MODALITES CLINIQUES DE L'APPENDICITE ET DE LA FIEVRE TYPHOIDE
Notre intention n'est pas, dans ce chapitre, de présenter un tableau complet de tous les ‘signes cliniques appartenant à la fièvre typhoïde ou à l’appendicite, ainsi que les formes variées que peuvent revêtir ces deux affections. Procéder ainsi serait prolonger sans intérêt cette étude, qui, d’après nous, doit nous fournir les principaux éléments de diagnostic différentiel que nous étudierons dans le chapitre suivant, plutôt qu'une étude symptomatique dans laquelle nous ne pourrions que répéter tout ce que nous avons appris dans les classiques. Bref, nous nous cantonnons exclusivement dans l’étude des formes anormales de la typhoïde qui peuvent simuler une appendicite.
En effet, une typhoïde régulière d’intensité moyenne, évoluant sans complication re présente que de lointaines ressemblances qui ne nous permettent pas de confondre avec une appendicite ; il existe par contre des formes anormales, et elles sont nombreuses, dans lesquelles toutes les hésitations sont permises. Tout d’abord rious devons citer les formes légères de la dothiénentérie, dans lesquelles la fièvre est modérée; les taches rosées peuvent être discrètes, quelquefois abondantes d’après certains cliniciens dans les pronostics graves. Le catarrhe bronchitique peut être nul, la céphalalgie peu intense. En raison de leur bénignité d’allure, on serait tenté de porter le diagnostic de Lyphoïdette reposant uniquement sur la douleur légère de la fosse iliaque droite accompagnée d’un
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peu de céphalalgie et d’une augmentation très peu marquée du volume de la rate. Il n’est pas rare de voir l’absence complète d’une diarrhée, que remplace une constipation. En outre, dans le typhus ambulalorius, bien souvent le malade vaque à ses occupations journalières, tant cette forme est légère. Dans d’autres typhoïdes atténuées, apyrectiques évoluant sans fracas, le séro-diagnostic et l’hémoculture permettent seuls d'affirmer la nature de la maladie. Tous ces cas peuvent simuler à l’occasion un début d’appendicite à forme larvée, laquelle se manifestant par une douleur modérée à la fosse 1liaque droite avec embarras gastrique, est loin cependant d’être exceptionnelle.
Nombre d’appendicites débutent par un syndrome d’entérocolle avec diarrhée persistante, ainsi que prouvent nos observations VIT et X. D'autre part, Brocal nous apprend qu'il existe des appendicites à évolution très lente et presque «<apyrectique, à début insidieux où les masses plastiques note- «bles et étendues, avec ballonnement considérable du ventre, «cachent facilement le foyer purulent ». Un pareil syndrome appendiculaire est de nature à nous induire en erreur possible avec une typhoïde très légère ! Bien plus, une typhoïde légère peut se compliquer brusquement d’une péritonite suraiguë par propagation ou par perforation, absolument comme une appendicite à début insidieux de Broca, on conçoit dès lors combien dans ce cas le diagnostic est rendu malaisé !
Si les formes légères de typhoïde nous préoccupent au premier plan, en raison de ses rapports communs avec certaine appendicite, avons-nous dit, néanmoins ne perdons pas de vue que les formes graves de typhoïde peuvent encore prêter à la confusion. Nous voulons parler des formes sévères, lesquelles, par lPintensité des signes nerveux ou hémorragiques
épousent la symplomalologie d’une méningite, d’une granu-