ACTE PREMIER
MKOARA, qutUnt Panttat et Paul.
Sans moi l*on soupera Si tu ne fais, rabbin, ce sacrifice rare De quitter ton air sombre et d'ôter ta tiare !
KLYlfAS.
Je suis sombre, en effet : c'est que, par Jehova ! Je vois trop aujourd'hui comme le monde va !
MÉGARA, lai enleTant m tiare.
Plus de tiare!... Enfin! merveille sans seconde! Te voilà le rabbin le plus charmant du monde !
ELTlfAS, i Afranfas.
Cette folle se croit tout permis.
AFRANIUS
Pourquoi pas?
Horace a dit cent fois : bon rire, bon repas!
ELYlfAS.
Comment Afranius, duumvir de Philippes, Peut-il parler ainsi?
AFRANIUS
Tu connais mes principes:
Le duumvir est grave, austère, comme il sied ; Mais, quand dans un festin Afranius s'assied, Il est tout à la joie, au nectar délectable.
Au doux plaisir de vivre. A table donc!
MÉGAR\.
A table !
(Tous les quatre prennent place autour de la table, serrfs par Gyrine et les antrèa esclaves. Paul et Fausttts continuent à travailler au fond.)
ELYVAS, t'asMjrant.
Tu peux rire à ton gré, duumvir! C'est égal, Je garde mon avis : je dis que tout va mal.
LYDIE, aux etcluTOs.
Dans les vases murrhins servez le vin des Marses.
AFRANIUS
Les beaux cristaux ! Combien de richesses éparses Autour de nous, partout!
M^OARA, terrant Elfinas.
Mêle, mon doux rabbin.
Ces citrons de Corcyre avec le miel sabin !
ELYMAS, mangeant, pnli l'arrétnnt.
Tout va mal !
AFRANIUB.
Pourquoi donc enfin, Juif débonnaire?
ELYMAS.
Je parlerai du moins, à défaut du tonnerre ;
Je chasserai les loups, les serpents et les chiens.
Mais de qui donc veux-tu parler?
ELYMAS, avec fureur.
Oh ! ces chrétiens !
AFRANIUS
OÙ sont donc ces chrétiens que ta fureur redoute? Il n'en est pas un seul à Philippes !