DUTEIL
Chez les reptiles, la portion distale du cæcum est souvent rétrécie, et, chez quelques familles, affecte la forme d’un diverticule de calibre régulier, recourbé en crochet sur les côtés mêmes du cæcum.
Chez beaucoup d’oiseaux, l’existence de cette partie rétrécie, est devenue un caractère constant, d’un groupe donné. A la différence de calibre des deux portions, se joint une différence de structure manifeste. Alors que Ia portion rétrécie est lisse, la portion élargie présente des bandelettes musculaires et des bosselures.
Les mammifères, à quelques exceptions près, ont un cæcum nettement divisé en deux portions. Suivant les familles le passage de l’une à l’autre portion se fait, tantôt sans transition aucune, par un brusque changement de calibre, tantôt, progressivement, par l’intermédiaire d’un segment développé en entonoir.
Ainsi, pour résumer l’évolution du cæcum à travers les espèces animales, peut-on dire que ce segment du tube digestif se divise en deux compartiments, l’un vaste « cæcum amplius » équivalent du cæcum proprement dit ; l’autre, étroit « cæcum angustius », équivalent de l’appendice. La différence entre ces deux compartiments s’accentue à mesure que l’on gravit les échelons de l’échelle phylogénique. Elle devient maxima chez les Anthropoïdes et chez l’homme dont l’appendice a une structure et une forme très différentes de celles du cæcum.
L'évolution ontogénique, de même que l’évolution phylogénique, très exactement superposables d’ailleurs, sont d'accord pour faire de l’appendice, le résul-
tat de la différenciation morphologique du segment distal du cæcum. Il semble donc que l’on soit autorisé à dire que le cæcum, organe « mère », contient l’appendice en puissance. C’est cette idée qui nous incite à rechercher dans l’évolution du cæcum lui-même, les possibilités d'évolution anormale de l’appendice, et d’une façon plus précise, dans l'existence de cæcum doubles, l’explication de l’appendice double.