ACTE PREMIER
Rire d'Afranîus, on le peut sans danger :
Il est joyeux et bon avec son air léger ; Mais Elymas, rabbin sadducéen, m'inspire Souvent plus de terreur que je ne puis te dire.
MÉOARA.
Sadducéen. — Quel est ce nom?
LYDIE
Oh ! ce n'est point Facile à t' expliquer, excepté sur un point : Deux grands partis hébreux se disputent le temple Et de la haine à tous donnent le triste exemple : D'abord les Pharisiens, les meilleurs malgré tout. Et les Sadducéens
MéOARA.
Qui sont moins de ton goût.
LYDIK.
C'est vrai, car pour les Juifs ce sont de rudes maîtres. Ce sont des hommes fiers, avares, haineux, traîtres. Qui firent expirer le Christ dans les tourments, Malgré les Pharisiens plus doux et plus cléments. Et voyant le pouvoir des Romains avec joie.
Si ce pouvoir les aide à mieux garder leur proie !
PAUL, descendant de Téchelle à Faustus, en lai montrant Lydie.
Ce qu'elle dit vaut mieux, fils, que ce qu'elle fait !
LYDIE, ae retournant.
L'ouvrage est donc fini?
PAUL, hra^quement.
Fini., non!
îO L APOTRE
LYDIE
En effet.
Approche alors.
PAUL, allant vers les deux femmes avec une certaine hauteur.
Salut, femmes! Que Dieu vous aide !
Ami, cette maison, c'est moi qui la possède.
PAUL
Elle est riche, tant mieux, mais j'espère en ce cas Que ta richesse au moins ne te possède pas !
LYDIE
Ton langage est étrange.
PAUL
Oui, c'est ce qu'on assure; Quelquefois je lis njal dans ma pensée obscure, Mais quand le jour s'est fait lentement, je vois mieux.
LYDIE
Une flamme bizarre est aussi dans tes yeux ; Serais-tu déguisé comme un rhapsode antique ? Cependant ton métier...
PAUL
Métier peu poétique, N'est-ce pas? Tapissier ! — Mais j'aime mon métier ; Je travaille souvent durant un jour entier, En riant, en chantant...