AU SAGUENAY — CHICOUTIMI — QUELQUES MOTS D'HISTOIRE
RSR E Saguenay, tel fut le nouveau champ, à
w peine défriché, que l’on désignait À M, < Racine pour être désormais l’objet de ses labeurs ; tel fut le nouveau théâtre de son activité et de son zèle d’apôtre.
Nous croyons bien fermement que la Providence dispose tout avec sagesse, et nous n'avons pas besoin qu’on nous le démontre. Comment néanmoins ne pas contempler, pour notre consolation, cette action providentielle qui, dans ce moment, choiïsissait pour l'œuvre à exécuter un ouvrier si apte à l’accomplir !
Sans doute, pendant les trois années que M. Racine passa à la Rivière-du-Loup, bien des fois ses regards s’étaient portés sur ce sombre rivage du Nord qui, au delà des flots bleus du Saint-Laurent, sépare brusquement, à l’horizon, la plaine liquide et mouvante de la voûte immobile des cieux. Des hauteurs de Fraserville,
quand le temps est clair, cn aperçoit cette gorge
L'APÈTLE
ju ténébreuse par où, les montagnes s’écartant, semble-t-il, tout juste pour leur livrer passage, arrivent les eaux de la rivière Saguenay, gigantesque canal qui conduit le trop-plein de cent lacs et rivières d’un immense territoire. Tourné vers cet embouchure de la rivière étrange, porte mystérieuse qui donne accès dans le à Royaume de Saguenay, M. Racine a-t-il pressenti parfois quel rôle Dieu lui réservait dans cette contrée alors
{ll presque inconnue ? Nous l’ignorons. Maïs ce que je LL nous savons bien, c’est que la volonté de ses supérieurs | étant pour lui l'expression manifeste de la volonté de | ( Dieu, il crut n'avoir qu’une chose à faire : se rendre | |] | au poste qui lui était assigné, quelque pénible que fût pour lui ce départ inattendu d’une paroisse déjà chère
à son cœur. Du reste, au point de vue purement 1 naturel , n’est-ce-pas là la vie : une série de séparations | ‘qui parfois déchirent le cœur d’une manière bien douloureuse !
il li Ce fut donc en 1862 que M. Racine fut nommé curé l. de Chicoutimi et vicaire forain. Il n’y avait encore qu’une vingtaine d'années que le Saguenay était ouvert À la colonisation !, Il n’y a pas de doute que sous ja domination française, grâce à l’esprit aventurier des
1—Les renseignements historiques que nous donnons ici sur le Saguenay, et ausujet de Chiccutimi en particulier, sont pour la plupart extraits de l’ouvrage de M. Buics, sur Le Saguenay #