CONCLUSION
Voilà donc parcouru le cercle des prétentions de la pensée allemande alliée des soldats dans cette guerre.
Ne dissimulons pas le tort que devait lui faire une mauvaise cause. Faisons la part du gauchissement qui s'ensuivait pour elle de la nécessité où ces gens se sont mis de mentir. Au moins est-il certain que ce gauchissement, cette ruse, cet avilissement de la pensée, trouvait nos intellectuels prêts. Le génie allemand n'y répugne pas. Des abstractions métaphysiques qui permettent de conclure ce qu'on veut, de grosses ruses toujours actives, une aptitude à la chicane, effet d'un bas esprit de révolte qui est l'instinct même de la race, telles sont les trois inspirations familières à la pensée allemande et qui s'étalent dans ce morceau.
La jorce prime le droit : on répète tous les jours que c'est la devise de l'Allemagne. N'oublions pas pourtant qu'il n'y a pas de nation qui prétende plus qu'elle à se faire donner raison. Il est vrai que la
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, raison qu'elle allègue est toujours la raison allemande; il est vrai que l'Allemagne n'admet pas que le bon droit puisse ne pas être au nombre des avantages que la force met entre ses mains. Mais enfin elle ne cesse de discuter et de prouver. Depuis quatre mois que dure la guerre, on peut dire que l'Allemagne a autant argumenté que combattu. Or, son argumentation, la voilà !
La voilà dans les classes diverses de ses savants : chez des naturalistes comme Haeckel, chez des psychologues comme Hauptmann, chez des historiens comme Spahn, chez des philosophes comme Wundt, chez des théologiens protestants comme Harnack, chez des théologiens catholiques comme Merkle. Jusque chez des théologiens catholiques, la discipline de l'École, que l'Église conserve, n'a pu prévaloir sur l'aveuglement germanique, sur le sophisme que tissent dans ces cervelles la témérité et la sottise, et où se réfugie la mauvaise foL
Grande leçon, et qui montre à quel point la pensée allemande est gâtée. Ceux qui pensent terminer le mal que nous voyons et en empêcher le retour par une paix ordinaire, se trompent. Il y a un foyer de dépravation qu'il faudra éteindre ou refouler. Il faut pour cela la victoire. Mais cette victoire ne sera complète, assurée dans .ses résultats, garantie des revers de la lortune, que quand le soplijsme sera détruit, la sottise découverte et l'erreur sans crédit.