‹ L'appendicite, son traitement [microforme]Chapitre 15 sur 28 · LE LITE · texte numérisé non relu

LE LITE

s'inscrire en faux contre ces théories qui ont jeté le plus grand désarroi dans le publie comme dans le corps médical, et qui ont provoqué de nom-

breuses interventions précoces. Récemment, M, Gaudin, dans la Presse

Médicale, rappelait que son maître et ami, le chirurgien Roux (de Lausanne) n'intervient qu'exceptionnellement pendant Ja phase

aiguë de l'appendicite; la majorité des médecins franc

ais paraît avoir adopté également le parti de l’expectation “

armée ”, et attend pour intervenir, le refroidissement de l'appendicite. C'est donc au médecin qu'échoit le premier rôle dans la première phase du traitement ; c'est à lui qu'incombe la tâche de préparer le malade à subir, dans les conditions les plus favorables, la cure radicale, après refroidissement ; encore faut-il

A applique à la lettre le traitement que l'expérience à consacré,

Ou bien les symptômes sont peu bruyants, la fièvre, la douleur, le péritonisme sont médiocres; ou bien, au contraire, l’appendicite éclate avec grand fracas, au milieu d'un cortège de svmptômes cffrayants pour l’entourage ct pour le médecin lui-même. Pour peu cependant que l’on con- <erve du sang-froid et que l'on agisse de suite, on verra dans l'immense inajorité des cas, après un court délai de vingt-quatre à trente-six heures, ces sYmptômes perdre de leur acuité.

Les résultats du traitement médical ne sont indiseutables que chez les malades traités dès le début, c’est-à-dire dès les premières heures qui suivent l'apparition des douleurs, des vomissements, etc., chez ceux qui ont échappé aux purgations ou autres médications intempestives. Nous supvoserons donc que l'on est appelé à traiter un malade se présentant dans ces conditions favorables, c'est-à-dire dès le début, et vierge de tout traitement.

Il faut, avant tout, immobiliser le patient, à qui, d'ailleurs, la douleur interdit tout mouvement, à qui l'application de la glace enlèvera toute velléité de bouger. IL est utile de retirer le traversin, les creillers, pour prévenir l'anémie cérébrale, conséquence de la diète absolue à laquelle va être soumis le malade,

L'application de la glace doit être faite immédiatement. Si les compresses humides chaudes calment assez bien la douleur, seule la glace est réellement utile en paralysant les anses intestinales, et par suite en faci-

litant la réaction défensive, c'est-à-dire Ja production des adhérences.

Done aux applications chaudes préconisées par Renvers, Sonnenburg,

cte., il faut préférer celles de glace qui sont, d’ailleurs, couramment em-

ployées en France. Le médecin doit appliquer la vessie de glace lui-

ème ; sinon il a de grandes chances pour que l'application soit mal faite ct, par suite, ne produi:e pas les effets que l'on doit en attendre, Dans

beaucoup de cas, en effet, on constate, en découvrant 1, malade, qù

vessie de dimensions microscopiques est appliquée plus 6x imoins exacu… ment au point de Mac Burne,, qu'elle affleure à peine, Il faut une vessie de larzes dimensions, susceptible de recouvrir toute la surface du ventre, reposant sur lui de tout son poids, Cette application est fort hien tolérée, à la condition que la vessie ne soit Pas entièrement ren.plie de glace ni de fragments trop volumineux. 11 va sans dire que l'on oubliera pas ‘d'interposer entre la peau et la vessie soit un linge, soit vn morceau de flanelle plié en double et humide. Faute de prendre cette

précaution, on déterminerait dus gelu: . suse ptbles d'aller jusqu'à P

i eScarre. Rappelons incidemment que L'application prolongée de glace peut déterminer une infiltration de la peau, qui devient dure et douloureuse ” superficieliemem , et qu'un médecin non prévenu pourrait prendre cette infiltration pour le signe d'une collection purulente prête à s'abcéder. Si l'on déprime profondément Ja peau, on constate, dans ce cas, que la pression cesse d'être douloureuse; d'ailleurs, vient-on à supprimer la glace, l'infitration de Ja peut disparaît rapidement. La vessie de £lace est habituellement “uspendue à un cerceau de fer, d'acier ou de bois. Ce cerceau es, ntile parce qu'il empêche la vessie de se déplacer, mais il ne faut pas, nous le répétons, que la vessie affleure simplement la paroi abdominale; elle doit la recouvrir de tout son poids,

La diète est, avec l'immobilisation. l'application de gl un des élé-

ments essentiels du traitement. 1 PE &t combler inutile de Pricer @ que l'on entend par ce mot QUI ne prète à aucune interprétation ambi- £uë: cependant, combien peu de praticiens encore font observer cette diète dans toute sa rigueur! Les uns Pétmettent au malade de prendre dès le début queljues gorgées de lait. confondant diète avec régime lacté; les autres, plus rigoureux, institnent ia diète avdrique, En réalité, il ne faut donner ni une goutte de lait, ni une goutte d'eau pendant les premières quarante-huit heures : l'immobilisation absolue £e l'intestin ne peut être obtenue qu'à ce prix. Pour atténuer les souffrances du patient qui crie la soif, on humectera fréquemment la langue ct les lèvres avec des tampons imbibés d'eau de Vichy; nous ne conseillons inûme pas d'imiter la pratique de Roux. qui fait administrer de Microscopiques lave-

ments à garder,

Doit-on administrer de l'opium, dont l'emploi répond à la double indication d’immobiliser l'intestin et de calmer la douleur? Sur ce point il ÿ a désaccord. Les uns prescrivent systématiquement l'extrait thébaïque; d’autres s’en abstiennent, alléguant qu'à fortes doses surtout, ve médicament amène une détente trompeuse et peut masquer la gravité réelle de l'affection.

A notre avis, dans les cas légers et de moyenne intensité, qui constituent la majorité, l'emploi des opiacés est inutile, car l'application de glace immobilise l'intestin et calme rapidement les douleurs; toutefois, chez les malades nerveux, il peut ctre utile de supprimer la souffrance, et rien ne vaut, à cet égard, l'injection de morphine. On pourra répéter ces injections deux ou trois fois pendant les deux premiers jours ; ensuite on les supprimera.

En somme, l'opium et surtout la morphine sont utiles à tout début ; leur usage prolongé ou à doses excessives seul est nuisible. La première injection pourra être d'un 14 grain seulement, dose souvent suffisante pour calmer Ja douleur et l'agitation. En cas d'échee, on ferait, quelques heures plus tard, une injection d’un 1, grain. Pour l'extrait thébaïque il suffit le plus souvent d'administrer 1 grain. Chez les tous Jeunes enfants on peut utiliser l'élixir parégorique, si facile à manier, en se rappelant que X gouttes de cet élexir équivalent à 1 milligrammne d'extrait, et que l’on peut administrer X gouttes et d'avantage par année, en prenant la précaution de fractionner les doses.

Si l'emploi de l’opium est discutable, par contre, nous devons r commander sans réserve celui ‘tes injections de sérum Physiologique -olution saline stérilisée à 7,50 pour 1.000). Il est à peine besoin de rappeler que le sérum combat puissamment la toxi-infection, que d'autre part il permet, par son action tonique, de prolonger la diète hydrique, jusqu'au moment où l'alimentation peut être reprise. Bien que les avantages du sérum soient évidents, trop souvent encore les praticiens, surtout ceux qui exercent à la campagne, se privent de ce précieux auxiliaire,

La dose moyenne à injecter est de 500 grammes (une chopine) par jour pour un adulte, en une ou deux fois, au moins pendant les deux premiers jours. Le lieu d’élection pour l'injection est la peau de l’ahdomen, dans les parties supérieures et latérales, au-dessous des fausses

côtes. C’est en ces points que l'injection est la moins douloureuse et la

moins génante pour les malades. Trop souvent encore on pratique l'injection à la partie supérieure de la cuisse. Ce qui est l'occasion de douleurs persistantes. L’injection est également douloureuse quand on la pratique sur les parties latérales du thorax, car le tissu cellulaire souscutané se laisse difficilement distendre en ce point.

Un jet de chlorure d'éthyle supprimera la douleur due à la piqûre ; des applications de compresses où de tampons de coton hydrophile imbibés d'eau très chaude supprimeront la douleur consécutive, due à la dis-

tention du tissu cellulaire, à Ja compression des petits filets cutanés.

Voilà ce qu'il faut faire tout au début de l'appendicite:; il est non moins important de rappeler ce qu'il ne faut pas faire.

IL EST ESSENTIEL DE N'ADMINISTRER NI PURGATIFS, NI LAVEMENTS ; n'est-il pas évident qu'en suscitant les contractions de l'intestin, on peut rompre dans le péritoine le contenu de l'appendice, et, pour 1 moins, empêcher la formation des adhérences qui localisent la péritonite ?

IT EST IMPORTANT EGALEMENT DE S'ABSTENIR D'AP- PLIQUER SUR LE VENTRE DES POM MADES PLUS OU MOINS MERCURIELLES ET BELLADONEES, DES SANGSUES, DES VESICATOIRES : ces moxens sont tous inutiles, presque tous nuisibles. D'ailleurs, il convient de laisser nette la région cutanée correspondant à

l'appendice, pour le cas où l'intervention précoce deviendrait nécessaire,

Le traitement qui vient d’être indiqué à été appliqué dans toute sa risueur, dès les premières heures; que convient-il de faire par la suite ?

L'alimentation doit être minutieusement réglée : pendant les deux premiers jours la diète doit être absolue; les jours suivant on autorise l'ingestion d'eau (eau filtrée), d'un peu de thé, de grog: une chopine,

Habituclle-

puis une pinte de liquide par jour, par doses frastionnie ment la fièvre tombe le troisième ou le quatrième jour et l'on peut alors

autoriser le lait, par petites tasses de 120 grammes prises toutes les trois

sq

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