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2. Mentionnonsici un fait qui semble s'opposer à la parenté des récits A
et B. Dans À, les compagnons de Paul entendent la voix, dans B ils ne l’entendent pas. Quelles que soient la signification et la portée de cette différence, elle ne suffit pas à ébranler la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. ;
| disant au hrs pour ls raisons oi Pie FA recevoir son témoignage. Il est très facile de comprendre que l’auteur de B, ayant devant les yeux un récit dans lequel la conversion de Saul faisait suite au martyre d'Étienné ait mentionné incidemment dans son discours la part prise par lui à la mort du diacre.
Il serait au contraire bien étonnant que l’auteur de À, trouvant dans l'original qu'il copie cette mention incidente, ait été amené par là à donner avant le récit de la conversion de Paul, un récit étendu de la mort
d’'Étienne.
Une autre indication dans le même sens nous est
fournie par ce fait, que le récit B contient par rapport au récit À, une question de Paul et une réponse de Jésus en plus. Il est certain, en effet, qu’un auteur copiant un semblable récit, devait tendre à l’amplifier plutôt qu’à l’abréger.
On pourrait tirer un argument identique du fait que le récit À ignore la seconde vision mentionnée par le
récit B; on comprend aisément qu'un second rédacteur ait ajouté cet épisode, on ne comprendrait pas qu'il lait
supprimé.
Une dernière preuve enfin : dans le contexte du récit B, on trouve toujours le nom grec Paul, dans le récit même, le nom hébreu Saul. Dans le contexte de A, comme dans le corps de ce récit, on trouve le nom hébreu Saul. Ne pourrait-on pas dire que B, rompant avec l'usage du contexte, emploie le nom hébreu Saul, sans donner d’explication, simplement parce qu'il copie le
récit À, dans le contexte duquel le nom hébreu était
employé?
L'ensemble de ces raisons nous paraît suffisant pour
affirmer la priorité du récit A. On peut objecter à cette
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ren qu elle laisse deux difficultés sans explication: Gi d’abord la contradiction relative à la voix, puis l’absence :
dans le récit B de la vision d’Ananias. Sur le premier point, la difficulté n’est pas plus grande dans l’hypothèse de la priorité de A que dans l’hypothése inverse. A dit que les compagnons de Paul entendent la voix, B qu'ils ne l’entendent pas. Peut-être l’auteur de B attribuait-il une portée quelconque au fait que Paul seul ait entendu la voix, peut-être même la chose est-elle plus simple et la différence n'est-elle due qu’à une inadver-
tance du rédacteur B, ou à quelque faute de copiste, La
différence relative à Ananias est bien plus importante,
. mais il faut remarquer qu'ici les récits À et B s’éloignent
assez sensiblement l’un de l’autre. La parenté entre eux
n’est plus directe. Nous verrons plus loin le jugement
qu’il faut porter sur ce fait.
Nous avons maintenant à examiner au même point de
vue le troisième récit. Laissons provisoirement de côté
le récit B et examinons les rapports de À et de C. La
relation qu’il y a entre eux est moins simple que celle que nous avons constatée entre À et B. Pourtant la pa-
renté est certaine. Les paroles prononcées par Jésus et
par Paul dans le récit À, se retrouvent mot pour mot
dans le récit C. Des deux côtés, la marche des événements est la même. Mais, quant à leur forme litté-
raire, les deux récits sont indépendants l’un de l’autre. Cette indépendance n'implique cependant pas que l’auteur du second récit ait ignoré le premier, car dans cette hypothèse il serait impossible d'expliquer comment, pour
le fond, il pourrait y avoir accord jusque dans le détail”.
1. Le récit C (Actes, 26, 133) donne sur un point secondaire un détail. plus précis que le récit A. Il fixe la conversion de Paul au milieu de la journée.
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