‹ L'apôtre: drame en trois actes en versChapitre 8 sur 55 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LYDIE

Je ne sais.

(Elle s*n88ied près de Mégara^ sur utf dps larges lits placés oatour de l'atrium.)

Eh! qu'importe, après tout, quand nos cœurs sont blessés,

Qu'importe de savoir, quaad notre âme soupire,

S'il est d'or ou de plomb le trait qui la déchire?

Je suis riche, je suis jeune et belle, dis-tu ;

Israël me nourrit de sa mâle vertu ;

Je vis dans la raison et le veuvage austère ;

Mes pieds n'ont rien touché des fanges de la terre ;

Tout ce qui fait l'esprit sage, libre, content.

Le ciel me le prodigue et je pleure pourtant!

A connaître son mal on doit trouver des charmes, Mais je ne connais pas la source de mes larmes.

MÉGARÂ.

Que ne suis-je à ta place, amie, en vérité? Mon seul malheur à moi, vois-tu, c'est ma gaîté. Quand j'entrai dans ce monde, une nymphe joyeuse Riait avec l'écho sous l'ombre d'une yeuse ; Et ce rire est resté sans doute dans mon cœur, Le rire étincelant, ailé, fier ou moqueur, Allégresse éternelle et dont l'âme s'enivre ; Mais c'est un mal au fond : rire, ce n'est pas vivre! Pleurer doit être doux.

LYDIE

Tu le crois, Mégara !

MÉOARA.

Oui, je voudrais pleurer un jour.

LYDIK.

Ce jour viendra.

MÉGARÂ.

Pas encor! Ce matin, sur la place publique,

Là-bas, j'ai rencontré, marchant d'un pas oblique

Elymas, ton ami, ton frère en Israël;

Il allait, à la fois craintif et solennel,

Avec sa longue barbe et sa tiare en tête ;

Sa bouche à foudroyer l'univers semblait prête .

Je commençais à rire ; en passant il a dit

D'un accent furieux : Que le Christ soit maudit !

Comme il parlait ainsi, sa tiare rebelle

Est tombée en arrière, et j'ai ri de plus belle !

— Qu'est-ce donc que le Christ ? Car ce nom que j'entends. . .

LYDIE

Un homme condamné voilà plus de vingt ans.

Pour avoir usurpé la couronne en Judée.

Elymas s'éloignait plein de sa sombre idée.

Quand j'aperçus plus loin, debout sur mon chemin. Le bel Afranius, le duumvir romain ; Il était rayonnant, comme c'est sa coutume ; Sa chevelure d'or, que le myrte parfume.

Tombait sur son épaule; on croirait tour à tour, Apollon dieu des vers, Apollon dieu du jour !

LYDIE

Méchante! Mais pour eux tâche d'être meilleure. Car ils doivent souper avec nous tout à l'heure.

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