‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 35 sur 36 · D'UN AVOCAT DU BARREAU DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

D'UN AVOCAT DU BARREAU DE MONTRÉAL

Mon cher Ferdinand,

| J'ai lu avec plaisir ta brochure L’Appel aux Armes. J'en ai même relu déjà les principaux passages et je me propose d’y retourner. Comme l’a dit un critique français à propos du dernier volume de Garneau : ‘* C’est mieux qu'un livre : un acte ” !

Il y a, hélas ! dans la vie de certains peuples, des moments ot parler au nom de la froide raison et de l’intérêt bien compris de ceux auxquels on s'adresse est un acte qui demande du courage. Cet acte tu l’as posé simplement, humblement même, mais avec toute l’autorité que te donnent ton talent, ton éloignement des luttes politiques et le respect que tu commandes auprès de ceux qui ont suivi ta carrière et tes travaux.

Cet appel sera-t-il entendu ? J'en doute un peu. Le démagogue qui crie bien fort que nous ne devons rien à personne, pas même à nous-mêmes et à notre postérité : l’économiste qui déclare que l’agriculture manque de bras, tout en se gardant bien de diriger vers les champs, les propres à rien qui l’entourent, ont, par le temps qui court, une telle vogue, qu'il est difficile d’aspirer à un égal succès en proposant une ligne de conduite différente.

Puisse Celui qui a promis de récompenser l’ouvrier de la onzième heure à l’égal du premier arrivé, faire que nous soyons cet ouvrier de la onzième heure, et que le salaire qu’Il a fixé nous soit accordé !

Pour toi, tu auras la satisfaction profonde d’avoir eu dans cette agitation générale, le geste calme du vrai patriote. Puisse la Providence te seconder !

Cordialement à toi,

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