‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 25 sur 36 · D'UN SÉNATEUR LIBÉRAL · texte numérisé non relu

D'UN SÉNATEUR LIBÉRAL

Cher monsieur Roy,

Je vous remercie bien cordialement pour l’envoi de votre plaquette, L’Appel aux Armes et la Réponse canadienne franraise.

Il n'aurait jamais été question de conscription au Canada si le gouvernement avait mis à profit l'enthousiasme qui se manifesta à Montréal et ailleurs dans la Province de Québec aux premiers jours de la guerre, pourvu que le recrutement volontaire eût été fait avec système et sans y chercher l’avantage de parti. Je ne crois pas non plus qu’il y aurait eu une explosion dans la Province de Québec comme celle dont nous sommes témoins aujourd’hui si ce n’eût été de l’attitude des gouvernements d’Ontario et du Manitoba et de la presse de ces provinces contre les Canadiens-français et la langue francaise.

Je crois que l’opposition violente que l’on fait au bill de la conscription dans la Province de Québec est surtout inspirée au provoquée par cette persécution.

On ne saurait trop répéter à nos amis de la Province de Québec l’excellent conseil que vous leur donnez. Maintenant que la majorité s’est prononcée, il faut se soumettre. Il serait même à désirer que les sages, comme vous, entreprennent immédiatement une campagne pour arrêter de suite les attaques idiotes et criminelles comme celles de Montréal récemment. Si ces actes de désordre sans nom et sans excuse se répètent, je crains bien que notre cause ne soit à Jamais perdue’

Bien à vous,

(1) Qui a voté, au sénat, contre le projet de loi de conscription.

EAN to IT

DE L’HONORABLE THs CHAPAIS, CONSEILLER LÉGISLATIF

Saint-Denis, 30 juillet 1917.

Cher monsieur Roy,

J'ai lu tout d’une haleine votre brochure. Et je viens vous prier d’agréer mes plus chaleureuses félicitations. Ces pages vivantes et vibrantes sont noblement pensées et admirablement écrites. Vous avez fait à la fois une belle œuvre et une belle action. En vous parlant ainsi je ne veux pas vous laisser croire que je suis en tout et partout de votre avis...

Je désapprouve complètement le bill de conscription du gouvernement, que je considère une mesure inopportune, impolitique, excessive, contraire au véritable intérêt national (2). Mais j'abonde dans votre sens lorsque vous déplorez le malheureux concours de circonstances qui met apparemment tous les Canadiens français d’un côté, et tous les Canadiens anglais de l’autre. Et j'applaudis de tout cœur à votre conclusion relativement à notre attitude en face du fait accompli. * Enfin j'admire l’élévation de pensée, l’émouvante sincérité d’accent, le souffle de généreuse fierté nationale qui donnent à votre brochure un si poignant intérêt. Ces pages ne peuvent faire que du bien. En les écrivant vous avez rendu service à vos compatriotes, et brillamment accru votre réputation littéraire. Merci de votre envoi, et croyez à ma sincère admiration.

Bien cordialement à vous, Ts CHAPAIS.

(2) On sait que, pour ne pas voter contre ses convictions, M. Chapais vient de refuser l'invitation d'entrer au Sénat.

Page 1