ACTE PREMIER
BLTlfAS.
Sans doute ; Quand tu parles ainsi, duumvir, mon sang bout! Ils ne sont nulle part, non, mais ils sont partout; Tu ne vois même pas le péril qui t'assiège, Toi gouverneur romain!
Rabbin, de Teau de neige!
Mêles-y ce Falerne opimicn.
h LYlf AS.
Un peu.
MéOARA.
Elymas, qu'en dis-tu de ce vin?
RLYlfAS.
C'est du feu !
AFRANIUS
Que leur reproche-t-on, à ces chrétiens, en somme? Attaquent-ils César et le pouvoir de Rome ?
ELYMAS.
Non, ils sont trop prudents pour commencer déjà; C'est notre foi d'abord que leur secte outragea. Le Sanhédrin, le Temple et la loi de Moïse.
AFRANIUS
Si ce n'est que cela, qu'ils fassent à leur guise; Tant qu'ils respecteront l'empire et l'empereur,
Rome les voit sans crainte ainsi que sans fureur.
LYDIE
Quoique Juive, Elymas, j*ose penser de même, Car les chrétiens, au fond, sont des Juifs.
ELYMAS.
Quel blasphème!
Ce sont les Pharisiens qui répandent ces bruits; Mais les Sadducéens, les vrais Juifs, dont je suis, Hommes de foi rigide et de doctrine exacte.
Avec ces vils chrétiens n'admettent aucun pacte. Ils ressemblent aux juifs, en effet, comprends-tu? Comme le vice impur ressemble à la vertu ; Leurs dogmes sont encor plus atroces qu'étranges. Et les Samaritains sont auprès d'eux des anges ! Lâches au fond : leur chef pleurait quand on le prit ; Ce chef, qui se faisait appeler Jésus-Christ, N'était qu'un ennemi de la chose publique.
Un simple malfaiteur. — La preuve sans réplique, C'est qu'entre deux larrons on dut le mettre en croix. Ses disciples étaient pires que lui, je crois : Des gens sans feu ni lieu, nés dans la populace. Scribes et publicâins ayant perdu leur place; Des marchands de poisson, des bandits ténébreux, Qui, pour trente deniers, se dénonçaient entre eux. Buvant du sang humain à leurs repas infâmes ! Et les hommes encor valent mieux que les femmes ! Madeleine.... Mais non! Tu sais, Afranius, Que sur ce point ici je n'en peux dire plus !