V. Phot. Biblioth. Cod. CLxxi; Genevse
Tillemont, Hist. Eccl., t. II, p. 23.
Baron. Ann., ad an. 34.
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taie, gardienne de ces origines, ne nous apprennent rien de plus sur les relations de ce docteur avec les apôtres. Mais, à lui seul, le baptême de Nicodème, par saint Jean , ne jette-t-il pas sur le témoignage de celui-ci une vive clarté ; et n'entrevoit-on pas à quelles sources l'évangéliste a puisé le récit de ces conversations secrètes et personnelles, dont le sujet était cette même grâce du baptême dont Nicodème reçut le sacrement par l'apôtre, comme il en avait recueilli la céleste doctrine des lèvres mêmes de Dieu ? Il lui en coûta cher de se déclarer chrétien. Une révélation de lui, reconnue authentique', nous apprend qu'il fut d'abord mis hors du Sanhédrin , chassé de la Synagogue , dépouillé de ses biens , près de subir le martyre du saint diacre Etienne, duquel il devait plus tard partager le tombeau. Mais Dieu venait de susciter à sa famille persécutée un nouveau défenseur, qui retira Nicodème à Capharmagala, sa maison de campagne. Là s'ouvrait un autre champ à l'ardeur apostolique de saint Pierre et de saint Jean.
Epist. Luciani ad omnem Ecclesiam, apud S. Aug., t. VII, édit. Migne, p. 810.
1 Inventio corporis S. Stephani et sociorum; —et Revelatio Luciano presbytero facta, apud appendicem, t. X, novae edit. S. Aug. Lovani.
Tillemont, Hist. Ecd. , t. II, p. 28.
Basnage, Hist. des Juifs, t. II , liv. III , chap. ler.
S. Augustin en parle comme d'un des plus grands événements de son temps : Quod certè modo in révélations corporis beatissimi Stephani ferè omnibus gentibus declaratur. (In Joan. Tract. CXX, cap. xix. — Sermo CCCXVIII.)
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Ce puissant protecteur 6tait Gamaliel , et après celle de saint Paul, dont il était le maître, l'Église de Jérusalem ne pouvait pas faire de plus importan-te conquête. Petit-fils du rabbin Hillel, il avait recueilli sa succession de savoir, de considération et de sainteté. Son père s'appelait Siméon , et quelques-uns ont pensé que c'était le saint vieillard qui avait reçu Jésus entre ses bras, dans le temple. Gamaliel était l'oracle de son temps. « A sa mort , dit leTalmud, la lumière de la loi s'éteignit dans Israël.» On l'avait investi, ajoutent les talmudistes , du titre de Nasi ou de chef du conseil, et l'Évangile s'accorde, avec les auteurs juifs, pour voir en lui un homme juste, sage, modéré, impartial pour tous, ennemi de la violence, et dominant les partis par une grandeur morale qui lui valait la confiance et l'unanimité des respects. Il avait été le premier à faire lire, dans Jérusalem même, le texte biblique en grec ^ Mais il n'avait pas rêvé de socratiser xMoïse. Il était resté Juif par la fidélité aux pratiques de la loi, qui faisait l'orgueil de toute la secte pharisaïque. De plus, il tenait dans la ville une école de théologie rabbinique, que certains auteurs appellent une académie.
Au nombre de ses disciples était Paul de Tarse. On y joint Barnabe. Etienne en était-il, comme quelques-uns le prétendent? Du moins il est certain que le jeune diacre étant mort, il lui fit faire ce grand
1 V. Niemeyer, Charakteristik clcr Bibcl, t. I, p. 633 et suiv.
deuil dont parlent les Actes des apôtres, et qu'il recueillit ses restes à Capharmagala. Il est plus certain encore qu'il plaida indirectement la cause du christianisme au sein du Sanhédrin , en appelaat de sa vitalité à Texpérience irréfragable de l'avenir. Ce sens droit le sauva. Le maître fut chrétien, et demanda le baptême à saint Pierre et saint Jean \ L'aurore de la vérité commençait déjà à illuminer les cimes.
C'est alors que Ton vit, pour la première fois, au sein d'une grande famille , ces dissentiments de croyance , et ces déchirements que le Seigneur avait prophétisés naguère : « Le fils se lèvera contre le « père , le frère contre le frère , l'épouse contre « l'époux! )) Gamaliel croyait; mais sa femme , appelée Ethna ou Athéa, aima mieux se séparer de lui que d'embrasser sa foi. De ses deux fils, Tainé, appelé Sélémias, suivit l'erreur de sa mère. Abibas, le plus jeune, fut chrétien comme son père, et l'histoire l'environne d'une grâce virginale, qui en devait faire un digne disciple de saint Jean. Il n'avait que vingt ans. Il est représenté comme l'ami du jeune Saul, son condisciple, sans doute, aux leçons de son père. On les montre tous deux étroitement unis dans la fidélité aux traditions judaïques, montant ensemble au temple à l'heure de la prière. Mais Abibas précéda Saul dans la conversion comme dans la ré-
i S. Chrysostoiii. in AcL Honiil. XIX, [j. 182. — Epist. Luciani, ut suprà.
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compense. Mort jeune, il fut déposé dans la grotte sépulcrale où devaient dormir près de lui Etienne, Nicodème, Gamaliel lui-même, les néophytes et les martyrs '.
Ce fut plus de trois siècles après que Jean , évêque de Jérusalem , et le prêtre Lucien en firent la découverte par une révélation , solennisée encore par une fête de l'Église "-. L'Église régnait alors, et le temps était venu d'associer à sa gloire ces généreux ouvriers de ses commencements.
1 Similiter et Abibas filius meus dilectissimus , qui mecum baptismum Christi accepit ab ejus discipulis , viginti annorum existens, antè me mortuus est... Mea verô uxor, Ethna habens nomen , et Selemias priraogenitus meus , voluerunt esse fidei Christi cultures.
Luciani Epist. de revelatione corporis Stephani protomartyris, ad calcem t. Vllnovse edit. S. Augustini, apud Migne, p. 811.
Dans le manuscrit de Fleury-sur-Loire : « Abibas filius meus; legis habens multam scientiam, castus corpore, et nuUam mulieris sciens maculam ; sed semper templo Dei vacans cum Paulo discipulo meo. Praecesserat me ad Deum immaculatus. »
•^ In festo Invent, reliq. S. Steph., die m augusti.