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XIT D'UN MEMBRE DU CLERGÉ, CURÉ … 28 juillet 1917.
Mon cher monsieur,
Agréez mes remerciements pour l'envoi de votre courageuse plaquette. Il faut avoir le cœur haut pour braver à ce point l’opinion ameutée — et, ajoutons, égarée Puisse votre voix être entendue !
Je me sens parfois tenté d'écrire aussi pour redresser certaines erreurs historiques qui traînent partout et qu’on répète sans cesse. Mais elles continueraient sans doute à orner les pages des journaux et même des livres : rien de si difficile à déraciner que l'ignorance, si ce n’est l’erreur et les préjugés. Et la chose est plus difficile encore avec la plume qu'avec la parole : on écarte encore assez volontiers un orateur, on ne lit pas un livre sérieux, ni même un article de journal, ou une brochure. C’est le fait divers, la dernière noyade, le dernier assassinat, le dernier incendie, qui intéresse la masse — et souvent aussi les hommes soi-disant intelligents.
Ainsi, cher monsieur, il faut parler et faire parler nos amis, si nous ne voulons pas revoir un autre 37 avec cent fois plus de victimes et de ruines matérielles incalculables. Et si nous en sommes là, le grand coupable est ce publiciste que vous traitez avec tant de courtoisie. C’est lui qui avec un talent qui a beaucoup plus d'envergure que de pondération — plus de voile que de
gouvernail, selon l'expression vulgaire — , a paralysé la bonne volonté des Canadiens-français. Une grande partie du clergé s’est mis à sa remorque et, au lieu d'exhorter le peuple aux sacrifices nécessaires, a gardé le silence et souvent a fait pis encore.
Mais vraiment, si je laissais courir ma plume, j'écrirais ce livre ou cette brochure que je ne veux pas écrire.
Agréez, Monsieur, avec mes hommages, l'assurance de ma profonde estime.
E. F., ptre.
D'UN PROFESSEUR DE COLLÈGE CLASSIQUE 24 juillet 1917.
Mon cher Ferdinand,
Remerciements pour l'envoi de ta brochure l'Appel aux Armes, et félicitations cordiales. Je regrette comme toi tout le mal que fait à notre province l'attitude prise à l’occasion de la conscription, et surtout l'exploitation que l’on fait de cette attitude contre nous. Mais je regrette surtout qu’on ait agité la question de conscription, et que par toutes les causes que tu as si bien analysées on ait creusé le fossé si profond entre les Canadiens-français et tout ce qui est anglais, et tout ce qui représente à un titre quelconque les intérêts anglais.
Ta brochure sera chaleureusement discutée. On ne pourra méconnaître qu’elle est sortie d’une pensée ferme, et qu’elle fut dictée par les sentiments les plus nobles. Elle révèle un publiciste avec lequel il faudra compter.
Amicalement,
G°H-/ptre.