‹ L'apôtre: drame en trois actes en versChapitre 41 sur 55 · ACTE DEUXIKME 55r · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIKME 55r

Ont mis la honte où Dieu voulut mettre ranioui* ! La femme, ange vaincu, meurtri, traînant son aile. Depuis quatre mille ans est Tesclave éternelle ! Fille, un mari rachète au père qui la vend ; Veuve, son fils, son frère, un étranger souvent. Dit : La loi me la donne! Elle n'a qu'à le suivre ; Si bien que, jusqu'à Theure où la mort la délivre, Elle a pour seul bonheur ([u'elle puisse obtenir De porter dans ses flancs ses tyrans à venir! Mais quelqu'un est venu briser ce joug infâme, Il a mis une étoile au front blanc de la femme ! II a fait d'elle, au lieu de resclave dompté. L'éternelle vertu, l'immortelle bonté; Et pour forcer enfin l'ironie à se taire, A l'homme dont l'orgueil la courbait jusqu'à terre II dit : Au haut du ciel, dans l'ombre du saint-lieu, Regai*de ! C'est ta mère à coté de ton Dieu !

LYDIE

Dieu de lumière ! angoisse ineffable et suprême ! Un bras mystérieux m'arrache de moi-même ; Je ne résiste plus, l'Invisible est vainqueur, Et tout l'azur du ciel me descend dans le cœur! Je suis chrétienne.

FAUSTUS

Et toi, Mégara! Puis-je lire Dans ta pensée au fond de ton vague sourire?

N'as-tu donc pas compris, quand le maître a parlé, Ma prière muette et mon espoir voilé?

Je ne suis pas le maître éloquent et sublime

Qui va chercher une Ame et Tarrache à Tabîme, Mais si ton âme encor résistait à sa voix, Je serais malheureux pour la première fois !

MKGARA, Mariant.

Faustus, n*exalte pas sa victoire et la tienne : Il me semble que, moi, j'étais déjà chrétienne!

PAUL, h lydie.

J'ai bien fait de rester, tu vois !

LYDIE

Oui ! maintenant Les licteui-s vont venir, Toragc «'éloignant; Regarde : l'horizon de nouveau se colore ; Tu n'as plus de raison, Paul, pour rester encore. Nous allons vous guider tous deux en peu d'instants Au chemin de la mer, venez !

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