondément modifié dans sa forme et dans sa structure, par suite de l'apparition et du développement de l’apophyse mastoïde. Enfin le tissu spongieux compris entre les deux tables de l’écaille se raréfie le plus généralement et se creuse de cavités ou cellules qui se mettent en communication avec l'oreille moyenne.

Toutefois, les modifications que subissent avec l’âge

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