‹ L'apôtre du Saguenay [microforme]Chapitre 14 sur 25 · RÉEL · texte numérisé non relu

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L'APÔTR 3

rencontré de personnes ? Y a-t-il quelqu'un qui lait vu et ne lait pas aimé? Catholiques et protestants, tous étaient subjugués par cette politesse, cette courtoisie sincère et toutes ces qualités aimables qui

ont tant d’empire sur les hommes.

Ceux surtout qui vécurent dans son intimité, l’aimèrent et l’admirèrent davantage, parce qu'ils furent à même de le connaître mieux. Un tact exquis, des attentions délicates pour se faire tout à tous, une gaieté inaltérable, une grande simplicité de manières, un oubli continuel de lui-même pour ne songer qu’au bonheur des autres, en voilà plus qu’il ne faut pour comprendre que son commerce était rempli de doux attraits. De son caractère naturellement vif et impétueux, il n'avait conservé qu’un zèle ardent et une persévérance énergique à poursuivre la réalisation des desseins que lui inspiraient la gloire de Dieu et le dévouement pour les hommes ; tout le reste avait été détruit ou corrigé par une fidèle correspondance à la grâce divine. Une patience 2dmirable, une charité bienveillante, une complète abnégation, un constant

esprit de sacrifice et de mortification : voilà les vertus

qui ornaient particulièrement cette Âme d'élite, vertus

qui répugnent trop à la nature pour que leur acquisition n’ait pas coûté de pénibles efforts ; voilà les beaux exemples qu'ont pu contempler les personnes de son entourage pendant tant d’années, trop vite écoulées.

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Et les pauvres, les malheureux, les, aflligés, eux

aussi béniront toujours le nom de Mgr Racine, Affable

et d’un abord facile pour tout le monde, il l’était encore bien plus pour ceux qui venaient faire appel à sa charité. Pauvre lui-même pendant toute sa vie, il voulait encore secourir les membres souffrants de Jésus-Christ et savait le faire avec cette délicatesse qui double la valeur de l’aumône. Quant à ceux qui, aux prises avec les difficultés ou en butte aux chagrins, venaient chercher l’appui de ses conseils ou les cons0lations de sa tendresse, ils trouvaient un père aimant dont l’incomparable bonté Ge cœur savait comprendre leurs épreuves, leur donner de sages avis, et soulager

leurs tristesses en les partageant.

Comment pourraient-ils l'oublier, ceux qui furent ses paroissiens, ses diocésains ? Ts l’ont vu à l’œuvre pendant si longtemps ; ils savent qu’il n’a jamais eu d'autre ambition que celle de travailler à leur bonheur. Non seulement il a dépensé sa vie pour leurs intérêts spirituels ; mais leur prospérité matérielle fut aussi constamment l’objet de ses efforts. Leurs joies étaient ses joies ; leurs douleurs furent les siennes.

Est-il difficile de comprendre pourquoi cette longue maladie de Mgr Racine suscita tant d’alarmes dans le diocèse et au dehors ? Y a-t-il lieu de s’étonner que la nouvelle de sa mort causât un deuil universel parmi le

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