INTRODUCTION
Il est peu de maladies qui aient été étudiées dans ces der-
nières années avec autant de soin que l’appendicite, et l’étude entreprise sur cette question depuis le jour où Mélier en 1827 en indiqua les principaux caractères jusqu'aux plus récentes monographies est immense. Le nombre des auteurs qui y ont collaboré est considérable, nous nous excusons de n'en citer dans le courant de cet exposé qu’un petit nombre, Une étude bibliographique plus étendue dépasserait les limites de ce modeste travail et ne répondrait pas au but que nous nous sommes assigné.
D'ailleurs si les travaux que l’appendicite a suscités sont nombreux, nombreuses aussi sont les diverses théories qui ont été émises sur sa pathogénie, ainsi que les discussions relatives à l’opportunité du traitement opératoire.
A peine cette affection était-elle isolée de l’ancienne typhlite et décrite comme maladie autonome que deux camps se dessinèrent parmi les chirurgiens suivant qu'ils préconisaient l’intervention immédiate dont dépend la vie du malade, ou la temporisation et l’extirpation tardive à froid, soutenue par des auteurs non moins convaincus. Quelque grande que soit la divergence des avis, il ne reste pas moins vrai que les discussions sans nombre qui en ont été la conséquence 1mmédiate apportent de notables progrès dans le traitement rationnel de l’appendicite. Bien individualisée, bien caractérisée, l’appendicite symptomatique ne présente plus de secret pour personne; par contre les formes atténuées frustes anormales sont d’un diagnostic délicat, mettant le médecin perplexe dans la conduite à tenir. En d’autres termes,en dépit
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des descriptions magistrales, le problème n’est pas résolu, tant l’étude clinique et diagnostique de cette affection souffre de nombreuses lacunes. Notre intention n’est point de résoudre ces réelles difficultés, cependant nous appuyant sur des observations cliniques, nous entourant des éléments d’appréciation de laboratoire, nous essayons d’apporter une modeste contribution de diagnostic à l’épineux problème.
Tandis que nous trouvons dans la littérature médicale plusieurs mémoires traitant le diagnostic, différentiel de l’appendicite avec l’occlusion intestinale, l’uléus cœcal, la salpingoovarite (forme pelvienne de l’appendicite), les coliques hépatiques et néphritiques c’est à peine si les auteurs signalent l'erreur possible avec la fièvre typhoïde.
Bien que le diagnostic de l’appendicite aiguë ou chronique soit actuellement assez aisé,ilne reste pas moins des cas où le clinicien hésite entre une fièvre typhoïde et une appendicite aiguë. C’est surtout lorsque les douleurs dans la fosse iliaque droite sont plus marquées que dans les cas habituels, qu’on se demande s'il ne s’agira pas d’une appendicite.
Il n'est pas exceptionnel du reste que le tissu lymphadénoïde de l’appendice soit partie prenante dans les lésions que suscitent le bacille Eyphique ou paralyphique. Aussi, n’est-1l pas indifférent de chercher encore des procédés de diagnostic différentiel entre les états typhoïdes et les appendicites aiguës. L'état du sang est à ce point de vue très instruc- Hif, mais ce n’est pas la question qui nous occupe dans cette thèse; ell a été traitée notamment par des élèves du professeur Sabrazès, MM. les docteurs Morat et Mathis.
Notre but dans le présent travail a été de rechercher à l’ins- Uigalion et sous la direction du professur Sabrazès si la Diazoréaction d'Ebrlich très fréquemment constatée dans les typhoïdes et paratyphoïdes existe où non dans les appendicites
algués.
1, Mora, Lhèse de Bordeaux, 19928,
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D'ailleurs, dans l'observation IT que j’extrais de la Semaine Médicale de M. Rendu, on verra qu'il s'agissait d’une erreur de diagnostic, erreur qui aboutit à faire opérer pour une appendicite alors que la malade avait une ityphoïde (fruste ainsi que l’a confirmé la nécropsie.
De pareilles erreurs, parfois inévitables malheureusement, sont douloureuses à déplorer, mais dont la publicationest nécessaire pour les signaler aux autres. Ayant observé ces confusions malencontreuses dans sa longue carrière, M. le professeur Sabrazès nous a inspiré de rechercher des cas analogues pour en faire notre sujet de thèse.
Mais comme tout diagnostic différentiel repose essentiellement sur l’étude comparative et raisonnée des signes cliniques des affections en présence, appuyée d’ailleurs sur les résultats de laboratoire, nous avons été tout d’abord conduit à nous demander dans quel cas et sous quelle forme la typhoïde et l’appendicite peuvent échanger chiniquement de masque ou s'associer intimement. Notre travail se divise donc en deux parties :
1. L'étude clinique succincte de l’appendicite et de la Lytyphoïde,
2. Le diagnostic différentiel laissant sciemment de côté Ics formes aiguës bien caractérisées, symptomatiques. Dans la première partie, nous passerons en revue les formes cliniques des fièvres typhoïdes pouvant simuler une appendicite. Dans le second, nous chercherons sur quelles bases 1l est permis d’étayer un diagnostic différentiel auquel nous joignons à l'appui nos examens cytologiques de laboratoire. Les observations qui suivent parleront en faveur de nos investigations cliniques.
Cependant, auparavant, qu'il nous soit permis d'exprimer publiquement notre sincère gratitude à M. le doyen et MM. les professeurs de la Faculté et des Hôpitaux de Bordeaux, qui ont généreusement contribué à notre formation médicale.
Nous sommes également {très sensible au grand honneur
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que M le professeur J. Sabrazès nous a fait en acceptant la présidence de cette thèse dont 1l est l’inspirateur.
Les quelques essais de la Diazo-réaction d'Ehrlich appliquée aux appendicites sont réalisés au laboratoire de pharmacie de l'Hôpital du Tondu où nous avons trouvé l’aimable accueil et la collaboration éclairée des deux internes tutélaires, Mlle Cornilliet et M. Kergonou.
Qu'ils soient tous sincèrement remerciés.
LS
CHAPITRET