Motta-Coco, Gaz. med. di Torino, n°8 10 e
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Dans une série de mémoires publiés de 1882 à 1884, Ehrlich a donné la formule exacte et a montré l’utilité au poict de vue diagnostique d’une réaction urinaire, la Diazo-réaction, basée sur ce fait qu'il s’élimine par les urines au cours de certaines infections des corps de la série aromatique qui, mis en présence de substances diazoïques, donnent naissance à des substances azoïques colorées.
Nous employons au laboratoire de pharmacie de l’hôpital du Tondu de l’ammoniaque et deux solutions fraîchement préparées que voici :
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Technique. — Dès que le diagnostic clinique est porté, nous procédons de suite aux vérifications par l’'hémoculture, le sérodiagnostic et la Diazo-réaction ; nous ne parlons que de cette dernière. L’urine du malade présumé est aseptiquement recuillie dans un bocal propre de préférence le matin. Dans un tube à essai, on verse environ ? centimètres cubes d’urine fraîche, puis 2 centimètres cubes de la solution A; on ajoute deux gouttes de la solution B, puis six à sept gouttes d’ammoniaque ; on mélange, on agite.
Lorsqu'il s’agit d'urine normale ou d’eau pure, la coloration du mélange est de couleur jaunâtre ou blanchâtre. Lorsque la réaction se montie positive, le liquide présente toute une gamme de coloration correspondant au rouge orange, rouge cerise, rouge vermillor (Ehrlich), et la mousse une coloration rouge sang ou rouge saumon caractéristique. La plupart des auteurs attachent une grande importance à la coloration im-
médiate de l’urine, et davantage encore à la coloration de la mousse dont 1l est toujours facile d’apprécier la nuance.
Au dire d'Ehrlicht, si la composition de l’urine est sans grande importance, Lœper et Oppenheim?, affirment avoir obtenu quelquefois une coloration trompeuse de l’urine chez des malades ayant ingèré de la créosote, du gaïacol, de l’antipyrine, du benzo-naphtol, du thymol, de la teinture d’opium (Denigès), médicaments assez souvent employés chez les typhiques ou les tuberculeux. Lorsque des urines, acides à l’émission, donnent une Diazo-réaction positive, deviennent alcalines, la réaction peut n'être plus perceptible; on peut éviter cette cause d’erreur én ajoutant à l’urine fraîche un peu d’éther, lorsqu'on n’a pas le temps de pratiquer immédiatement les recherches (Widal et Bezançon).
La Diazo-réaction ne s’observe guère que dans les maladies infectieuses fébriles. Elle se voit surtout dans la fièvre typhoïde (Sabrazès, obs. XIT), dans la tuberculose, dans la pneumonie, dans les fièvres éruptives (variole, rougeole, scarlarine) et rarement dans l’érysipèle, la diphtérie. Elle est négative d’une façon presque absolue dans les maladies apyrétiques. Lœper et Oppenheim qui ont examiné les urines de plus de 300 sujets atteints d’affections apyrétiques les plus diverses, médicales ou chirurgicales, n’ont obtenu que d’une manière exceptionnelle. D’après leurs observations on ne saurait admettre avec Hezeÿ, qu’elle est fréquente chez les asystoliques; si elle apparaît quelquefois chez les cancéreux, c’est à la période cachectique terminale, en rapport avec les infections secondaires (Widal, Bezançon)f.
La Diazo-réaction dans la typhoïde est-elle constante? Hormis quelques réserves sus-mentionnées il semble qu’on peut répondre par l’affirmative. Ainsi, Ebrlich a prouvé que la Diazo-réaction est à peu près constante au cours de la fièvre
1], Ehrlich, Zeits. fur xlin. Medecin, 1882; Deutsch. med. Woch, 1883-84; Charite Annalen, 1883-86.
2, Lœper et Oppenheim, « La Diazo-réaction, én haz. des Hop., 15 mai 1901. 3. Heze, Arch. prov. de méd., 1900.
4. Widal-Bezançon, in Trailé de pathologie générale, Bouchard, t. VY.
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typhoïde dans la respectable proportion de 97%. D’après les diverses statistiques réunies par Rivierl ce pourcentage se maintient sensiblement et l’auteur ajoute : « La réaction d'Ehrlich apparaît fortement en rouge cerise, rouge vermillon dans les typhoïdes graves; elle décroît progressivement dans les formes de moyenne intensité pour disparaître en même temps et même avant la fièvre... »
Ecoutons, à ce propos, la conclusion autorisée de MM. Widal et Bezançon? qui ont expérimenté sur une grande échelle de 182 typhiques.
«. La présence de la Diazo-réaction a été remarquée d’une façon presque constante. La réaction n’a manqué que dans 7 cas sur 182; dans 3 cas il s'agissait de formes de moyenne intensité et dans 4 cas de formes très légères. » Les mêmes auteurs ne croient pouvoir juger la gravité de la maladie et faire un pronostic d’après l'intensité de la réaction ! Cependant il semble qu’une dégradation régulière de la courbe des Diazo-réactions serait d’un bon pronostic (56 cas sur 64). Et Sacquépée ajoute : « La courbe de la Diazo-réaction encadre donc bien la courbe de la température, d’une façon générale. »
Enfin, que devient-elle cette Diazo-réaction dans les typhoïdes à rechule? Il résulte des observations de Widal que six fois sur sept, elle réapparaît au troisième ou quatrième jour, après la reprise de la température. Des faits qui précèdent Widal et Bezançon aboutissent à la même conclusion d'Ehr- Bch :
«. L'absence de la Diazo-réaction constatée à plusieurs reprises du cinquième au dixième Jour d’une affection fébrile doit faire écarter presque à coup sûr l'hypothèse de fièvre typhoïde, bien qu'on puisse observer par exception des fièvres typhoïdes avérées dans lesquelles la Piazo-réaction manque (Widal, 3%). »
1. Rivier, Lhèse Paris, 1798, Diazo-réaclion. 2. Widal-Bezancon, in Trailé de pathologie, Bouchard, &. VI, p. 571.