‹ L'appel au soldatChapitre 30 sur 46 · CHAPITRE XVJI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVJI

c PARAITRE OU DISPARAITRE, MON GENERAL!

On bouche à la revanche; dans quelques semaines, le renouvellement du conseil municipal va la fournir, Tant mieux, car vraiment on souffrais trop depuis la rentrée de Dovembre. Dans ces quatre mois, le Parlement ne s'est occupé qu'à venger ses peors. Les 7.000 voix du Général a Clignaneourt <»nt été annulées, et son concurrenl Joffrin, ave- 5.000 voir, proclamé élu, tandis que, dans le Morbihan, Ditton bénéficiai! de sa majorité. Pourquoi ces conséquences contradictoires d'une même déchéance ? La Chambre valide notre Etenaudin, mais invalide Belleval, l>elahave. Dupuytrem, Goussot, Laisant, Laur, Léouzon- Leduc Paulin Méry, Naquet, ïtevest, Pierre Richard, Vacher. Arbitraire, d'ailleurs, rigoureusement coutonne a la doctrine parlementaire*, telle que lord Randolph Churchill la formulait en 1883, aux applaudissements du Parlement anglais : Les ciroengcriptions peuvent nommer qui elles veulent, mais le Parlement reste maître d'accepter ou de rejeter leurs mandataires. Cependant Paris réélit bons ses fou« langistes. El voila autant de preuves que les élections

municipales sauveront le parti. 11 n'y faut que de l'argent et des candidats tout à fait convenables.

Pour les désigner, le Comité national, suivi des postulants, vogue une nouvelle fois vers Jersey. De novembre 1889 à cet avril 1890, cet équipage n'a pas conquis la nation. Ces produits du boulangisme le détruisent par l'expression qu'ils en fournissent au pays. Ayant promis de servir non plus des intérêts de parti, mais l'intérêt national, ils ne purent agir ni pour celui-ci ni pour ceux-là; ils constituent un groupe parlementaire d'opposition intransigeante et impuissante. Ils tiennent bon, cependant! Un seul d'entre eux fit défection, Martineau, que son comité essaya d'assommer. Etmaintenant ils mènent à Jersey un troupeau de maigres candidats aux dents longues.

Plein des méfiances de l'exil et soucieux d'une discipline militaire, Boulanger a déclaré que nul ne pourra faire appel aux voix boulangistes s'il n'a reçu une investiture formelle. Sous sa présidence, pendant des heures, autour du tapis vert, dans la grande salle à manger de la Pomme d'Or, le Comité appelle et discute chaque quartier. On mesurera l'influence des principaux lieutenants au nombre de clients qu'ils feront investir.

— Les services rendus par la Ligue lui donnent droit à tant de candidats...

— Pour faire passer vos noms réactionnaires, il faut que Y Intransigeant puisse inscrire cet ancien communard.

Sturel s'indigne :

— Comment, après le concours dévoué des bonapartistes, vous écarteriez un arrière-petit bâtard de Napoléon Ier !

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