‹ L'apôtre: drame en trois actes en versChapitre 49 sur 55 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Sois clément, duumvir; Son erreur, en effet, ne fut point criminelle.

AFRANIUS

Il se peut, mais je tiens à refroidir son zèle :

Les murs de la prison, comme il te Ta montre.

Sont très frais. — Adieu, Paul. Reste ou pars à ton gré;

Si tu restes, ne crains aucune violence ;

C'est de votre côté que penche la balance.

Chrétiens ; vous saignerez encor de bien des coups,

Mais le jour n'est pas loin du triomphe pour vous.

Moi, je dis en riant : autre temps, autre muse !

Et je le dis depuis longtemps. Cela m'amuse !

Paul, nous serons amis, si tu restes. — Allons,

Elymas ! si la peur te vient mordre aux talons.

Ne le laisse point voir : j'aime que Ton soit brave ;

Et pas d'illusions surtout : l'affaire est grave!

ELYMAS.

Puisse le feu du ciel ensemble anéantir Et Romains et chrétiens !

AFRANIUS

Passe devant, martyr !

ELYMAS.

Raille-moi, duumvir, et ne me fais point grâce. Vaincu, haï, brisé, je ressemble à ma race.

Mais le temps est à nous : On peut vaincre Israël, Disperser ses tribus aux quatre vents du ciel.

L'écraser, Tavilir sous quelque joug immonde ; Le tuer, non ! Le jour où finira le monde.

Sous le dernier soleil, à la face de Dieu, Quelqu'un sera debout, un homme, un Juif! Adieu !

(Il sort suivi d'Âfranius, dos licteurs et des Juifs.]

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