‹ L'Appendicite et la Fièvre Typhoïde: Contribution au Diagnostic Différentiel La Diazo-Réaction d'EhrlichChapitre 15 sur 25 · Sacquépée, Arch. gén. devméd · texte numérisé non relu

Sacquépée, Arch. gén. devméd

Une réaction positive a moins de valeur, répétons-nous, puisque celle-ci peut s’observer dans d’autres maladies infectieuses à allure typhoïde, telles que la tuberculose aiguë ou la grippe. Elle est un signe excellent, et comme tel, devrait être considérée comme un critérium de diagnostic différentiel dans les cas difficiles !

Diazo-réaction d’'Ehrlich dans les diverses affections fébriles.

Pendant ces dernières années, de nombreuses discus-1ons s'élèvent au sujet de la Diazo-réaction dans les affections fébriles. Sans nous perdre dans le détail, nous en disons cependant un mot. '1l semble que la Diazo-réaction est moins fréquente dans les maladies infectieuses. Dans la pneumouie elle s'observerait dans le tiers des cas d’après Heze, dans 1 /6 des cas d’après Clémens. Elle serait généralement lindice d’une forme grave et sa persistance à la fin du premier septenaire serait d’un pronostic fâcheux. Dans les pleurésies, elle ne se voit guère que dans les pleurésies tuberculeuses, encore manque-t-elle souvent !

Elle est assez fréquente dans la scarlatine (Ehrlich, Widal, Rivier) au point qu’on pense s’en servir pour étayer un diagnostic différentiel entre la scarlatine et l’érythème scarlatiniforme ou des éruptions médicamenteuses dans lesquelles elle fait défaut (Læper, Oppenheim).

La Diazo-réaction est presque toujours positive dans la rougeole d’après Heze, Rivier, dans 79 fois sur 91, surtout pendant lPéruption.

Dans la variole, d’après Sergent!, elle serait constante, mais son apparition tardive à la période de suppuration lui enlèverait toute valeur diagnostique. Dans l’érysipèle grave, Heze l’a observée dans la moitié des cas. Coste dans les 2/3. Dans la diphtérie, la Diazo-réaction manque souvent (Clémens et Lobligeois?) pour faire complètement défaut dans la grippe

1. Sergent, Bull. méd., février 1901, 2. Lobligeois, Soc. de Pédiatrie, mai 1901.

Sora.

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et dans le rhumatisme articulaire aigu; par contre, le typhus exanthématique, les pyhémies chirurgicales, l'infection puerpérale, s’accompagnent toujours de la réaction d’'Ebhrlhch. Ehrlich a remarqué la fréquence de sa Diazo-réaction dans la tuberculose pulmonaire chronique; fortement positive, elle prouverait l’évolution mortelle. M. Sabrazès y voit un élément de mauvais pronostic surtout dans les maladies infectieuses en général. Il se trouve souvent que‘chez certains malades étiquetés « appendicites » parce que le syndrome douloureux est très caractéristique, la typhoïde se déroule, le syndrome douloureux reste; c’est là une dualité morbide entre la typhoïde et l’appendicite. Lœper et Oppenheim n’admettent pas de valeur pronostique à la Diazo-réaction à la suite d’une étude sur 300 tuberculeux, tout en acceptant la présence de la Diazo-réaction à la période ultime de l'affection.

Dans la phtisie aiguë, la Diazo-réaction est constante, Heze, Nessen, Clémens, Lœper, Oppenheim, Widal et Bezançon l’ont observée dans tous les cas. Ils concluent en ces termes :

« Chez un malade fébrile, présentant un état typhoïde la constatation de la Diazo-réaction jointe à l’absence plusieurs fois constatée de la réaction agglutinante vis-à-vis du bacille d’Eberth doit faire redouter l’existence d’une tuberculose aiguë... »

Diazo-réaction dans la fièvre de Malte

Notre but serait de savoir ce qu’on peut attendre de la Diazo-réaction d’Ehrlich dans la mélitococcie. Nous laissons sciemment de côté toute une étude complète de cette affection que nous renvoyons au Trailé de Pathologie générale de Bouchard. Nous savons qu'il existe une forme de Lyphoïde dite sudorale, décrite d’abord par Jaccoud, puis par Borelli, Avant ces deux auteurs, de nombreux malades étaient étiquetés à Lort Lyphiques alors qu'ils élaient en réalité des mélitococciques (Midi-Ilalie). Sacquépée avait signalé deux cas de ce genre avec l’hémoculture positive au bacille d'Eberth. Persiste-

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t1 le moindre doute, nous devons recourir systématiquement aux examens de laboratoire; l’hémoculture, la ponction de la rate, le séro-diagnostic de Wright, la lacto et salivo-réaction, l’intradermo-réaction à la mélitine de Burnet nous préciseront le diagnostic.

En ce qui concerne la Diazo-réaction dans la mélitococcie la preuve n’est pas assez faite pour nous permettre de nous édifier. À cet égard, Sacquepée nous conseille de centrifuger l’urine des suspects de mélitococcie, d’ensemencer le culot sur gélose pour identifier ensuite les colonies de micrococcus mélitensis ; malheureusemeat le résultat n’est pas toujours positif du fait de l’élimination inconstante et irrégulière par l'urine (Nègre et Raynaud).

Quoi qu’il en soit, un fait cependant nous reste acquis c'est que la Diazo-réaction nous est un précieux appoint à condition qu'elle soit réalisée parallèlement au séro-diagnostic, à l’'hémoculture, à l'examen du sang. Positive, elle présente une valeur contributive en faveur d’uie infection typhoïde ou paratyphoïde. Négative, elle indique la possibilhitéd’une appendicite.

Nous basant sur nos propres statistiques, nous croyons, jusqu’à preuve contraire que la Diazo-réactiow d’'Ebrhich est franchement négative dans les appendicites suraiguës, aiguës ou chroniques, ainsi que démontrent éloquemment nos recherches sur 13 cas de notre observation XI. Elle nous présente un indice de valeur à condition qu'on l’associe à l’hémoculture et au séro-diagnostic; prise isolément, sa valeur est des plus relatives. Ainsi l’épidémie récente de 1934 est marquée par de nombreuses formes frustes de typhoïde avec une Diazoréaction positive et absence de taches rosées (Sabrazès). Devant l’hémocullure négative et le syndrome douloureux à la fosse iliaque droite, on hésite surtout que le séro-diagnostic est négatif. M. Sabrazès conseille de faire faire une série de séro-diagnostics pour voir s'ils deviennent de plus en plus

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