CONCLUSIONS. ; . RE PRESS
avec quelques individualités d'élite, il aurait enseigné hi ss
aussi l'appel des païens”.
Au premier abord, il peut ble que. Paul a Lin gravement dénaturé l'enseignement de son maître, en 1 troduisant dans'la pensée chrétienne l’idée de ce qu on pourrait appeler le mystère chrétien. A bien examiner les choses, son rôle apparaît moins néfaste : l'idée du mystère était tellement répandue, dans le monde où s’est développé le christianisme, qu’il était impossible qu’elle :
n’entrât pas, tôt ou tard, dans la communauté chrétienne. Ne valait-il pas mieux dès lors qu’elle y entrât avec-un homme d'une personnalité assez puissante pour dominer l’idée du mystère sans être dominé par elle, et pour la christianiser au lieu d’être paganisé par elle *? |
Pour conclure, nous pouvons dire que le rôle de Paul”.
1. Ce qui permet de mieux apprécier la fidélité du paulinisme à lenseignement de Jésus c’est de constater la moindre fidélité d’autres théo- Togies. C’est ainsi que le johannisme ne fait plus aucune place à l’idée si importante de l'appel des pécheurs par le Christ, Voir mon étude sur La notion johannique de l'Esprit, pp. 86-87. ;
2. GUNKEL, Zum religionsseschichthchen Verständniss, p. 85 ; PFLEIDERER, Das Urchristentum, 1, 333; cf. II, 500, note.
3. Paul ne fut qu’un disciple, du commencement à la fin ce fut son rôle comme son ambition. Mais il représente bien à nos yeux le plus héroïque effort fait par l'humanité pour saisir et s’approprier la pensée et la vie divine du Maître. Parmi ses disciples, Jésus n’en a pas eu de plus grand (SABATIER, L’Apôtre Paul, p. 288). On est allé quelquefois jusqu’à regarder Paul comme le fondateur de cette foi dont il a pourtant fallu que Jésus lui offrit le type. En réalité, il se l’est assimilée à un degré extraordinaire, avec quelques, très heureux développements dogmatiques et sans : aucune déviation grave qu’on puisse démontrer. Il a différé sous tous les rapports de ces vulgarisateurs de doctrines qui ne les font goûter au peuple qu’en les altérant pour les lui rendre claires ét accessibles (RENOUVIER, Philosophie analytique de l'histoire, Paris, 1897, Il, p. 431); FEINE (Jesus Christus und Paulus, p. 298) dit de même : Paulus hat das Wesen der Wirksamkeit Christi auf das Tiefste-erfasst.
trs l'histoire. ‘du Che iisme a el fon. ceulénent 1
utile et fécond, mais, nous n ’hésitons pas à dire le mot,
providentiel. Au moment où l’ apparition d’une théologie
était pour le Christianisme une question de vie ou de mort, il a créé une théologie qui s’est trouvée, par sa fidélité à l’enseignement du Maître, être la meilleure théologie possible !.
On voit d'après ce qui précède: que nous rejetons
:) ar] 1 . . LA d'une manière absolue le système qui fait de Paul le vé-
ritable créateur du Christianisme®, L'opinion de ceux qui voient au contraire en lui le falsificateur du Christianisme
authentique * ne nous paraît pas moins erronée. Paul,
en réalité, a été, d’une manière originale sans doute mais
cependant très fidèle, le disciple de Jésus-Christ‘. Si en
effet on cherche à pénétrer les formules, si on s'efforce de saisir sous les motsla réalité vivante, on trouve en dernière analyse dans l'Évangile de Jésus et dans la théologie de Paul la même substance profonde. Qu'est en effet dans son essence l'Évangile que Jésus a préché, sinon le Salut gratuit apporté par lui au pécheur qui se repent et qui lui donne son cœur? C’est précisément le salut en
Christ que prêche l’apôtre Paul et il enseigne qu'il n'ya
pas à cesalut d’autre condition que la foi, c’est-à-dire le
don du cœur à Dieu, en dehors de tout mérite propre de.
l’homme.
C’est donc parce qu’il a prêché exclusivement le salut
1. Die Erscheinung des Paulus ist die wichtigsle Thatsache in der Geschichte des apostolischen Zeitalters: HARNACK, Doomengeschichte, T, p. 88.