‹ L'apostolat de la priereChapitre 66 sur 84 · PS. I ".XVIII. VI · texte numérisé non relu

PS. I ".XVIII. VI

I hPOSTOLAT

C'est mi axiome du sens commun que celui qui veui la fin veut les moyens. Le zèle delà gloire divine ne cherchera pas sans doute à se soustraire à celte condition de tout désir sérieux. 11 est vraiqu'il ne peut pas tout ce qu'il voudrait : il n'est pas maître des volontés coupables pour les changer à son gré; il n'est pas maître non plus de la giàce divine pour la dispenser selon ses désirs. Mais il sait que cette grâce est promise à ses prières, il priera donc avec ferveur, avec confiance, avec persévérance. 11 sait de plus que le moyen principal pour faire arriver la grâce à l'âme coupable, c'est l'expiation des péchés qui entourent cette âme infortunée, comme autant de digues opposées aux effusions de la divine miséricorde. Usait que cette expiation fournie par Jésus- Christ est appliquée aux pauvres pécheurs, avec une abondance d'autant plus grande qu'elle est plus puissamment aidée par les expiations des chrétiens. Si donc le zèle est sincère, si le désir du salut des pauvres pécheurs est efficace, il est impossible qu'il ne pousse pas le cœur qu'il anime, à unir ses expiations aux expiations de Jésus-Chrits, comme il le pousse à unir ses prières aux prières de ce divin Sauveur.

En effet, sous le rapport de la satisfaction comme sous tous les autres rap[ orts, Jésus-Christ a surabondamment accompli son œuvre, et pourtant il veut que cette œuvre n'obtienne son effet que par le concours de ses membres. La loi delà mutualité

Dl i v l'itM'.ni .

B'étend a lout. Précisément parce que la rédemption des hommes est la plus divine de tontes les œuvi il faut qu'elle porte avec plus d'éclal ce cachet (l'ii.ii iiKuiic que Dieu a imprimé à tous ses autres ouvrages. Le Prophète a dit que la Rédemption du Seigneur est copieuse et qu'il n'\ manque rien et pourtant sainl Paul a pu dire qu'il accomplissait dans mi chair ce qui manquait aux souffrances endurées par Jésus-Cbrisl pour l'Eglise (2 . 11 n'j a là aucune contradiction, il \ a au contraire accord parfait. Jésus-Christ a accompli avec une parfaite plénitude ce qu'il avail à faire, eomme premier autour de notre salut ; tous les sacrifia s de ses membres n'auront de vertu que par son sacrifice; mais il n'en est pas moins \rai que son sacrifice ne portait tous scs fruits que par la coopération îles sacrifices de ses membres. Il est seul le Sauveur premier cl universel, mais il veut ipi il V ait au-dessous de lui des sauveurs secondaires, qui, par leurs expia* tions-comme par leursprières, contribuentà obtenir pour les pécheurs les -races du salut. Gomme il a employé lui-même ces deux moyens pour sauver le monde, ainsi tous ceux qui veulent être sauveurs avec lui les emploieront à son exemple. L'Apostolat du Sacrifice naîtra donc de la même .source qUe l'Apostolat de la Prière : ce seront deux branches in-

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séparables d'une même tige ; ou plutôt ce ne seront pas deux apostolats, niais un seul, puisque la prière inspirée par le zèle ne saurait manquer d'être douloureuse, comme la douleur causée par le zèle ne saurait s'exhaler autrement que par la prière.

Du reste l'amour de Notre-Seigneur, source première et du zèle et de l'Apostolat delà Prière, ne saurait permettre que cet Apostolat se sépare jamais de celui du sacrifice.

Puisque la mission de l'Eglise est de reproduire et de continuer jusqu'à la fin des siècles la vie du Verbe incarné, et puisque la gloire de ce divin Sauveur sur la terre résulte de la perfection avec laquelle tous ses traits seront ainsi reproduits et toutes ses œuvres continuées par son Eglise, il est manifeste que nous ne pouvons l'aimer sans désirer prendre notre part à l'accomplissement de cette mission collective. Que feront donc les vrais amis de Jésus-Clirist? Ils se partageront les divers traits de sa vie, et chacun d'eux se chargera de reproduire celui qu'il trouvera plus en rapport avec ses aptitudes, ses attraits et sa position. L'un imitera sa vie cachée et les travaux obscurs de Nazareth; l'autre, sa vie publique et les ministères spirituels; l'un se chargera de l'instruction des ignorants, l'autre du soin des malades; ainsi l'héritage des vertus et des

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œuvres de Jésus Christ se trouvera-t-il réparti dans l'Eglise, de manière à ce que lecorps mystique du Sauveur présente à Dieu le Père, dans ses *l i membres l . • reproduction complète <!<■ la vie de son divin Chef. Mais llesl une part de cet héritage qui de saurait être divisée, et que tousses cohériti rs doivent s'approprier bu même tifre et p isséder par indivis; c'est ce qui a fait le fond même de la vie du Sauveur; c'est ce par quoi il nous a surtout sau. i croix, suit extérieure, soit inté-

rieure.

Do même que Jésus-Christ a porté sa crois à tous fes'ftges desa vie, et que ses différents états n'ont été que tes diverses formes de son sacrifice; ainsi tous ceux qui veulent lui appartenir, lui ressembler, s'unir à lui, être Sauveurs avec lui, doive ni avec lui s«> faire victimes. Leurs positions, leurs attraits, leurs aptitudes différentes ne serviront qu'à divérsiiier leur cohimunc immolation; et l'Eglise ne présentera, aux yeux de Dieu le Père, l'image vivante et complète de la vie de son divin Fils, <pie parce qu'elle lui offrira dans la réunion des sacrifices partiels de ses membres, la reproduction Complète de sou Sacrifice.

Rendre cette reproduction aussi parfaite que possible, telle est l'ambition du f'jeur de Jésus. 11 le désire en vue de sa propre gloire : car si la Croix a été le principe de sa ploire, lorsqu'il l'a portée dans sa propre personne, elle ne saurait lui faire moins

d'honneur lorsqu'il la portera dans la personne de ses membres. Il le désire aussi pour l'honneur et l'avantage de ces membres eux-mêmes; car ce qui est un gain pour le Chef ne saurait manquer d'être un gain pour tout le corps. C'est donc vers ce but qu'il dirige tous les efforts de son Esprit dans les âmes de ses serviteurs. C'est h cela qu'il travaille lni-mômc constamment, C'est surtout ce qu'il s'efforce d'obtenir par son Sacrifice eucharistique.

Car si la sainte Messe, considérée en elle-même, est moins complète que le sacrifice du Calvaire, en ce qu'elle n'immole qu'en figure la victime, qui sur le Calvaire a été immolée en réalité, elle est destinée, dans la pensée du Sauveur, à acquérir dans la personne de ses serviteurs ce complément qu'il ne peut plus lui donner dans sa propre personne. Si son corps naturel, désormais immortel et impassible, lui refuse la faculté de souffrir et de mourir sans cesse, pour venger la gloire de son Père sans cesse outragée, il se dédommage de cette impassibilité dans son corps mystique. Grâce à notre coopération, l'expiation sanglante durera autant que l'outrage. C'est le service qu'il nous demande, en retour du don qu'il nous fait de lui-môme dans la sainte Eucharistie. Il conserve encore dans son Cœur les flammes de l'amour, qui jadis le consumaient de douleur pour nos péchés; mais ces flammes ne trouvent plus rien à détruire ou à consumer en lui;ennous, au contraire, il y a ample matière à sacrifier ; mais c'est le feu de

il I.A F Ml Ht H Cil

t'aulel qui is mauquea Par la sainte Communion,

ce feu qui brûle dans Le Cœur de Jésus est transporté dans notre cœur. Comment se pourrait-il (aire <|uc le sacrifice ne B'accompUt pas, cl que, de non sanglant qu'il est en Jésus-Christ , il ne devint pas sanglant i n nous? Faites ceci, nous dit ce divin Maître, en com mêmoraison de ce que j'ai fait et souffert moi-même pour vous. Cette < ommémoraison ne doit pas consister dans de simples apparences, clic doit être réeUeel complète. Chaque fois donc que nous immolerons mystiquement le corps du Sauveur, nous contracterons une nouvelle obligation de nous immoler réellement avec lui; notre sacriiice est l'effet nécessaire et la consommation du sien.

Voilà donc le grand dévoie que l'amour imposée tons les cœurs vraiment dévoués au Cœur de Jésus. Mais il ne leur permettra pas de le considérer comme devoir seulement; il le leur feia envisager connue une gloire, connue un bonheur, comme no privilège. La Croix de Jésus-Christ leur apparaîtra connue la véritable croix d'Iionneur, le sipne dislinctir (les braves, le gage des laveurs divines; elle leur apparaîtra surtout comme le grand instrument de la Rédemption. Ils n'oublieront pascettcsolennellc parole que prononça leur divin Maître, au moment de s'élancer dans l'arène de sa passion , cette grande loi de la fécondité des âmes qu'il promulgue immédiatement avant de s'v soumettre tout le

M l'aposioi .vi

premier : « Si le grain de froment ne tombe eti terre

* et n'y meurt, il demeure isolé', mais s'il se livre t d la mort, il porte un grand fruit. Celui qui me » sert doit me suivri ; et partout oùlje suis, sous les » fouets par conséquent sur la Croix, dans le lom-

• beau, là doit être mon serviteur (1). »

Le vrai zèle ne songe pas à en appeler de cette sentence. Plus il est désireux de porter du fruit, plus il est empressé à se laisser dissoudre et anéantir. Sa prière a pour objet tout à la fois et la vie de la grâce dans ses frères, et la mort de la nature en lui-même; autant il désire la première, autant il met d'énergie à réaliser la seconde, parce qu'il sait que celle-ci est la voie nécesssire pour arriver à celle-là.

Et quand Dieu exauce ses désirs, quand les adversités l'accablent, quand sa Croix s'élève dans les airs, et qu'il s'y voit suspendu, abandonné de tous, et en apparence de Dieu lui- même, alors, au milieu des angoisses de l'agonie, le chrétien qui aime véritablement son Jésus, se voyant arrivé au dernier degré de conformité avec le divin Modèle, trouve dans cette vue une indicible consolation. 11 touche au but suprême de son ambition; il sait que la parole de son Dieu ne le trompera pas, et plus il sent douloureusement les étreintes de la mort, plus il a foi à la vie. Il n'ignore pas que les bénédictions du ciel

(1) JO.\N. mi, -24.

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descendent d'autant plus abondamment sur l'Eglise qu'elle élève dans i m sein nn plus grand norabre de caftvaires, mi se renouvelle l'immolation de PAgneaU suis lâche ; el il est heureux de jouer dans le drame divin le plus bean rôle. Heureux sorl en effetl Gloire incomparable que les Anges enviehl aux hommes! Qu'ils sont grands ces élus de la soUffrance, ces porte-croix de I Eglise, ces nouveaux crucifiés qui, élevés au sommet de la montagne, Bfbsorbent par leurs expiations les foudres «le la divine colère! Ce sont enx dont les prières sont le plus certainement exaucées de Dieu, et pèsent d'un poids plus irrésistible dans la balance des divines miséricordes.

t Parce qu'ils ont donné leur vie pour l'expiation i des péchés, ils verront autour d'eux dans le ciel y une nombreuse postérité spirituelle, fruit de leur » immolation (1). »

Ainsi le vrai zèle, en unissant indissolublement le sacrifice etla prière, obtient un double résultat: il féconde la prière, en mêlant à sa douceur l'amertume du sacrifice; mais en même temps il adoucit l'amertume du sacrifice, par la suavité des fruits qu'il lui fait produire el par l'union avec le Sacrifice du Sauveur.

I i» lui, 10.

I! ne tient qu'à nous de goûter chaque jour cette effroyable douceur et d'acquérir, dans une mesure sans cesse croissante, cette divine fécondité. Il ne tient qu'à nous de transformer toutes nos œuvres de pénitence en œuvres éminemment apostoliques. Et ne pensons pas que pour conquérir à un haut degré ci s précieux avantages, il soit nécessaire d'ajouter à ce que nous souffrons déjà. 11 est vrai que, si l'un a compris les considérations que nous venons d'exposer, on ne saurait plus s'étonner de cette soif insatiable de souffrances qui a tourmenté le cœur des Saints. Qu'ils n'aient pas mis de bornes à leur amour pour la croix ; qu'Usaient rendu tous les jours plus parfaite leur conformité avec le divin Crucifié ; qu'ils aient tenu à honneur d'occuper les postes les plus avancés dans ce combat que Jésus-Christ livre dans sa Passion contre toutes les convoitises, rien de plus juste, rien de plus sage et, la foi supposée, rien de plus naturel.

Mais entin ces mortifications volontaires ne sont pas nécessaires pour nous faire participer au Sacrifice de Jésus-Christ. .Mettons à profit les mortifications que nous ne pouvons pas éviter; ce sera déjà beaucoup. Nos œuvres de pénitence sont beaucoup plus nombreuses que nous ne le pensons. Presque tous nos pas rencontrent la croix sous ton les sortes de formes ; Jésus-Christ, en montant au ciel, a répandu sur le chemin de ses disciples les épines de sa couronne ; bon gré, mal gré, nous éprouvons à chaque

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instant Leur piqûre. Pourquoi nous condamnerionsnousÀen sentirla douleur sansen recueillir le mérite?

Pour mieux comprendre cette doctrine si consolante el si pratique à la fois, souvenons-noua, que d'après le saintConcil* de Trente, il j a trois genres d'oeuvres satisfactoires: les mortifications que nous nous infligeons volontairement, les pénitences que l'Eglise nous impose, enfin toutes les douleurs el les privations que Dieu nous envoie. Non-seulement ces dernières satisfactions ne le cèdenl |>;is;m\ autres m mérite <i eu efficacité, mais c'est là le fond de notre pénitence el la matière principale de cel holocauste, i|iit nous sommes t<>us appelés à offrir sur la terri', pour mériter les éternelles récompenses. Si ces dou|eurs sont moins volontaires dans leur origine que celles qui naissent de notre libre choix, elles son! aussi bien moins sujettes à être privées de leur vertu par les illusions de notre orgueil. Du reste, il ne tient qu'à nous de leur donner, par notre libre acceptation, le caractère de spontanéité qu'ellesn'ont point pur elles-mêmes; il ne lient qu'à nous aussi de leur donner par noire intention l'efficacité apostolique qu'ont eue les douleurs de Jésus-Christ.

Mais s'il en est ainsi, quelle est celle de nos journées qui ne nous ! urnisseune ample matière à cet exercice de L'Apostolat par Le sacrifice? Se passe-t-il une heure entière sans que nous éprouvions quelque contrariété, quelque privation, quelque souffrance ? Ce ne son tque de bien légères douleurs; l'ai-

blés épis que nous foulons sous uns pieds comme île la paille inutile, mais qui formeraient des gerbes copieuses de mérites, si nous avions soin de les recueillir cl de les surnaturaliser. Rassemblons-les un instant par la pensée; mêlions ensemble d'abord toutes nos souffrances corporelles: douleurs aiguës, infirmités durables, malaises, humeurs changeantes, intempérie des saisons, froid de l'hiver, chaleur de l'été, incommodités de tout genre; ensuite toutes nos souffrances morales: haines injustes, procédés désagréables, calomnies et injures, froideurs et indifférences, mépris et dérision, délaissement et ing latitude; enfin nos souffrances spirituelles: regrets et remords pour le passé, crainte de l'avenir, découragement, trouble, exil du cœur; qu'est-ce que tout cela, s'mon autant de parcelles de la vraie Croix de Jésus-fJhrist, qu'il ne tient qu'à nous d'accepter en vut de lui, d'embrasser pour son amour, et de faire participer a la vertu de son propre Sacrifice? Toutes les créatures matérielles, nos semblables, nos amis eux-mêmes, notre corps avec tous ses organes, no- Ire âme avec toutes ses facultés, qu'est-ce que tout cela encore, sinon autant de sacrificateurs qui ont reçu de l'amour de notre Dieu mission pour nous immoler sans cesse, et qui s'acquittent de cette mission avec une fidélité qui quelquefois nous désespère? Ab! si mus voyions les choses à leur vrai point de vue. si nous envisagions les résultats de ce sacrifice de chaque instant, si nous l'animions des disposi-

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trous «lu Cœur rie Xotrc Seigneur, combien il sérail plus doux! combien plus facile! et surtout combien plus méritait <■ '

Maisc'cst particulier! ment dans les maladies, dans ces étatsd'anéantissement on lu Corps el l'âme h la i<»is, semblent avoir perdu l'usage de leurs puissances, c'est alors surtoul que ces dispositions devronl venir à notre aide; c'est alors qu'elles sei riîdi il merveilleusement ;"■ ranimer noire courage el a accroître nos mérites; c'est aloi s que nous aurons lien il»- nous féliciter d'avoir habituel lemenl nourri notre esprit des grandes pensées de l'Apostolat, et que les sentiments dH Cœur de Jésus, dont nous nous riions efforcés de nous pénétrer, lorsque nous dispostons de nous-mêmes, se présenteront spontanément pour nous consoler, lorsque nous ne serons plus en état de diriger l'exercice de nos facultés:

si l'immolation est la grande œuvre du chrétien sur la terre, le temps de la maladie, où son immolation est plus complète, esi évidemment pour lui le temps le plus précieux: c'est la saison des semailles, où chaque heure vaul des jours; disons mieux, où chaque moment vaul deséternités Pourquoi, liélas! est-ce le temps que les chrétiens perdent avec le moins de scrupules? Que l'on ne puisse, durant ce temps, ni travailler par In corps, ni travailler par l'intelligence, cela est manifeste, puisque c'est en grande partie dans cette impuissance que consiste le mérite de l'épreuve; mais cet anéantissement

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même des forces physiques et intellectuelles doit accroître les forces de l'esprit; et plus nous sommes incapables de travailler pour la terre, plus il nous devient facile de travailler pour le ciel. Saisissonsnous vigoureusement de l'arme de la prière ; les mé«dilations, les longs exercices nous sont impossibles ; mais les oraisons jaculatoires nous tiendront lieu de tout. Tant que notre cœur sera maître de lui-même, il conservera la force de lancer vers le ciel ces traits, auxquels l'infirmité môme du corps donnera plus de vigueur pour pénétrer dans le Cœur de Dieu. Ce ne sera pas l'oral, on du Thabor que nous ferons au sein de notre agonie, ce sera l'oraison du Jardin des Olives, durant laquelle nous répéterons, à l'exemple du divin Maître, les mêmes paroles; et cette oraison se prolongera, comme la sienne, autant que notre épreuve; elle ne cessera de s'échapper de nos lèvres défaillantes et de nos membres brisés; les gémissements mêmes que nous arrachera la souffrance se changeront en prière. Nous nous considérerons sur notre lit de douleur, non pas seulement comme contraints par la divine justice à payer nos propres dettes, mais comme chargés par l'Eglise de renouveler le Sacrifice de Jésus-Christ, pour les péchés des hommes et le salut des pauvres pécheurs. Cette pensée nous fortiiiera comme elle fortifiait le Sauveur luimême sursa Croix; eten rendant notre sacrifice plus efficace pour le salut du prochain, elle le rendraaussi plus méritoire pour nous-mêmes.

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