‹ L'apôtre du Saguenay [microforme]Chapitre 4 sur 25 · ITS RE · texte numérisé non relu

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liaison que la mort seule put à la fin briser. Et encore ce triomphe du trépas fut de courte durée ; à quelques gemaines d'intervalle, ces deux cœurs se sont réunis dans la mort, comme ils l’avaient été dans la vie. Pendant les vingt-six ans que l’ancien vicaire de Québec résida à Chicoutimi, M. Auclair ne manqua pas de venir chaque automne passer auprès de lui quelques semaines de repos, délassement bien légitime d’un ministère fatigant. Malgré des infirmités croissantes et un état de santé assez inquiétant, le vénérable curé de Québec est resté fidèle à cette vieille habitnde jusqu’à la fin de sa vie.

En 1858, M. D. Racine était nommé à la cure de Saint-Basile, dans le comt( de Portneuf. Ce fut un vrai sacrifice pour lui que de se séparer du curé et des vivaires de Québec : il fallait quitter ces confrères aimés, qui, animés d’une ardente charité sacerdotale, ne faisaient ensemble qu’un cœur et qu’une âme. Mais si le premier vicariat laisse des souvenirs si profondément gravés, jamais on n'oublie non plus la première cure ; et bien que M. Racine ne demeurât qu’une année à Saint-Basile, la mémoire de son séjour en cette paroisse resta toujours dans son cœur. Il eut à peine le temps de s’occuper du soin de construire un presbytère en cette paroisse, œuvre pour laquelle il mit à contrilution ses propres ressources, que déjà la

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Providence l’appelait à un nouveau roste. En effet, en 1859, le jeune curé disait adieu à ses paroissiens de Saint-Basile, et allait prendre possession de la cure de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup. Pendant trois années, il se dévoua à l’avancement de cette belle paroisse, dont on pouvait prévoir, dès cette époque, la prospérité future. En même temps qu’il y continuait les travaux qui restaient à faire à un temple magnifique, de construction récente, il consacra ses soins an progrès d’un couvent qu’il avait fondé, en 1860, et confié à la direction des religieuses du Bon-Pasteur de Québec. Depuis, il n’a pas cessé de s’intéresser à cette institution, aujourd’hui si florissante, qui conservera toujours, avec amour et vénération, le souvenir de son fondateur.

Les paroïssiens de la Rivière-du-Loup, témoins du zèle et du dévouement sans bornes de leur pasteur, édifiés de ses vertus, espéraient sans doute le conserver longtemps au milieu d'eux, Mais bientôt les supérieurs ecclésiastiques, qui avaient vu le jeune curé à l’œuvre et savaient de quelle confiance il était digne, crurent opportun de l’appeler à une position plus difficile et plus importante. Pourtant ces liens qu’un temps relativement court avait formés entre le pasteur et ses paroissiens, ne furent pas brisés complètement : toujours, cette brave population se rappellera les titres de

son ancien curé à son respect et à son amour ; et, de son côté, celui-ci n’oubliera jamais ceux qui furent, pendant trois ans, les chers objets de sa sollicitude,. Nous en avons la preuve dans les belles paroles que Mgr Racine, s’en allant prendre possession de son siège ‘épiscopal, le 6 août 1878, adressa à ses anciens paroissiens de la Rivière-du-Loup, qui lui avaient présenté leurs félicitations et leurs souhaïts de bonheur durant ce trajet de Québec à Chicoutimi qui fut une ovation continuelle. ‘ Pendant les quelques années que j'ai

“ eu l'avantage de passer au milieu de vous, leur

“ disait-il, bien des fois j’ai eu l’occasion d’apprécier

les sentiments |rofondément religieux qui vous

animent; bien des fois aussi, j’ai constaté avec bon-

heur quel amour, quel respect, quel attachement vous

ra

portez à ceux que la divine Providence vous donne

pour pasteurs. —- Depuis mon départ de votre belle

‘ et florissante paroisse, vous m’avez donné une nou-

“ velle preuve de votre estime et de votre reconnais-

Cas

sance, C’était en 1870, alors qu’un immense

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incendie avait jeté dans la plus grande misère au delà

“ de six cents familles du Saguenay. A la nouvelle

de ce désastre, vous vous êtes rappelé votre ancien ‘ curé, vous avez compris toute la peine dont il devait

‘ être affligé : et, avant qu'aucun appel ne fût fait à

votre charité, vous vous êtes empressés de le conso-

“ ler en lui envoyant d’abondantes aumônes, pour le

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‘“ mettre en état de secourir tant de pauvres infor- “ tunés.”,.... Ces paroles font sans doute l’éloge de ceux qui les avaient méritées; elle sont aussi à l’honneur de celui qui les prononça ; il faut avoir un mérite remarquable,des talents et des vertus dignes d'attention, pour laisser un souvenir aussi vivace après une longue séparation.

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