‹ L'Apophyse Mastoide Chez l'EnfantChapitre 8 sur 40 · APE · texte numérisé non relu

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# = les rapports de l'oreille moyenne ne sont pas liées uniquement au développement de l’apophyse. Il est un facteur nouveau qui joue, à notre avis, un rôle autrement important, c'est le développement du conduit auditif - osseux qui se trouve lui-même subordonné à celui de la cavité cranienne. ; |

Le conduit osseux résulte de l'augmentation du diamètre transverse du crâne ; mais il est nécessaire, pour suivre exactement son développement, de l'examiner séparément au niveau de la fosse cérébrale moyenne et de la fosse cérébelleuse, le développement de sa partie supérieure étant subordonné à celui de la première, tandis que sa paroi postérieure résulte de l'accroissement de la seconde.

La base du crâne dont fait partie le temporal est, à la naissance, complètement ossifiée (Richet). Sappey n'excepte que l’ethmoïde et le sphénoïde qui présentent encore certains points cartilagineux. Bien que les diiférentes pièces osseuses qui la constituent soient encore distinctes à la naissance, elles se soudent cependant de bonne heure. Tout au contraire, l'ossification des os qui entrent dans la constitution des parois latérales et de la voûte du crâne est peu avancée à la naissance. De plus leur mode d'union qui se fait par l'intermédiaire d’une membrane fibreuse leur donne une laxité que ne possèdent pas les os de la base.

Le développement de la cavité cranienne ne se fait pas par un accroissement exactement proportionnel de chacun des os qui la constituent, l’ossification plus avancée des os de la base leur donne tout d’abord un rôle primordial ; puis, lorsque le volume de l’encéphale augmente, cet accroissement reste insuffisant ; il se produit au niveau

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des parties latérales un développement complémentaire et certaines portions osseuses qui, primitivement, entraient beaucoup plus dans la constitution des parties latérales que dans celle de la base du crâne viennent prendre une part importante dans la formation de cette base. C'est ce qui se produit au niveau du temporal, comme il est facile de s’en assurer.

La fosse cérébrale moyenne est constituée par le temporal et le sphénoïde. Sa forme irrégulièrement ovoïde permet assez mal de la délimiter et de fixer ce qui appartient à sa base et à sa paroi externe lorsqu'on l’examine par sa face cérébrale ; toutefois, par l'examen comparé de cette face avec l’externe il est facile de s'assurer que le bord supérieur de la racine longitudinale de l'apophyse zygomatique, ou la linea temporalis, en marque la séparation. Le bord supérieur du rocher marque sa limite postérieure ; le bord postéro-inférieur du frontal, point d'union de la code aile du sphénoïde avec cet os, marque sa limite antérieure. Son plancher est formé tout à la fois par la face antérieure du rocher inclinée en bas et en avant et surtout par la face postérieure de la grande aile du sphénoïde. Dans l’espace angulaire laissé libre par l'union du rocher avec cette grande aile du sphénoïde vient s'insinuer une portion minime de l’écaille qui correspond à la cavité sigmoïde presque plane et très peu développée à cette époque (fig. 1. La portion de l’écaille faisant.partie de la fosse cérébrale moyenne est colorée en blanc). j 1

Lorsque le diamètre transverse de la fosse cérébrale moyenne augmente, l’espace angulaire laissé libre entre le rocher et la grande aile du sphénoïde s'accroît également ; l'écaille à ce niveau s’infléchit pour le combler,

Le UT 2 elle prend alors une part importante dans la constitution de son plancher.

C'est sur la table externe, au niveau de la linea temporalis, que cette inflexion se produit. Cette ligne délimite sur l’écaille deux portions distinctes qui, en se développant, vont suivre chacune une évolution bien différente. Toute la portion qui est au dessus est sans intérêt pour nous, elle fait partie des parois latérales du erâne. La portion située au dessous se compose de deux lames distinctes, interne et externe, interceptant dans leur intervalle du tissu spongieux qui déjà à la naissance est en voie de résorption et qui répond, comme nous l'avons déjà dit, à la partie externe du toit de l’antre, de l’aditus et de la caisse. À cette époque la partie libre de la lame interne est fort courte; Ja lame externe au contraire forme la paroi externe-de l’antre, de l’aditus et de lattique; elle constitue au niveau de l'orifice tympanal qu’elle surmonte une surface osseuse légèrement excavée ; c'est cette surface qui, en se développant, va venir cons; tituer la paroi supérieure du conduit auditif osseux.

Ces deux lames subissent un accroissement consécutif, proportionnel à leur, étendue primitive. À mesure que la fosse cérébrale moyenne augmente, ces deux lames s’accroissent, par suite la paroi latérale, représentée par la portion de l'écaille située au-dessus de la Zinea tempo: ralis, se trouve reportée au dehors; mais cette ligne restant à un niveau constant, correspondant âu plancher de cette fosse, il en résulte ‘que. ces deux lames s’infléchissent progressivement et se rapprochent d'autant plus de l'horizontale que leur développement s’accuse davantage. Ce mécanisme est extrêmement facile à saisir si l’on se reporte au tableau que nous donnons ici; mieux que

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toute deseription il permet de se rendre compte aisément de la formation de la paroi supérieure du conduit (fig. 4, 5, 6, 7,8, 9, 10, 11,19, 13, 44. Nous avons fait ressortir avec soin sur ces figures la ligne de démarcation entre la lame interne de l’écaille et la lamelle qui la recouvre et qui-appartient au rocher. Cette ligne de séparation est marquée par un trait noir délimitant nettement ce qui appartient à chacun de ces deux 0S). :

La conséquence immédiate de cette disposition, c’est que les cellules qui primitivement répondaient à la partie supérieure de l'antre de l’aditus et de la caisse se trouvent reportées à leur partie externe et ce sont elles qui à ce niveau viennent constituer les cellules limitrophes du conduit.

Enfin les rapports de l'oreille moyenne avec le lobe sphéno-temporal se trouvent de ce fait également modifiés ; tandis que chez l'enfant, à la naissance et dans les premiers mois qui la suivent, le toit de l'antre, de l’aditus et de la caisse répond au point d'union des faces inférieure et latérale de ce lobe il finit, surtout au niveau de la caisse, par ne plus être en rapport qu'avec sa face inférieure seule.

Enfin, il est un point que nous tenons encore à préciser. Lorsqu'on examine la suture pétro-squameuse, au niveau de la fosse cérébrale, il est facile de constater qu'elle passe exactement, à la naissance, au dessus de l’antre, de l’aditus et de la caisse. Examinée de nouveau sur des temporaux plus âgés, de neuf, dix ou quinze ans, on voit

qu'elle est reportée beaucoup plus en dehors et qu'elle:

correspond parfois au tiers interne, quelquefois même à la moitié du conduit osseux. Il semble donc qu'elle se soit déplacée. Il n’en est rien. C’est que, dans l’union de

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ces deux lames, squameuse et pétrée, cette dernière recouvre toujours la première dans une étendue d'autant plus considérable que le développement du temporal est plus accentué. C'est ce que nous nous sommes efforcé de faire ressortir dans les figures précédentes. Ce sont des temporaux jeunes qu'il faut examiner pour saisir cette disposition avec netteté; plus tard, la fusion des deux lames devient suffisamment intime pour qu'il soit impossible de les distinguer.

Les modifications que subissent avec l’âge les rapports de l’antre avec le sinus latéral sont étroitement liées au développement de la paroi postérieure du conduit auditif osseux qui constitue une partie importante de la paroi externe de l’antre. |

Si la situation du sinus latéral, par rapport à la cavité cranienne, reste la même chez l’adulte et chez l'enfant, ses connexions avec l’antre et la portion mastoïdienne diffèrent essentiellement chez l’un et chez l’autre. Primitivement superficiel, l’antre par suite du développement consécutif de l’apophyse et du conduit devient profond chez l'adulte. Enfin, tandis que chez ce dernier la portion mastoïdienne, outre les rapports qu'elle affecte dans la profondeur avec la portion pétrée, entre, pour une part appréciable, dans la constitution de la paroi latérale de la fosse cérébelleuse, cette dernière partie ést réduite à son minimum à la naissance ; la face postérieure du rocher semble se prolonger directement jusqu’à la suture occipito-mastoïdienne. A son extremité externe cependant, cette face postérieure du rocher, constituée par la table interne du temporal et dont la direction estoblique d'avant en arrière et de dedans en dehors, s’infléchit légèrement pour venir s'unir à Ja table externe dont la direction est

a JU TES telle qu’elle semble prolonger celle de l'occipital (fig. 15).

A cet âge les rapports du sinus latéral avec le temporal sont les suivants: il s’infléchit au niveau de la suture -occipito-mastoïdienne et répond tout à la fois, à ce niveau, à la face postérieure du rocher, à la partie la plus antérieure de l’occipital et au tissu cartilagineux interposé entre eux; puis, se portant en bas, en dedans et en avant, il répond à la face postérieure seule du rocher. Cette portion descendante du sinus latéral est fort courte et mesure environ un centimètre et demi; elle se trouve donc située au niveau de l'angle arrondi formé par l'union des faces postérieure du rocher et latérale de la fosse cérébelleuse, à la limite de la suture occipito-mastoïdienne, en avant et en dedans d’elle.

Par une coupe horizontale, passant par le plancher de l’antre, il est facile de s'assurer des rapports qu'il affecte avec lui. Cette coupe revêt une forme triangulaire, à sommet interne répondant au bord supérieur du rocher, à base externe représentée par la table externe du temporal et dont les deux côtés, antérieur et postérieur, sont constitués par la ligne de section des faces correspondantes du rocher. Sur une pareille coupe l'oreille moyenne, par suite de sa disposition, n'apparaîtra jamais tout entière ; sa direction étant oblique d’arrière en avant, de dehors en dedans et de haut en bas, l’antre représente sa partie la plus élevée, l’orifice de la trompe sa partie la plus déclive ; mais, par des coupes successives faites de haut en bas, rien n’est plus facile que de se rendre compte de ses rapports.

Si, Sur une coupe passant par le plancher de l’antre, on limite par une ligne perpendiculaire à la table externe du temporal, c'est-à-dire à la base de ce triangle, l’extré-

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mité postérieure de l’antre, on voit que cette ligne dont le point d'origine correspond à la suture pétro-squameuse vient couper la face postérieure du rocher, au voisinage du sinus latéral ou plus exactement à la limite de son bord antérieur ou très légèrement en avant. L’antre est, en outre, séparé de la face postérieure du rocher par une couche de tissu spongieux, dont l'épaisseur varie entre # et 5 millimètres (fig. 29).

À proprement parler l’antre, à cette époque, ne présente donc aucun rapport avec le sinus latéral, en avant et en dehors duquel il est situé. Faite un peu plus haut, au niveau de sa partie moyeune, cette coupe passe exactement au confluent du sinus latéral et du sinus pétreux supérieur.

L’antre est donc placé entre deux plans osseux : l’externe mince, représenté par la table externe de l'écaille; l'interne ‘beaucoup plus épais, constitué par la face postérieure du rocher doublé de tissu spongieux. Enfin ces deux plans ne sont pas parallèles, l’externe est antéro-postérieur, l’interne est oblique d'avant en arrière et de dedans en dehors.

Par des coupes horizontales successives, on se rend compte aisément que le bord’ antérieur du sinus latéral correspond extérieurement à une ligne oblique de haut en bas et d’arrière en avant, commençant en haut un peu en arrière de la suture pétro-squameuse et passant à 5 millimètres environ en arrière de la partie supérieure de l’orifice tympanal.

= Mais cette disposition primitive ne tarde pas à être profondément modifiée par suite du développement de la région mastoïdienne et du conduit auditif osseux, subordonnés l’un et l’autre au développement de la cavité cra-

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nienne; nous avons déjà insisté sur l'importance de ce mécanisme. 5

Le développement de la fosse cérébelleuse marche de pair avec celui de la fosse cérébrale moyenne : situé entre elles, le temporal participe tout à la fois de l’une et de l’autre. Tandis qu’au niveau de la fosse cérébrale moyenne l'accroissement progressif du diamètre transverse est complété par le développement consécutif de cette partie de l’écaille située au-dessous de la /nea temporalis, au niveau de la fosse cérébelleuse l’élargissement se produit aux dépens de la région mastoïdienne qui, primitivement réduite à son minimum, subit par la suite un accroissement prépondérant.

À mesure que les dimensions de la fosse cérébelleuse augmentent, les dimensions de la région mastoïdienne s’accroissent également; au tissu cartilagineux interposé entre elle et l’occipital succède du tissu osseux. Tandis que primitivement les deux tables du temporal se séparaient presque immédiatement au niveau de la suture occipitomastoïdienne, c'est-à-dire à la limite de la face postérieure du rocher, et que le temporal par suite ne prenait aucune part à la constitution de la paroi latérale de la fosse cérébelleuse, il se forme progressivement une surface osseuse faisant partie de cette paroi. Mais en s’accroissant la région mastoïdienne subit un mouvement d’inflexion analogue à celui de l’écaille, les deux tables de l'os entre lesquelles est situé l’antre sont progressivement repor- ‘tées en dehors et en avant : or, de la forme même de la région mastoïdienne il est facile de conclure que sa partie antéro-interne qui se continue sans ligne de démarca- ‘tion avec la portion pétrée, constitue son point fixe, tandis que sa portion postérieure, au niveau de la suture

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occipito-mastoïdienne, représente son point mobile. On se rend compte aisément de ce mécanisme en se reportant au tableau que nous donnons ci-près. |

Il résulte de ce mouvement de rotation, que la porüon de la table externe située en arrière de l'orifice tympanal et qui, primitivement, était antéro-postérieure, s’infléchit, se porte en avant et vient constituer la paroi . postérieure du conduit auditif osseux ; au niveau de la table interne cette inflexion de la portion mastoïdienne, qui à la naissance n'existait pas, a pour résultat d’augmenter la longueur de la face postérieure du rocher et par suile le diamètre transverse de la fosse cérébelleuse (fig. 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24. Sur ces figures la coupe du sinus latéral, est marquée en blanc; il est: aisé de suivre les modifications de situation qu'il subit à mesure que la région mastoïdienne s’accroit et que le conduit auditif se développe).

Le sinus latéral, situé dans l'angle arrondi formé par les parois postérieure du rocher et latérale de la fosse cérébelleuse, conserve cette position invariable ; il en résulte que par rapport à ce dernier la situation de l’antre varie progressivement à mesure que cette disposition s’accentue. Primitivement externe et antérieure par rapport au sinus, il lui devient interne tout en lui restant antérieur. En effet, la situation primitive de l’antre se trouve modifiée par suite de ce mouvement de rotation, son extrémité postérieure se trouve reportée en dehors et devient externe; le tissu spongieux ou les cellules qui lui ont succédé et qui sont en rapportavec cette extrémité postérieure se trouvent également reportés en dehors, l’antre cesse d’être superficiel pour devenir profond. La disposition successive des plans se trouve alors renversée ; tandis que, à la nais-

PC Eee sance, l’antre occupait le plan superficiel et le sinus un plan plus profond, c'est l'inverse que l’on constate (figures 29, 30, 31, 32, 33 34, 35, 36, 37).

Rien n’est plus facile que de délimiter ces rapports de l'antre avec le sinus. Si sur une coupe horizontale l’on fait passer immédiatement en avant du sinus latéral une ligne transversale, on divise la région mastoïdienne en deux parties distinctes, l’une antérieure qui répond à l’antre, l’autre postérieure répondant au sinus (fig. 29). En procédant ainsi de 5 millimètres en 5 millimètres et en joignant sur la face externe de cette région les points où celte ligne transversale vient la couper, on obtient extérieurement le tracé exact du bord antérieur du sinus. Cette ligne est oblique en bas et en avant (fig. 25 et 26).

Nous avons dit qu’à la naissance cette ligne passait à 5 millimètres environ en arrière de l’orifice tympanal, la région située en arrière étant à cette époque un peu supérieure à la première. Or, il est un fait qui nous frappe immédiatement si l’on pratique cette mensuration à des époques variables du développement du temporal, c’est que la surface comprise entre le sinus et l’orifice du conduit auditif semble rester à peu près invariable tandis que la seconde s'accroît considérablement. L’explication de cette disposition qui au premier abord semble singulière est en réalité fort simple. Tandis que la partie postérieure de la région mastoïdienne reste sensiblement rectiligne, l’antérieure s’infléchit, ainsi que nous l’avons dit, par suite du développement de la fosse cérébelleuse pour former la paroi postérieure du conduit auditif; elle mesure donc en réalité non pas seulement la distance comprise entre cette ligne postérieure et l’orifice du conduit auditif, mais encore toute la paroi postérieure de ce

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conduit. Celte dernière portion représente donc la véritable paroi externe primitive de l’autre, celle fournie par la table externe de l'écaille et qui, par suite de cette inflexion, est venue prendre cette position secondaire.

IL nous est facile, maintenant, d'envisager dans son ensemble la disposition du conduit auditif osseux. Mais ici nous serons bref; il suffit, pour s’en rendre compte, de se reporter aux tableaux que nous avons donnés, et qui permettent, croyons-nous, de saisir facilement le mécanisme dont nous avons parlé, mieux que toute description.

Comme on le voit, l'os tympanal, auquel on fait jouer le rôle principal dans le développement du conduit, ne possède, au point de vue des modifications, que ce développement imprime aux rapports de l'oreille moyenne, qu'une importance absolument secondaire. En réalité le temporal, ou plus exactement l’écaille, forme les parois supérieure et postérieure de ce conduit, l'os tympanal l’antérieure et l’inférieure ; ce dernier contribue, en outre, à le régulariser et à lui donner sa forme arrondie, en venant mourir sur ses parois supérieure et postérieure qui sont sensiblement rectilignes et qu'il revêt en partie. Le développement de ces deux os est d’ailleurs simultané. On sait qu'après la naissance l'os tympanal se développe par accroissement de sa circonférence externe et que de ses deux branches, antérieure et postérieure, naissent deux tubèrcules qui marchent au devant l’un de l’autre, puis se réunissent, circonscrivant au-dessous d'eux une large ouverture qui répond à la paroi inférieure du conduit. En général vers trois ans, quelquefois plus tard, ce trou se comble. Mais durant ce laps de temps la paroi de l’écaille, située au niveau de la fosse cérébrale moyenne,

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s'est infléchie pour constituer la face supérieure du conduit, tandis que la paroi postérieure se formait par inflexion de la table externe de la région mastoidienne.

Toutefois il est à noter que la direction du conduit à cet âge diffère essentiellement de celle de l'adulte, elle est oblique de haut en bas et d’arrière en avant.

Cette disposition n’est que transitoire; elle change par la suite, ainsi qu'il est aisé de le comprendre en se reportant aux figures précitées. À mesure que l’inflexion de l’écaille, au niveau de la fosse cérébrale moyenne, s’accentue, la table externe s’abaisse et par Suite la paroi supérieure du conduit tend à se rapprocher de l’horizontale. De même en arrière, à mesure que la fosse cerébelleuse se développe, la paroi postérieure se trouve reportée en avant. De sorte que, oblique chez l'enfant, dans les premières années, le conduit perd progressivement cette obliquité et tend à devenir perpendiculaire à la face externe du crâne.

Il existe le plus souvent, à la limite de la paroi postérosupérieure du conduit, une petite lamelle osseuse curviligne, que l’on désigne sous le nom de spina supra meatum ou épine de Henle. En général, elle apparaît dans le cours de la première année et n’est primitivement que fort peu appréciable. M. Poirier pense que son développement doit être rattaché à celui de l'os tympanal dont elle est le complément : « Ayantétudié l'os tympanal sur une centaine de cränes, el ayant souvent vu la lamelle en conhnuité directe avec l'os tympanal, je crois que cette formation doit étre rattachée à l'os tympanal ; comme celui-ci, en effet, elle est de formation secondaire et n'existe pas sur le temporal du nouveau-né ; de plus, elle donne insertion

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comme l'os tympanal, à la portion fibreuse du conduit ; je propose de lui donner le nom d’épine tympanale ‘

Nous avons suivi attentivement le développement de la spina supra meatum, de la naissance à l’âge adulte et nous avons constaté que rien ne pouvait confirmer cette manière de voir. Tout d’abord il existe entre elle et l'os tympanal une différence essentielle : c'est que l'os tympanal en se développant fournit la paroi antéro-inférieure du conduit, tandis que la paroi postéro-supérieure se forme aux dépens de l’écaille, le rôle de la spina serait donc absolument nul. Enfin l'os tympanal existe toujours, tandis que l'épine de Henle est fréquemment absente, sans que d’ailleurs la forme du conduit ne soit en rien modifiée. Son origine est, croyons-nous, beaucoup DE simple et purement mécanique.

La paroi postéro-supérieure du conduit est formée de tissu compact, d'autant plus dense que son développement est plus accentué; le tissu osseux silué en arrière est au contraire beaucoup plus poreux ; il est percé d’une infinité de petits pertuis, véritables piqûres d'aiguille, qui lui donnent un aspect criblé. Cette région est parfaitement décrite par M. ChipauJt : CVotons au passage l'existence, en arrière de cette épine, imvmédiatement au-dessous de la crêle sus-mastoïdienne, d'une petite région triangulaire, criblée de trous vasculaires, bien nette sur la, plupart des cränes, et que nous proposons d'appeler « zone criblée rétro- « méalique?. » Enfin, immédiatement en arrière et audessus de cette épine, se trouve une petite fossette où ces pertuis apparaissent le plus généralement avec une netteté

(1) Poirier. Anatomie médico-chirurgicale, p. 224. à 0 9 af11 17 , » » n (2) Chipault. Chirurgie du syslème nerveux, p. 491.

parfaite ; ils sont également à ce niveau plus nombreux et plus volumineux. Souvent même, on constate au milieu de ces orifices qu'il en existe un ou plusieurs dont le diamètre est plus considérable, permettant quelquefois avec une aiguille fine d'arriver dans les cellules limitrophes (fig. 25, 26, 27 et 28). (Sur les figures 27 et 28, l’épine de Henle et la fossette juxtaposée apparaissent avec netteté. On voit également, surtout sur la figure 27, de petits pertuis vasculaires pénétrant au niveau de la fossette et venant s'ouvrir dans les cellules limitrophes. Ces deux coupes sont perpendiculaires à la face externe du temporal. La première est oblique de haut en bas et d’arrière en avant ; la seconde se rapproche beaucoup plus de l'horizontale.)

Par ces orifices pénètrent des vaisseaux nombreux qui mettent en communication intime le périoste de l’apophyse avecla muqueusequitapisse l’antreetles cellules adjacentes. C’est un point anatomique que nous tenons à bien pré: ciser, car il Joue, croyons-nous, un rôle capital au point de vue des complications mastoïdiennes des otites suppurées.

Au niveau de cette fossette, la table externe s'enfonce dans la profondeur ; juxtaposée à la lame de tissu compact qui forme la paroi postéro-supérieure du conduit elle vient la doubler. En d’autres termes, la spina supra meatum est formée par une invagination, un plissement de la table externe à la limite de la paroi postéro-supérieure du conduit. Plus cette dépression est marquée, plus l’épine est saillante; elle n'existe pas au contraire lorsque cette fossette n'est que très peu ou pas marquée, comme cela arrive à la naissance. Il est clair également que le redressement progressif que subit le conduit avec l’âge a pour résultat de la rendre plus saillante. |

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