‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 26 sur 36 · CORDES D'UN AUTRE SÉNATEUR LIBÉRAL · texte numérisé non relu

CORDES D'UN AUTRE SÉNATEUR LIBÉRAL

Cher monsieur Roy,

J'ai lu votre brochure avec un très vif intérêt. J’y ai retrouvé tous les sentiments et toutes les émot'ons qui n’ont cessé d’agiter mon âme et d’étre ndre ma pensée depuis les débuts de la guerre et plus spécialement et plus violemment depuis que je me suis trouvé en face de l’obligation de me lever au sénat pour parler au nom des nôtres à la population anglaise, Je vous envoie mon discours dans la première édition non revisée. Vous y trouverez toute ma pensée. Pour défendre ma race il me fallait dire sa mentalité exclusivement canadienne...

Vous avez raison de plaider en faveur du respect de la loi.

Sir Wilfrid sonne la même note Sir Lomer Gouin vient de dire la même chose.

Les élections changeront peut-être la physionomie des choses. Espérons qu’elles apporteront la détente nécessaire. Cordialement à vous,

DE Sir GEORGES GARNEAU, ANCIEN MAIRE DE QUÉBEC, (4)

Québec, le 26 juillet 1917.

Cher monsieur Roy,

J'ai lu avec un vif intérêt la brochure que vous avez eu l’amabilité de m'adresser. Sauf quelques petites réserves quant à cer-

(3) Qui a voté contre le projet de conscription.

(4) Sir Georges Garneau, libéral indépendant, fils de feu l’hon. Pierre Garneau, ancien ministre, ne prend pas de part active aux campagnes politiques. Il est professeur de Sciences à l'Université Laval, membre de la Commis-

s ion des services d’utilité publique et président du comité de la Bonne Entente.

SENTE pee

tains détails de vos prémisses, réserves qui toutefois n’invalident pas vos conclusions, je trouve que vous avez fait là une œuvre vraiment patriotique et je souhaite ardemment que votre travail soit lu par tous les nôtres, dont un si grand nombre — hélas ! — font fausse route. J’en ai adressé un nombre d'exemplaires au dehors et j'en parle à tout venant. Je vous prie d’agréer ce petit travail de propagande comme un faible témoignage d’admiration et de reconnaissance.

Votre tout dévoué, J.-GE0. GARNEAU.

AŸ} DE M:1J'=AMLANE, Avocar, C. R:

Québec, 31 juillet 1917.

Mon cher confrère,

Je désire accuser réception de l’exemplaire de l’opuseule que tu m'as envoyé, intitulé : L’Appel aux armes. Je t'en remercie cordialement et je te félicite du résultat de ton travail. C’est bien écrit et bien pensé. Ce ne sera pas populaire, car le peuple est enlisé dans une voie dont il ne veut pas sortir. (5)

La haine de l'Anglais, son indifférence pour la France, l’empêchent d'apprécier la position qu'il se fait à lui-même. Il semble avoir perdu la vision des grands principes qui sont engagés dans la présente guerre.

Son apathie pour la France n’a pas d’autre explication que dans le fait que, depuis 40 ans, on lui prêche que la France est athée, libre-penseuse, persécutrice de la religion et des religieux, qu'il faut qu'elle soit punie, ete. C’est ainsi qu’on a détruit chez

(5) M. Lane, ancien député, au parlement provincial, de la division de Québec représentée à Ottawa par M. Laurier, est un libéral. 11 connait le peuple dont il parle et le peuple le connait : c’est un tribun dont l’emprise sur les foules est sans égale. M. Lane, depuis quelques années vit surtout au Palais : il est parmi les membres du barreau, au premier plan.

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