ACTE DEUXllilMB
Chrétienne! Ah! je ne puis.
PAUL
Lydia, sois chrétienne, et je pars.
LYDIE
Moi, chrétienne !
Non! je connais trop mal ma doctrine et la tienne; Plus tard je chercherai, je verrai si j'ai tort, Oui, je te le promets; oui, Paul ; mais pars d'ahord !
Je reste.
J^YDIK, montrant l'horizon «n feu*
Mais regarde.... Oui, là-bas, ce nuage...
Afranius avait raison, voici Torage.
La foudre gronde au loin ; les torrents débordés Vont fermer les chemins. — Malheureux! Regardez!
Il en est temps encore, oui, la fuite est possible. Oui, par là...
FAUST us.
Nous restons, Mégara.
(Lo foudre éclafe autour d'eux.) LYDIE.
C'est terrible !
Allons vers ces rochers, nous attendrons près d'eux La fin de Touragan.
(Tous quatre se réfugient contre les rochers qii surplombent à gauche,
l'orage redouble.)
54 L'APÔTnE
Nous t écoulons.
Écoutez toutes deux.
LYDIE
PAUL
Un jour, j'allais à Damas, ville Où de nombreux chrétiens s'étaient fait un asile. J'avais reçu des Juifs mission et pouvoir, Et j'allais tout joyeux de mon cruel devoir; Ma pensée, en marchant, inventait des supplices Contre tous les chrétiens ou contre leurs complices, Je me sentais poussé par un souffle inconnu, Sous un ciel écrasant, sur ce long chemin nu ! Tout un coup un orage éclata sur ma route ; Une voix près de moi, celle de Dieu sans doute. Tandis que je tombais sur la terre abattu.
Me dit : Saul! Saul! pourquoi me persécutes-tu? — Le lendemain, j'étais chrétien, j'étais apôtre. Femmes, que mon histoire aujourd'hui soit la vôtre, Dieu vous parle au milieu de la foudre et du vent. Écoutez à genoux la voix du Dieu vivant !
(Lydio et Mégara «'agenouillent toue les éelairsé)
Femmes, c'est vous surtout qui pourrez le connaître.
Vous, pour qui si longtemps tout Dieu ne fut qu'un maître ;
Hélas ! Depuis le jour où, dans l'ombre et Teffroi,
Un homme fou cria : Cette femme est à moi !
Depuis ce jour maudit perdu dans les vieux âges,
Les hommes les meilleurs, les plus doux, les plus sages,
Juifs ou païens, Romains ou Grecs, depuis ce jour.