‹ L'apostolat de la priereChapitre 67 sur 84 · DI LA P III FRF. 1 M · texte numérisé non relu

DI LA P III FRF. 1 M

ai* rii.i.K ni

rclce de l'Apostolat dana ki œm rea de i tiaritâ el de rèle.

L'Apostolal de la Prière, après nous avoir suivis dans i<»iis nos exercices de piété e( dans toutes uns oeuvres <l<- pénitence, après avoir animé d< sou es-

prii <i enrichi de nouveaux mérites tous nos rapports avec Dieu et avec nous-mêmes, ne saurait perdre sa vertu lorsqu'il s'agira de sanctifier nos rapports avec le prochain. C'est là, au contraire, que sa vertu va devenir plus manifeste et que son exercice \.i noua être plus facile.

En effej, l'Apostolat de la Prière a bien pour tin dernière la gloire de Dieu, ••! pour matière toutes nos œuvres et toutes nos souffrances; mais son but immédial est la sanctification du prochain. C'est doue surtout lorsque notre âme se trouvera en contact avec les âmes de nos frères que toute l'énergie de l'Apostolat se réveillera, pour que ce contact ne soii passans fruit; il surnaturalisera nos relations 1rs plus indifférentes. Tandis que sa lumière transfigurera à nos veux lésâmes les plus dégradées, et nous inspirera pour elles la plus haute estime, sa chaleur nous fera aimer ce que, sans son esprit, nous n'aurions su que mépriser ou haïr; en augmentant notre autorité sur les volontés les plus rebelles, il nous donnera le pouvoir de dilater et de fortifier les vo-

Zi^ L'ArOSTOLAT

lontés les plus débiles: on un mot, il nous revêtira d'une irrésistible force d'attraction, et nous mettra en étal d'exercer, partout où nous paraîtrons, la divine contagion du bien. Ces résultats valent bien la peine que nous nous arrêtions un instant à les considérer.

La pr< inière sorte d'influence que l'esprit de l'Apostolat exercera sur nos rapports avec le prochain, c'est de nous inspirer pour lui une haute estime et un tendre amour, quelque sujet qu'il puisse nous donner de le mépriser et de le haïr.

En effet, celui qui est animé de cet esprit ne voit dans les hommes que leurs âmes, et ces âmes, il les voit à la lumière du Cœur de Jésus, c'est-à-dire qu'il les voit estimées par ce divin Sauveur, rachetées au prix de son sang, ohjet de ses constantes préoccupations, capables d'accroître sa gloire par leur fidélité et de compromettre par leur rébellion l'exécution de ses desseins. Comment faire peu de cas de ces âmes, quand on les considère à ce point de vue? Comment mépriser le trésor que Jésus-Christ a estimé au point de ne pas hésiter à sacrifier sa vie, afin d'en recouvrer la possession? Comment traiter avec indifférence l'image vivante de la divine beauté, le tableau que le Saint-Esprit s'efforce dépeindre, et sur lequel il a gravé un caractère que toutes les souillures n'ont pu effacer? Comment haïr celui que

v cuir R] .

Dieu le Père a tellement aimé que, pour son amour,

il a livré son Fils unique? Cou ni agir durement

emers le membre du corps 'l'un Dieu; membre malade, h l'un veut, membre morl peut être, mais qui peut demain recouvre] la vie, et qui, m tout i tient encore au divin Chef, tanl qu'il n'en est |i ré pour être jeté dans les fiai es éternelli

r/. i bous ci - que le chrétien animé de

l'esprit île l'Apostolat considère les derniers de ^es frères. Tout ce qu'ils peuvent avoir de misère humaine ne l'empêche jamais de voir en eux mi éléil divin digne de respects. Leurs souil-

lures, loin (!<■ provoquer son mépris, ne font qu'exciter sa compassion, et il n'est pas plus tenté de les rebuter qu'il ne serait tenté de fouler aux pieds un crucifix souillé deboue qu'il trouverait sur son chemin. Esl ce que les âmes marquées du caractère baptismal in- sont pas chose plus divine qu'une image île métal ou de bois?

Mais .-i tel est le respect du chrétien, animé de l'esprit de zèle, pour les pécheurs les plus dégradés, quelle ne sera pas sa vénération pour les âmes dans lesquelles il a fouti •> sortes de motifs de reconnaître la présence réelle de l'Esprit de Jésus-Chrisl ! S'il doit des égards au\ membres moi ts du divin Chef, que ne doit-il pas à ses membres vivants? Ici encore

peut-être il IrOUYe bien des faiblesse-; le feu divin

delà charité est peut-être recouvert par la cendre de mille imperfections, et si l'on voulait se lai-

319 l'aposiolai

guider par l'œil de la chair, on verrail partout apparaître le» petitesses de l'humanité. Trop souvent, hélas! c'est la seule chose que les chrétiens euxmêmes voient les uns dans les autres ; aussi leurs rapports sont-ils bien loin d'être toujours marques au coin d'une estime et d'un respect mutuels. Mais le chrétien qui se laissera guider parle véritable esprit du Cœur de Jésus, s'attachera au contraire à voir dans tous ses frères la Divinité qui fait en eux son habitation. A ses yeux comme aux yeux du divin Sauveur, il n'est pas au inonde de tabernacle plus vénérable que lame juste. Que ce tabernacle soit d'or ou de matière plus vile, qu'il soit éclatant de beauté ou couvert de poussière, peu importe ! des que Dieu y habite, il l'entoure de sa majesté et le rend digne de tout respect. Le vénérable directeur de sainte Thérèse, le père Balthazar Alvarez, répétait souvent aux jeunes novices dont l'éducation religieuse lui était confiée, qu'ils ne devaient pas se traiter les uns les autres avec moins d'égards et d'estime que ne le feraient de jeunes princes, héritiers présomptifs de grands empires, qui se trouveraient réunis pour quelques jours. Celte règ4e devrait être suivie par tous les chrétiens. Ne sont-ils pas tous les héritiers présomptifs d'un grand empire, et ne doivent-ils pas reconnaître sur le front de tous leurs Itères le caractère royal ?

DE LA PIIIFIU N

Là ii«' Be bornera pas L'influence de l'esprit <lu Cœur de Jésus; après avoir inspiré au chrétien le plus profond respect el !»■ plus tendre amour pointons ses frères il tendra à promouvoir dans loui leurs rapports mutuels les desseins du Dieu dont ils sont les membres.

Le divin Sauveur, eu effet, ne rose pas un seul instant de travailler par son esprit à la sanctification de ses membres. Ceux qui sont morts, il s'efforce «le leur rendre la vie; ceux <pii possèdent déjà la vie, il s'efforce de la leur donner avec plus d'abondance. Ils n<> font pas <le leur liberté le moindre usage qui ne doive les unir plus intimement à lui. ils n'ont donc pas les uns avec les autres Le moindre rapport quine doive, suivant ses desseins, avoir pour résultat de s'encourager mutuellement, de se fortifier el d'aceroitreles uns dans les autres la vie de la grâce.

lin est-il toujours ainsi? Hélas, non! Si l'on ne voit dans ses frères que ce qui est humain, on agira inl'ailliMement avec eux de manière à étouffer de plus en plus l'élément divin; on les traitera avec inditïérenre, avec mépris, peut-être avec colère ; on rétrécira leur cœur au lieu de le dilater; on provoquera par un traitement injuste des représailles également Injustes; l'amour-propre dont on suivra les inspiralions fera naître en eux l'amour propre ; au lieu de

314 I.'APOSTOI AT

se rapprocher de Dieu, on s'en éloignera ; an lieu de

promouvoir ses desseins, on les renversera ; et c'est a insi que trop souvent les rapports des âmes en qui hahite l'Esprit-Saint, n'ont d'autre résultat que de neutraliser tous leseflbrts du Saint-Esprit.

II en serait tout autrement si 1 Apostolat de la Prière nous avait accoutumés h consulter en toutes choses les désirs du Cœur de Jésus. Nous ne nous contenterions pas de coopérer aux desseins de son amour dans l'oraison et au saint Sacrifice; c'est surtout dans nos rapports avec nos frères que nous nous efforcerions de les seconder. Sous la cendre des imperfections, nous verrïôire la flamme divine, et nous mettrions toute notre industrie à écarter celle-là pour donner à celle-ci un nouvel éclat. Nous ne l'ignorons pas : en nous comme dans nos frères, il y a deux forces opposées : l'unepar laquelle nousnousrepoussons, notre égo'isme; l'autre par laquelle nous nous attirons, la charité divine. L'apostolat de la Prière neutralisera la première de ces deux forces, et il développera la seconde. Sous sa féconde influence , la charité fera naître la charité : dans chacun de nos frères, nous saurons toujours voir le hien pour le louer et l'accroître, et nous ne verrons au contraire le mal que pour le cacher et le détruire. C'est ainsi que nos rapports auront pour eflet de promouvoir puissamment les desseins du Cœur de Jésus, et que nous ne nous rapprocherons jamais les uns des autres sans nous retirer ensuite a\ec un cœur plus

Dl i \ nui- iu .lift

grand, des vues plus hautes, une volonté plus d^éterminée, en un mot, sans que l'élément divin ait été développé en nous.

Pourquoi nos rapports ne produiraient-ils pas toujours cet heureux eflçl '. Est-ce qu'il n'y ;i \ lour tir nqusasst zd'iufluences terrestres qui tendent à nous rabaisser et à nous rétrécir, pour que noua puissions comprendre la nécessité de noua Liguer pour résister à leur entraînement? Est-ce que l'Eglise ne nous crie pas suis cesse : Sursum coula ' Enfants de Dieu, pourquoi méritons- nous trop souvent le repr che i îii aux curants Ac> hommes 1 1 . e| pourquoi eurs obéissent-ils comme les Leursà cette force de gravité qui Les entraine en bas, au lieu de suivre et de se communiquer Les uns aux autres L'élan de l'espi ii qui Les pousse en haut?

C'est le dernier résultat que produira dans nos rapports avec le prochain l'esprit de l'Apostolat, et e'est par là surtout qu'il récompensera le sacrifice que nous lui ferons de notre amour-propre. Puisque cet esprit n'est autre que l'esprit du Cœur de Jésus, il nous fera participera cette vertu du divin Cœur, par laquelle il exerçait durant sa vie mortelle une attraction presque irrésistible sur tout ce qui l'entour

i PB, l\, 3.

Page 1