‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 3 sur 36 · RARES · texte numérisé non relu

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il y a plus d'un siècle, on a changé son drapeau, mais on n’a pas réussi à lui changer son âme. Elle a voulu vivre, et l’autre, qui ne la savait pas immortelle, envie le nombre toujours croissant des fils de sa rivale. Elles sont des voisines qui se querellent volontiers.

Mais l'ennemi un jour a violenté les deux mères-patries ; et cet ennemi c’est le Barbare qui, du monde, veut faire sa proie. D'un même élan, les deux races hostiles ont uni leurs efforts et sont allées défendre, aux, pays d’origine, chacune son patrimoine attaqué. Or il arrive, la lutte s'étant prolongée, que le Pouvoir réclame, pour servir au champ d'honneur, encore plus de soldats. Ce décret, dont le nom est Conscription, est le trait de feu qui unit le drame de la guerre à celui de notre politique.

L'appel aux armes est adressé aux deux races de ce pays; leurs divisions intestines et le hasard malchanceux du jeu parlementaire ont créé ce malheur, de donner à l’une un beau rôle, celui de la recrue qui répond : Présent ! et de donner à l’autre... l’autre rôle. Et celle-ci, c’est la race fière, vaillante, faiseuse d’épopées, et dont les fils, nos cousins, ont écrit la Marne, ont écrit Verdun. C’est un rôle, un personnage faux que, par surprise, on lui fait jouer. Ce n’est pas vrai! Ce n’est pas vrai! On le verra bien en éclairant mieux la scène, et quand, ce costume infamant dont on l’a affublée, la noble nation le déchirera, on le verra bien que ce n’est pas vrai, que ce n’est qu’un rôle et qu’elle ne le veut plus jouer.

A la faveur des ténèbres de la Politique, le Mensonge couvre le Pays : l’autre race vit, par ce mensonge, un moment glorieux de sa vie ; la nôtre en mourrait de honte si, ce mensonge, il allait durer. Pour le tuer, nos discours seront vains. Il faut des actes, il n’en faut qu'un. Pour rentrer dans la lumière de la Vérité, il n’y a qu’un pas à faire, un mot à dire, nous aussi : Présent !

...Sans haine contre personne mais ayant pris parti dans la mêlée, l’auteur de ces lignes remplit simplement un message de la conscience nationale ; dans cette course des flambeaux, s’il traverse, désarmé, l'arène politique, c'est pour porter à tous ceux de sa race le mot d'ordre éternel de la patrie.

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