‹ L'apostolat de la priereChapitre 25 sur 84 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S'il est dans L'économie de la divine Providence un mystère capable de troubler tout a la fois le cœur et la raison de l'homme, c'est bien sans doute le petit nombre des élus et la stérilité apparent*' de l'incarnation, des sueurs et du sanj; du l'ils de Dieu.

Comment expliquer l'inutilité relative «le ce sang divin répanda par torrents, et dont une seule goutte aurait dû être plus que suffisante pour sauver mille momies? Comment reconnaître l'action de la souveraine Sagesse dans ce chaos d'erreurs monstrufiiN s. ,ie vices grossiers, de religions obscènes et sanguinaires, dans cette lutte perpétuelle des passions et des intérêts contre les principes et les devoirs presque toujours vaincus? Comment ne pas s'étonner que ce même Dieu qui se montre si libéral a l'égard des êtres les plus vils. qui ne refuse pas a la fleur des champs la goutte d'eau lire pour s'épanouir, et qui donne leur pâture

l.vi INTRODUCTION.

aux petits des corbeaux, laisse un si grand nombre

de créatures raisonnables manquer du pain de la vérité et de la rosée des célestes espérances?

Il faut 1 avouer, ce lamentable état de choses l'ait un Lien douloureux contraste avec les peintures touchantes que nous présente l 'Écriture Sainte des divines miséricordes, et avec cet immense amour des hommes qui amena le Fils de Dieu sur la terre, et le fit mourir sur une croix.

Aussi l'impiété aime-t-ellc à se faire une arme contre la Providence de ces résultats si incomplets de la mission du Verbe incarné, C'est là un des sujets favoris de ses blasphèmes, et un des points sur lesquels elle s'appuie avec le plus de succès, pour ébranler la foi des chrétiens faibles ou ignorants.

^»ue répondrons-nous a ses invectives? Resterons-nous muots devant des accusations qui ne tendent a rien moins qu'à convaincre la souveraine Sagesse d'avoir manqué' son but dans le plus parfait de ses ouvrages? Parailions-nous lui accorder par notre silence que ce DieJ, dont la bonté est l'essence, et qui l'a déployée avec tant de profusion à l'égard des créatures insensibles, en ait manqué à l'égard dés seuls êtres capables de répondre à son amour?

A Dieu ne plaise que nous soyons réduits à cette triste nécessité.

A ces blasphèmes de l'impiété nous pouvons d'abord opposer une réponse péremptoire; c'estcclle que nous fournit l'Apôtre, quand il s'écrie: « 0 profondeur des

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» trésors de la sag le la puissance de Dieu! 0

i) ullitudu! » Que sommes-nous | •• > > i ■ prétendre émit! i s i de notre faible regard ses incompréhensibles jugements, et pénétrer par nos raisonnements incertains ses voies impénétrables! Dieu serait-il l'Infini, si une intelligence aussi bornée que la autre pouvait comprendra tons ses d >ss< ins? Oserons-nous bien nous fair conseillers, nous qui chaque jour sommes confondus par le génie ou l'habileté de nos semblables? Quis <idjurit spiritui/i D'ii/i i ni et os/en'/ if illi, au/ c/uis cmisiliarius ejus fuit i 1 1 ?

Cette première réponse penl nous suffire pour confondre l'orgueil de la raison hnmaine : c est la seule qu'il mérite «le recevoir, et peut-être la meilleure que l'on puisse lui faire.

Mais à l'humilité* d'un cœur chrétien, qui étudie les dosaeiris de son Dion, non pour les juger, mais pour les accomplir, la foi réserveune autre réponse aussi salutaire qu'elle cet satisfaisante, et c'est celle qui va servir de base a toutes les considérations pratiques développées dans la suite de cet ouvrage. Celle réponse, nous la trouvons implicitement renfermée dans les paroles du même Apôtre, qui nous ont servi d'épigraphe: « Je re- » commande avant toutes choses que l'on offre à Dieu » des prières, des supplications, des demandes, des » actions de «races pour tous les hommes... Car rien i n'est plus salutaire et plus agréable à 1 »icu notre Sau-

(1) Isa. \l, 13. -ROM, Kl, 34.— vw. i\. 13,

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