CHAPITRE III
Le priiiciije chrétien dans la sphère sociale et historique < Philosophie religieuse de l'histoire).
LA PERSONNE DE CHRIST PRINCIPE DE LA VIE DE l'ÉGLISE.
Jusqu'à présent, le principe chrétien est resté dans la sphère de la vie individuelle. Mais il tend, par sa nature même, à une réalisation universelle. Ce que Christ est pour un membre de l'humanité, il l'est et il doit le devenir pour tous. Le résultat de ce nouveau développement du principe chrétien, c'est \ Église. L'unité de l'Église repose sur le sen-
timent, commun à tous ses membres, d'une communion vivante avec Christ.
Pour exprimer cette unité essentielle de l'Église, Paul la compare, à diverses reprises, à l'organisme du corps humain (1 Cor. XII, 12 et ss.; Rom. XII, 4). «Comme dans un seul corps, nous avons 'plusieurs membres, qui n'ont pas tous la même fonction, de même nous tous sommes en Christ un seul corps, et nous sommes les uns à l'égard des autres ce que les membres d'un seul corps sont entre eux.» Ce corps est appelé crwij.a ^p^aiou (1 Cor. XII, 27), c'est-à-dire un corps qui possède en Christ le principe de son être et la racine de sa vie. Christ non-seulement en est la tête, mais il en est l'âme intérieure, et manifeste en lui, et par lui, toutes ses vertus cachées (Éph. IV, 16; Col. II, 19). A cet égard, l'Église devient le corps même de Christ (to Œw[j.a fou xp^^t^ou), c'est-à-dire la manifestation extérieure et visible, la réalisation matérielle de ce que Christ est d'unè- manière invisible. C'est dans ce corps que Christ verse la plénitude de sa vie, de sorte que l'Église, remplie ainsi de la vertu de son chef, devient encore le TîX^/]po)[xa Tou )^piaTou (Eph. I, 23).
L'Église ne peut réaliser toute la vertu de son principe que par un développement laborieux. Mais tout développement suppose la variété. Dès lors, l'apôtre distingue et reconnaît dans l'Église diverses fonctions, divers dons, divers ministères (Siaip£C7£i<; xapta^jLaTwv £tatv, 1 Cor. XII, 4). Il laisse à chacun de ces dons individuels un libre et plein épanouissement. C'est par eux que se manifeste la richesse de la vie de l'Église. Mais d'un autre côté, ces divers charismes procèdent d'un seul et même esprit (èvep^sï xb h xal to aÙTo 7uv£U[j.a), et comme l'amour est leur inspiration commune, ils tendent tous au même but, la perfection du corps entier de l'Église. Ainsi, l'unité se brise d'abord et s'épanouit dans une riche variété; mais cette variété, à son tour, s'évanouit
dans l'unité suprême. Tel est le développement organique et
harmonieux de la vie de l'Église.
De cette notion de l'Eglise, dérive l'idée paulinienne du baptême et de la Sainte-Cène, idée qui se résume dans l'union substantielle du chrétien avec Christ. Le baptême, symbole de la foi, reçoit sa signification de la foi elle-même; il devient le symbole de notre mort et de notre résurrection avec Christ. Dans le baptême, nous sommes ensevehs avec Jésus en sa mort, et nous ressuscitons avec lui pour marcher en nouveauté de vie (Rom. VI, 3, 4j. De même, la Cène exprime l'unité mystique des membres de l'Église, avec Christ et entre eux: wi seul pain, un seul corps (1 Cor. X, 17). C'est le moyen par lequel ils s'assimilent la vie de Christ, la substance de son être spirituel. Ainsi grandit au dehors et au dedans, en étendue et en puissance spirituelle, l'Église, qui n'est pas seulement une création de l'esprit de Christ, mais, si l'on peut ainsi parler, un prolongement de son être et une continuation de sa vie.
'H £7:aYY£A(a, h vo\xoc„ f^ Tdav.c. L'anctenne et la nouvelle