‹ L'apôtre: drame en trois actes en versChapitre 50 sur 55 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

PAUL

Cet homme, dans sa rage et sa haine première. Serait grand, s'il ouvrait les yeux à la lumière ; Je ne Tespère pas : l'ombre a ses préférés ; Mais du moins que par moi d'autres soient éclairés !

Si tu restes m'a dit Afranius, — un rêve !

Cette mer qui vient battre ou caresser la grève. Qui pousse au doigt de Dieu son flux et son reflux, Ne se repose pas... ni l'apôtre non plus! Pourtant voilà dix ans que je souffre et je prie. Que je traîne ma chair frémissante et meurtrie. De chemins en chemins portant ma lourde croix ; N'ai-je pas expié mes fureurs d'autrefois ?

Calomnié par l'un ou torturé par Tautre, N'ai-je pas accompli tout mon labeur d'apôtre? Peut-être!... Le repos, un asile le soir.

Sous un arbre, une pierre où je viendrais m'asseoir, Où je retrouverais ma place accoutumée.

Un toit qui m'appartienne, une famille aimée Que suivraient mes regards humides et joyeux Quand le dernier sommeil descendrait -sur mes yeux !

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