‹ L'appel du Rhin: la minute sacréeChapitre 5 sur 11 · A SAINTE-ODILE · texte numérisé non relu

A SAINTE-ODILE

Je recueille du mieux que je puis ce que j'ai vu, mes propres expériences, mais je voudrais retenir ce que les autres ont vu, éprouvé et dont leurs récits me donnent l'émotion. Hirschauer entre à Mulhouse le 17 novembre, Pétain à Metz le 19, Castelnau à Colmar le 22. Combien je regrette de n'avoir rien de mon cru à vous apporter de la noble Mulhouse. Qu'un mot du moins, fût-il bref comme une fusée dans les ténèbres, nous garde le souvenir de l'arrivée du premier officier français à Sainte-Odile.

Un vrai soldat, un combattant de cinquante-deux mois, monte si tôt qu'il peut au couvent. Honneur au lorrain qui méritait bien de renouer la haute tradition ! Ecoutezle, dans ces deux billets:

Barr, 18 novembre.

« Nom venons de faire notre entrée à Barr, au pied de Sainte-Odile^ avec le premier bataillon et le drapeau d*un de nos régiments. Que dire? que raconter ? A peine pied à terre^ les cris, la ruée instanta^iée, les enfants tendus à bout de bras par-dessus les têtes sans qu'on sache si c'est pour les embrasser ou pour les bénir; — le drapeau qui s'avance^ la Marseillaise qui se lève pour PaccueUlir; — une atmosphère unanime nous baigne et nous pénètre tous. L'ancien maire déporté et revenu le matin même noue fébrilement l'échappe fanée de 1870. Dans la salle de la mairie, le Conseil municipal nous

accueille. Ce sont des vieux qui nous regardent^ qui tremblent d^émHion et qui nous crient : t Dites, est-donc possible? Est-ce que c*est vrai? Dite^, dites. » Vive, Vive, crie incessamment la foule au dehors, car c*est tout ce qu'elle sait de français. Mais les vieux et vieilles savent. Une de celles»ci, s'approche: a Vous nous tenez, n'est-ce pas? Vous nous tenez, vous ne nous laisserez pas retomber ? »

9 Le rêve merveilleux d'une vie humaine minutieusement, exactement, totalement réalisé/ Qvie de prodiges I Dieu soit loué... >

Sainte-Odile, 20 novembre.

a Ce matin, 20 novembre, à 7 heures, par un temps plein de neige et de brouillard, le premier Français est descendu de voiture devant le portail de Sainte Odile.

a Dans la brume, deux vieux apparurent en agitant leurs bonnets. Ils ouvrirent la porte de l'église et la porte de la chapelle de Sainte -Odile, et le Français fit ce qu'il devait. Puis, dans le couloir il rencontra une petite sœur qui accourait les mains tremblantes et qui lui dit : • Je suis de Dannemarie, Monsieur, vous êtes le premier,,.))

COMMENT LE BARON DE GEMMIN- GEN, GOUVERNEUR DE LORRAINE DUT ÊTRE POUSSÉ PAR LES DEUX ÉPAULES HORS DE SON PALAIS

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