‹ L'Appendice Double: Étude Anatomique et Signification MorphologiqueChapitre 20 sur 23 · AD · texte numérisé non relu

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que met en œuvre une ontogénèse pendant qu’elle se déroule, ont leurs sources dans la composition physique et chimique du germe tout entier et dans l’action qu’exerce sur lui le milieu où il vit. »

« Au lieu de considérer l’ontogénie comme un rappel raccourci de la phylogénie, et le développement embryonnaire comme la manifestation d’un patrimoine héréditaire lentement acquis au cours de la lignée généalogique de chaque espèce, on peut penser que les similitudes morphologiques de l’ontogénèse et de la phylogénèse, ne font que traduire des similitudes dans les aptitudes de l’œuf et dans les conditions de vie du milieu extérieur. »

Il y aurait, en quelque sorte, un plan général d’organisation des êtres vivants, ou même de chaque espèce animale, susceptible de variations par adaptation fonctionnelle. C’est là une idée dont nous sommes redevable au Professeur Latarjet, idée que nous retrouvons analogue à propos de l’étude de squelette des membres.

« En résumé, comme on le voit par les théories que nous venons d’exposer, la valeur de la morphologie et de l’homologie des membres n’est pas encore élucidée. L’évolutionnisme, tel qu’on le concevait, il y a quelque vingt ans, affirmait que les membres et les ceintures des vertébrés, donc de l’homme, provenaient d’une forme initiale unique. Aujourd’hui, certains biologistes, comme Vialleton, pensent que leur ressemblance tient à ce qu’ils remplissent tous les mêmes fonctions, dans les organismes d’un même type et sont soumis à des conditions identiques. Il est difficile de

prendre parti, mais nous pensons qu’on a trop souvent confondu l’homologie et l’analogie. Les ressemblances de structure sont l'expression des lois de l’organisation des êtres. Nous admettons que l’homologie existe réellement dans les premiers stades embryonnaires, quand il s’agit encore de stades réellement indifférenciés. Mais rien ne nous prouve que ce stade indifférent le soit réellement ; ce sont nos moyens d’investigation qui ne nous permettent pas de constater les futures orientations différentes pour des ébauches en apparence semblables. Il existe, à n’en pas douter, un parallélisme de constitution entre le membre supérieur et le membre inférieur, cela est évident : ils sont comparables, mais leur homologie complète, absolue, dans leurs différentes parties, reste encore à démontrer. »

Pour exposer simplement cette question, nous distinguerons d’une part les facteurs internes, manifestant surtout les potentialités de l’œuf, et les facteurs externes, manifestant l’adaptation de ce segment aux fonctions digestives.

Un premier groupe, celui des facteurs internes, a été mis en évidence par les faits bien connus depuis Balbiani, de mérotomie.

Si on sectionne un animal allongé, un vers par exemple, chaque tranche est susceptible de donner une extrémité caudale ou une extrémité céphalique par régénération, suivant la nature du segment avec lequel elle est en continuité. Chaque tranche située à la partie moyenne du vers est donc « totipotente », suivant l'expression même de Brachet.

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« Ce fait est capital », dit cet auteur, « il permet de penser que, dans les conditions normales, telles que nous les offre la nature, les éléments constitutifs d’une région du corps ne développent qu’une partie des potentialités qu’ils possèdent. À côté des potentialités effectivement réalisées, il en est de virtuelles que l’expérimentation ou le hasard d’une anomalie peuvent mettre en évidence. »

Cette notion de potentialité a été précisée et développée par Child. Cet auteur a mis en évidence que, dans l’organisme vivant, l’intensité du métabolisme cellulaire n’est pas identique en tous les points du corps.

Il y a des intensités différentes suivant la région considérée. Chez les êtres à constitution métamérique, les points d'intensité différente se superposent suivant l'axe du corps et constituent les « Axial gradients » de Child.

Le nombre de ces centres est variable suivant les êtres considérés, unique chez les êtres simples, multiple chez les êtres plus complexes.

Il peut y avoir plusieurs centres de puissance inégale localisés en des points déterminés du corps. Ces points seraient anatomiquement reconnaissables à une plus grande différenciation anatomique des organes et des tissus. |

C’est une explication facile de ces cas d’appendice double, à condition toutefois que nous puissions établir que l’appendice représente un organe différencié.

Aussi, indirectement, sommes-nous emmené à étudier la signification de l’appendice vermiculaire,

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Nombre d’auteurs considèrent l’appendice comme un organe en voie d’atrophie. L’appendice est qualifié d’organe vestigial, en voie de régression et d’oblitération, destiné, d’après les auteurs les plus pessimistes, à diminuer encore pour disparaître définitivement.

C’est le faible volume de l’appendice qui constitue l'argument de cette thèse.

Quant à son rôle, sa signification fonctionnelle, la physiologie nous donnant peu de renseignements, l’anatomie comparée permet des suggestions intéressantes.

Les avis les plus divergeants ont été donnés cependant.

Oppel prétend qu’il s’est fait un changement de fonction : l’appendice, s’éloignant de ses fonctions digestives, aurait orienté son activité dans un autre sens, que cet auteur ne précise pas, mais suggère seulement, en faisant remarquer l’abondance du tissu lymphatique à son niveau.

Berry insiste aussi sur l’appendice en tant qu’organe lymphatique.

Neuville, plus éclectique, parle du double rôle dévolu à l’appendice : rôle digestif et rôle hématopoiétique.

Kostanecki fait de l’appendice un organe étroitement adapté à la digestion cæcale. Son argument essentiel est fourni par l’anatomie comparée.

Chez les animaux, le cæcum est une cuve à fermentation où se fait la digestion de la cellulose par action des sucs digestifs et des ferments microbiens.

Or, quand se fait la différenciation entre le « cæ-

cum amplius » et le « cæcum angustius » apparaît une différenciation fonctionnelle: le gros cæcum est un organe d’absorption, le petit un centre de sécrétion et de culture microbienne.

Ainsi l’appendice vermiculaire doit être considéré comme adapté à la sécrétion comme le cæcum angustius dont il dérive morphologiquement.

Cette idée s’appuie également sur quelques expériences. Celles de Funke en particulier, qui, liant le cæcum angustius, le trouve rempli de liquide secrété.

Celle de Robinson qui, par injection d’extraits de muqueuse appendiculaire chez les animaux de laboratoire, aurait déterminé des contractions intestinales — faits d’ailleurs démentis par les expériences personnelles de Corti.

À Ia suite de Barclay-Smith la digestion cellulosique est considérée comme le fait, non seulement de laction de sucs digestifs, mais aussi de microbes dont le Bacterium Coli, microbe zymogène, est le principal. Or l’appendice est riche en Bacterium Coli.

À Lyon, Poncet et Jaboulay ont insisté depuis longtemps sur cette richesse microbienne.

On pourrait ainsi considérer l’appendice comme un organe adapté à la digestion cæcale, fournissant des sucs digestifs d’une part, servant, d’autre part, de milieu de culture au Bacterium Coli.

L'adaptation de l’appendice serait faite dans le sens digestif. L’apparition de tissu [lymphatique serait secondaire, et uniquement en rapport avec la richesse microbienne de ce segment du tube digestif.

Nous ne voulons pas entrer dans la discussion des

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