FORMES DONT LE DIAGNOSTIC À ÉTÉ POSÉ AVANT L'INTERVENTION
Il y a heureusement des cas assez nombreux où le diagnostic d’appendicite était fait avec celui de hernie et dictait d’emblée la double opération.
Ils se groupent en deux catégories : la forme épiplocèle ou appendicite chronique herniaire de Jacquemin et la forme à crises douloureuses intermittentes .
Dans le premier tableau clinique, ainsi que le dit Jacquemin, il s’agit de malades dont la hernie est de temps à autre le siège de petites crises douloureuses de quelques minutes. Elle est constamment sensible à la pression en un point nettement limité, ce dont les sujets se rendent compte à la réduction de leur hernie.
L'état général est le plus souvent atteint, pouvant créer des confusions avec une cholécystite : le faciès est subictérique, les malades se lèvent déjà fatigués, ont une lassitude marquée après le moindre effort, le caractère change, devient nerveux, irascible, la langue est saburrale, les digestions difficiles, notamment pour certains aliments, les embarras gastriques ne sont pas rares,
Don
Localement, la tumeur présente tous les caractères de l’entérocèle ou de l’épiplocèle, réductible ou irréductible. Mais Jacquemin insiste sur le fait que presque toujours en un point la sensibilité est très vive. Le faciés - traduit une sensation de souffrance et le malade fait un mouvement de défense Torsqu’on presse à ce niveau.
La hernie est volumineuse en général, car il s’agit dans la majorité des cas d’appendicite chronique en milieu herniaire ; l’appendice est accompagnée de ccœcum, dépiploon, d’anses intestinales grèles, mais dans les cas où la hernie est constituée par l’appendice seul, il n'existe qu’une nodosité à peine perceptible que l’on pourrait prendre pour des ganglions.
Les formes à crises douloureuses intermittentes cor- respondent à la forme d’appendice abdominale à répétition, communément appelée à récidives (mauvaise terminologie, ajoute Jacquemin, car elle suppose l’intégrité absolue de l’appendice entre les crises). __ Un malade fait une appendicite herniaire d’inten- sité variable qui spontanément se calme et guérit, on ne l’opère pas, mais au bout de semaines ou de mois survient une nouvelle crise appendiculaire. Un certain nombre peuvent ainsi se succéder à intervalles variables, mais, tandis que dans l’abdomen ces attaques conservent une bénignité relative et tendent rarement à une gravité progressivement croissante, il n’en est pas de même dans une hernie : il semble que celle-ci constitue pour l’appendice un foyer constant d’irritation qui augmente de plus en plus la violence des poussées aiguës. L’appendice enflammé peut même former pour l'intestin un agent d’étranglement absolu.
Assez souvent du reste, si l’on interroge le malade at-
teint d’appendicite herniaire sur son passé abdominal,
on notera des crises douloureuses qui ont tous les caractères d’une crise appendiculaire abdominale antérieure. L’appendicite abdominale a donc précédé dans ses manifestations cliniques l'appendicite herniaire.
OBSERVATION N° 33. — À ppendicite chronique hace
A. P.., 27 ans. Hernie inguinale droite par amaïigrisse-
ment (malade restée à Saint-Quentin pendant l’occupation
allemande). Tableau d’appendicite chronique. Opérée le
3-7-19. Incision de Mac Burney. Appendicectomie, enfouissement. Cure radicale des deux hernies. Guérison rapide.
OBSERVATION N° 34. — Appendicite chronique herniaire.
Enfant P. M, 12 ans. Manifestations appendiculaires très nettes. Hernie inguinale droite. Le point douloureux est juste au-dessus de l’arcade crurale. Incision de cure radicale de hernie. L’appendice est facilement trouvé par l’orifice du sac, il est très enflammé. Appendicectomie, enfouissement ; cure radicale de la hernie. Bassini, cordon derrière. Paroi au catgut. Guérison. Enfant revu souvent, santé parfaite.
OBSERVATION N° 35. — Appendicite chronique herniaire.
M. D.., 68 ans. Grosse hernie par glissement du cœcum, constamment douloureuse, avec parfois petites crises douloureuses de quelques minutes. Opéré le 21-4-23. Ether. Parois déficientes. Grosse hernie scrotale. Appendice et cœcum sujets d’inflammation chronique. Appendicectomie par dissociation, enfouissement, cure radicale de la hernie. Guérison. Suivi régulièrement, mort huit ans après, sans avoir jamais été revu pour hernie ou appendicite.
OBSERVATION N° 36. — Appendicite chronique herniaire.
Enfant L. N.., 13 ans. Opéré le 5-8-26 pour appendicite chronique, hernie inguinale double et petite hernie de la ligne blanche. Chloroforme. Appendicectomie à travers le sac : l’appendice est légèrement enfilammé et adhérent. Enfouissement. Cure radicale des hernies. Parois au catgut. Va très bien.