CHAPITRE DEUXIÈME
Deuxième source de l'efficacité de l'apostolnl l'Association.
AHTICLE PREMIER.
Promessesde Noire-Seigneur h la prière faiteen commun.
Avant de rechercher les raisons delà puissance que nous avons attribuée à l'association, assuronsnous d'abord de la réalité de cette puissance.
Le divin Maître lui-même va nous donner cette assurance. Recueillons-nous pour l'écouter : « Je c vous le dis el je vous le répète, si deux d'entre » vous s'entendent sur la terre pour demander quoi y> que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père » qui est dans les cieux (1). »
Et il nous explique immédiatement cette efficacité que l'association ajoute à la prière : c'est que partout où il y a deux cœurs unis pour prier, il y en
(1) Iterum dico vobis, quia si duo ex vobis consenserint super terram de omni re quameumque petierint, fiet illis a Pâtre mco qui in colis est. MATTn. xvni, 19.
pe LA rniEnr. RI
à mi troisième qui prie avec eus et dont la prière ne peut manquer d'être exaucée par Dieu le Père ; et <•(• coeurest le sien. Toujours présent à chacun de ses membres, il esl encore pi us présent à cens de ses membres qui forment (Mitre eus une union plus étroite, ■ Carpartout où déni nu trois sont assemb blés en mon nom, je suis là au milieu d'eus 1 1. » Aussi, quand il nous enseignera lamanièredont nous devons prier, ne nous permettra-t-il pas de nous isoler jamais de la société de nos frères. 11 veut que notre prière soit toujours une prière sociale. « Voici, nous dit-il, comment vous prierez: Notre Pèrequx êtes aux deux, donnez-nous aujourd'hui potrb pain de chaque jour... Pardonnez-mous nos offenses. W vois laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal . »
Telle est la formule divine qui, prononcée d'abord par le Sauveur du inonde, vient se placer sur les lèvres de tous les fidèles ; voila la prière catholique, la prière par excellence. Sic orabitis : Pater hosier... Panem nostrum... Da nobis... Dimitte nobis débita nostra, etc.
« Nous ne disons pas, en priant, mon Père, niais d notre Père; nous ne disons pas donnez-moi, mais » donnez-nous, remarque saintCyprien, parce que le i Do 'teur de l'unité n'a pas voulu que chacun priât « seulement pour soi. lia voulu, au contraire, que
1 Ubi enim suntduo vel très congregali in nomme meo ilii'tnii in medio eorum Matth,iviu.20.
» chacun priât pour tous, parce que dans l'unité de » su personne il poitiiit tous les hommes, et que par » conséquent en lui tous les hommes ne font » qu'un (1 . »
Mais c'est là une vérité qu'il ne suffit pas de croire; il faut encore s'efforcer de la comprendre. Bien loin qu'il y ait présomption de notre part à approfondir les desseins de la divine bonté, la reconnaissance nous fait un devoir de nous en pénétrer, afin de nous metti c en étal d'y coopérer suivant la mesure de nos forces.
ARTICLE II
Motifs des promesses faites à l'association, tirés de la nature de Dieu.
H faut l'avouer, dans ce royaume de la divine miséricorde que nous parcourons, nous marchons de mystère en mystère ; mais ce sont des mystères d'amour, qui répondent aux plus intimes comme aux plus irrésistibles instincts de notre cœur, et
(l) I<1e> non dieimus. Pater mei s, sed nos ter; nec da mihi , sed da noms, quia nnititis magisler noluit privatim precem fieri, ui scilicet quis pro se tanlum precetur. Unum enim orare pro omnibus volait, qui in uno omnes portavit. S. Cypr. De orat. Dom.
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concilient toutes le> contradictions de noire nature. L'honme est infiniment Faible, et pourtant il a l'instinct de la puissance ; il ne \it que dans le présent, et pourtant il a besoin d'être assuré de l'avenir; il est infiniment pauvre, et il ;i besoin d'être riche: voilà donc autant d'abîmes de misère et «le néant qui appellent <l<is abtmi - de perfection et de .^randeur | 1). La prière l'ait droit à cet appel ; elle établit une communication entre L'abîme de la petitesse, de la faiblesse humaine, et l'abime de la perfection, de la richesse, de la puissance divine; par elle, comme par un canal, l'Infini se déverse dans le néant, et le remplit de lui-même.
Et maintenant voici que Dieu nous révèle un autre Secret pour nous élever à sa hauteur. Car pour être semblables à Dieu, il ne nous suffit pas d'être comme lui immortels, et comme lui souverainement riches et puissants, il faut encore que nous puissions communiquer ces biens à d'autres nous-mêmes, qiu nous les rendent à leur tour. Il j a dans cet échange que Se font plusieurs neurs unis par le lien de la charité, un bonheur incomparablement plus grand que celui gui naît de la contemplation et de la jouissance égoïste de ses propres richesses. Aussi est-ce dans la société ineffable des trois divines Personnes, dans la communication éternelle, continuelle, complète, qu'elles se tout de tous le urs biens, que se consomment
i kbyssus ibyssum (avocat. Ps. xu. *
la perfection et le bonheur de Dieu. La puissance, la sagesse, la bonté, tous les attributs divins sont en Dieu le Père à un degré infini; et pourtant ces attributs ne peuvent s'exercer qu'autant qu'ils se communiquent au Verbe et au Saint-Esprit, et celte communication est aussi nécessaire à Dieu que son infinité même. Dieu ne serait pas Dieu s'il était solitaire , et quoique chacune des divines personnes soit infinie, à chacune d'elles il manquerait l'infini si, par impossible, elle existait seule, puisqu'il lui manquerait la souveraine perfection et le souverain bonheur, qui consistent à faire des heureux.
À ce mystère de la société des trois divines Personnes, qui est le plus sublime mystère de notre foi, se rapporte le plus excellent mystère de notre nature.
Tandis que tout en nous semble nous condamner à l'égoïsme, un besoin irrésistible nous pousse à la société. Si nous en croyons nos sens et, jusqu'à un certain point, notre raison, il semhle que la force, la vie, le bonheur, consistent à renfermer en soimême et à attirer à soi toutes choses; et pourtant nos ineilleuis instincts nous portent, malgré nors, à sortir de nous-mêmes pour vivre dans les autres, et à chercher dans notre union avec eux une force, une plénitude, un contenlement que nous ne pouvons trouver en nous seuls.
Pour qui ne connaît pas la di\i ne Trinité, c'est là un mystère inconcevable, une inexplicable contra-
pf. i. \ riwrni 88
diction. Car la perfection de l'homme consistant à se rapprocher le plus possible de Dieu, il est manifeste que si Dieu trouve son bonheur à se renfermer en lui-même et à jouir de lui-même, c'est en cela aussi, u'est dans le souverain égolsme que devra consister le souverain bonheur de l'homme. Mais pour nous, chrétiens, qui savons par la foi que Dieu lui-même n'est parfait* ment heureux <m«- parce qu'il est Père, et parce que si paternité lui permet de se donner tout entier à un autre lui-même, nous ne saurions nous étonner qu'il nous ait fait nue loi de l'imiter, qu'il nous ail mis dans l'impossibilité d<- jouir seuls de notre pei fection el uY notre bonheur, et qu'il ait donné à l'association la puissance de centupler notre force et notre richesse.
Voilà donc que cel inexplicable mystère de la Trinité divine nous explique, a*rec bien d'autres mystères de la nature et de la grâce, celui qui nous occupe en ce moment, le mystère de l'association et de son incomparable puissance.
Par la prière, chaque chrétien est déjà mis en possession delà loute-puissance de Dieu; mais <lr même que Dieu le Père ne peut pas exercer tout seul la puissance infinie dont il est revêtu par la nécessité de sa nature, ainsi le chrétien ne saurait exercer tout seul la toute-puissance dont l'investit la prière. S'il veut que son efficacité soit infaillible, il faut qu'il l'unisse à la prière d'autres cœurs animés comme lui par l'esprit de charité. D'accord avec Ih
Sfi L APOSTOLAT
loi, notre raison elle-même nous dit que le dogme
de la Trinité une t'ois admis, il n'en saurait être autrement. Comment, en effet, cette toute-puissance de supplication que nous confère la prière, pourraitelle s'exercer suivant d'autres lois que la toute-puissance de nature qui appartient à Dieu?
article m.
L'association . principe de force dans lous les ordres de choses.
Du reste, si du monde incréé qui est en Dieu, nous abaissons nos regards sur le inonde créé qui nous entoure, nous trouverons à chaque pas des vestiges de la loi qui régit la nature divine elle-même : partout nous verrons les preuves les plus frappantes de la force invincible que l'association donm1 aux créatures les plus faibles
Qu'y a-t-il de plus faible qu'un fil de chanvre ou de lin? Un souffle suflit pour le briser; réunissez-en un certain nombie, et vous en ferez des câbles assez forts pour traîner des navires. Qu'y a-t-il de moins résistant qu'une goutte d'eau? Sous la moindre pressionelle recule et s'enfuit; et pourtant qu'un certain nombre de gouttes d'eau se réunissent, et vous verrez
DE LA r RI FUT. «7
les digues les plus a ilidementconstruitescéderà leur impétuosité, «les édifices que Le canon n'ébranlerail pas tomber comme s'ils n'étaient bâtis que de paille, •1rs arbres gigantesques el d'énormes rochers entraînés comme des grains de sable, des vallées entières ravagées, (h^ montagnes même r< n versées de dessus leur base. Va t-ou p ts vu désarmées entières mises on l'uite par des essaims îles plus petits et plus faibles insectes? A quoi faut-il attribuer la puissance effrayante du vent et la puissance plus merveilleuse encore de la vapeur, sinon à l'union, à L'association des éléments les plus impuissants comme les plus insaisissables par eux-mêmes !
S'il en est ainsi, comment s'étonner que ce qu'il y a de plus puissant au inonde, la volonté humaine, acquière par l'association une si grande puissance?
C'est bien surtout dans l'ordre moral que l'association déploie toute son énergie et qu'elle accomplit de vrais miracles ! N'est-ce pas à elle (pie nous devons tout à la fois, et la satisfaction de nos besoins physiques, et le développement de nos facultés intellectuelles? Combien de mains ont dû s'associer pour faire notre plus simple vêtement, depuis la main du pâtre qui a nourri la brebis, dont la toison en a fourni la matière, jusqu'à la main de l'ouvrier qui en a coupé et réuni ensemble les différentes pièces! Combien de bras se sont fatigués à produire le morceau de pain qui fournit à nos repas le mets le plus élémentaire ! Et notre âme, que serait-elle sans
l'association ? Le plus grand génie serait-il autre chose qu'un idiot, si le génie de la société entière ne s'était penché vers lui, el par une maternelle incubation n'avait développé les puissances qu'il tenait de Dieu et les germes de connaissances que lui avait fournis la nature? Tous les progrès des arts, toutes lesmerveillesdcrimluslrie, tous les hauts faits qu'enregistre l'histoire, tous les monuments de l'architecture, et les édifices des sciences, bien autrement harmonieux que leséditices de pierre ou de marbre, qu'est-ce que tout cela, sinon d'éclatantes preuves de l'incomparable puissance de l'association et des applications magnifiques de la loi que le Créateur promulgua au premier jour du monde: // n'est pas bon à r homme de rester isolé; faisons-lui donc un aide semblable à lui (1)?
ARTICLE IV
Puissance de l'association dans l'ordre surnaturel.
On doit comprendre maintenant que, lorsque Dieu a voulu faire une œuvre plus divine que toutes ses jiutres œuvres, lorsqu'il lui a phi d'appeler les hommes à acquérir avec lui une ressemblance in-
'1) Non est bonuni hoininem esse solnm ; faoiamus ei adjulor'tam simile siM. Gf.n. m, 18.
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finimenl plus parfaite < 1 1 1«- celle donl ils Boni redevables àleurnature, il a dû les appeler à former entre eux une Bociété inflnimenl plus semblable que imites les associations naturelles, à cette société de lumière et d'amour qu'il renferme en lui-même, et qui fait sa perfection ol son bonheur. On ncdoil plus s'étonner qu'il ait accordé à l'association surnaturelle dosâmes des prérogatives vraiment divines, et qu'il l'ait investiedu pouvoir de faire, par la prière, tout ce qu'il peut faire lui-même en vertu de sa divinité.
Cette société des .unes, celte image parfaite de h divine Trinité sur la terre, cette œuvre divine entre toutes les autres, dans laquelle l'énergie de l'association es( élevée à la plus haute puissance, c'esl la sainte Eglise, une, catholique el apostolique.
Contemplez le développement <le ce petit grain de sénevé d'où esl sorti l'arbre gigantesque qui en ce moment couvre la terre deses rameaux. Voyez combien faibles furent ses commencements, combien ses premiers éléments étaient peu nombreux, combien puissants ses ennemis, combien terribles les difficultés qu'il avait à vaincre; voyez les assauts que l'Eglise a soutenus, les persécutions qu'elle a essuyées, les victoires qu'elle a remportées ; considérez la force de sa constitution, l'énergie persévérante de son action, et les miracles qu'elle a produits! D'où lui vient ce pouvoir surhumain? De l'association, mais de l'association la plus parfaite
qu'on puisse imaginer; car c'est L'associatiou des esprits dans une même foi, des cœurs dans un mena i désire) un même amour, des vo/o?ités dans une même
obéissance et l'accomplissement d'une même loi, des personnes enfin dans l'unité des mêmes intérêts, des mêmes espérances, de la même conduite.
Oui, voilà ce qui a rendu l'Eglise catholique forte au dedans et au dehors, invincible pour ses ennemis, toute-puissante en faveur de ses enfants, victorieuse des attaques de l'enfer, et inébranlable au milieu des assauts que lui livrent les puissances de la terre. Et tandis que dans le monde tout tombe et disparait; l'Eglise, planant au dessus des ruines que la mort accumule autour d'elle, traverse majestueusement les siècles, toujours vivante el toujours \igoureuse.
A cette association catholique le monde doit la lumière qui l'éclairé, la grâce qui le vivifie, les vertus qui l'honorent, les œuvres si multipliées de la charité q'ii soulage ses misères. Par elle tous les trésors célestes, la sainteté, la paix, le bonheur sont prodigués à tous les fidèles enfants de l'Eglise. De cette racine féconde naissent, comme autant de rejetons, toutes les institutions saintes qui, depuis Jésus-Christ, couvrent le monde de leur ombre protectrice. Par elle les individus et les peuples sont grands, justes, heureux. Elle guérit tous les maux, elle assure efficacement tout bien véritable.
Le Sauveur, en montant au ciel, n'avait demandé
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qu'une seule chose pour ses disciples. • Omon Père, i avait-il dit, iju'ils soient un entre eux el avec nous, » comme vous êtes en moi el moi en vous i . C'est là son vœu suprême ; c'esl son dernier mot. Il n'est venu sur la terre que pour créer parmi les humilies une image de la société divine. Toute la récompense qu'il sollicite pour les travaux el le> souffrances qu'il a endurés pour la gloire de son Père, c'esl que cette image soit parfaite el qu'elle soif durable ; que l'association des âmes se rapproche, par s'.ni intimité, «le cette unité parfaite qui règne entre les divines personnes. 11 ne demande pas pour son œuvre d'autre garantie de force, de prospérité, de durée. Il ne demande pas pour lui d'autre gloire ; car, de tous les miracles, Le plus divin ; de toutes les forces, la plus victorieuse; de tous les principes de vie, le plus fécond , c'est sans aucun doute l'union des âmes jointes et comme fondues ensemble parle feu de la divine charité.
ARTICLE V
Puissan ;e terrible de l'association des méchants.
Cette puissance irrésistible de l'association, Satan l'a comprise ; et il a mis en œuvre toute l'habileté de
l JOAN. XVII, SI.
son intelligence et toute l'énergie de sa volonté, pour opposer à la société des âmes, sacrifiant leurs intérêts égoïstes pour faire triompher la cause de Dieu, une société également compacte d'àmcs, travaillant, aux dépens de leurs intérêts éternels, au triomphe de la cause du mal. Si l'Eglise des saints est le chef-d'œuvre du Verbe incarné, r.ette infernale église des méchants est le chef-d'œuvre de l'archange déchu ; et ici comme partout , il se montre l'imitateur, ou plutôt, suivant l'expression d'un saint Père, le singe de Dieu.
Lui aussi, il a donné a son église une organisation hiérarchique dont tous les degrés sont parfaitement liés entre eux. A défaut de la charité qui détruit les vilségoïsmeset confond les intérêts, il unit les cœurs par le feu de la haine, qui suspend les rivalités jusqu'au jour de la victoire. Ce sont des orgueils qui se soumettent à d'autres orgueils, des égoïsmes qui, divisés en tout le reste, s'unissent pour faire la guerre à la charité. La aucune doctrine positive : on ne s'entend que pour nier; nul accoid pour édifier, mais accord parfait tant qu'il s'agit de détruire. Depuis l'hérétique qui nie le pouvoir de l'Eglise, jusqu'au panthéiste et à l'athée qui nient Dieu, jusqu'au sceptique qui nie tout, il y a des degrés sans nombre; ce sont les divers corps de la grande armée de la négalion, c'est-à-dire de l'armée de Satan, X adversaire, l'ennemi de la vérité. Chacune de ces négations lui 'i utile. H il s'en sert habilement, en son temps et
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en son lieu. Il tire même un merveilleux parti, poui séduire les âmes, de ce que plusieurs de ses adeptes conservent de vérité ; car rien ne lui sérail plus nuisible, lors même que cela ne sérail pas impossible, que de n'avoir sous ses ordres que des erreurs absolues, li s'i h Tant bien aussi que tous ces instruments soient complètement initiés au but qu'il poursuit. II n'a, au contraire, qu'un petit nombre d'apôtres à qui il ait révélé tout son secrel ; au autres, ce se< ret n'est communiqué que progressivement, et suivant la mesure croissante de leur malice. La multitude se laisse conduire en aveugle, par les liens de ses payions et de ses préjugés.
Conçus dans les antres infernaux et couverts du voile impénétrable du mystère, les projets sacrilèges des favoris de Satan n'ont pour objet que le désordre et la désorganisation. Combien de fois leurs manœuvres souterraines ont ébranlé jusque dans leurs fondements les étals les plus solidement assis, renversé les royaumes et les rois, enseveli dans une ruine commune les empires et les dynasties, les institutions et les hommes ! .Mais c'est à l'Eglise surtout que l'on en veut, et contre elle que les portes de l'eufer cherchent à prévaloir, (les efforts impies seront impuissants, nous le savons ; mais ils entraînent dans L'abtme un grand nombre de victimes, et l'on dirait que Lucifer, tant de fois vaincu , fait en ce moment le dernier effort, afin de l'emporter sur le Christ.
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Mais où cette assemblée des méchants puise-t-elle
sa force ! D'où lire-t -elle la pernicieuse influence tliii la rend, en ce moment surtout, le plus grand des dangers pour l'univers entier? Ali ! ne nous le dissimulons pas, sa lorce lui vient de l'association. Des liens secrets unissent les membres entre eux. Tous les moyens de communication que l'industrie humaine a inventés, la pi esse, le commerce, les sociétés industrielles, la bienfaisance elle-même, la vapeur et l'électricité, tout leur sert pour se rapprocher davantage, pour rendre leur ligue plus compacte, leur entente plus parfaite , leur action mieux concertée, leur influence plus irrésistible.
Et plût à Dieu que tous les chrétiens missent au service de leur sainte cause la même activité, et, faut-il le dire'!1 la même abnégation que les ministres de Satan dans l'accomplissement de leur œuvre de destruction ! Ne les vovez-vous pas courir sans cesse d'un bout de l'Europe à l'autre, affronter les dangers, franchir toutes les barrières qu'on cherche à leur opposer ? Que de douanes infrancbissablespour les doctrines de l'Eglise du Christ, essaient en vain d'arrêter les productions les [dus abominables de l'église de Satan ! Qui donc fournit les fonds pour imprimer tant de mauvais livres, et les vendre à des prix si modiques? Qui soudoie tous ces colporteurs? Qui subvientaux dépenses de ces sociétés d'ouvriers? Qui défraie ces émissaires envoyés au loin ? Quelle activité, quel zèle, quelle horrible abnégation !