‹ L'appendicite, son traitement [microforme]Chapitre 8 sur 28 · PAT · texte numérisé non relu

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PATHOGENIE.

Infection des parois de l’appendice et folliculite, ulcération infectieuse et gangrène avec perforation des parois : telles sont les lésions dont 11 faut expliquer la génèse.

La muqueuse intestinale est un téguinent analogue à la peau. Si l'épiderme est exposé aux traumatismes et aux infections extérieures, l'épithélium intestinal est soumis aux injures des substances ingérées. Les aliments peuvent contenir des corps étrangers avec des angles ou des arêtes piquantes, et l’épithélium peut subir des traumatismes véritables, ouvrant la porte à toutes les infections. De plus certaines maladies générales peuvent amener des ulcérations de la muqueuse gastro-intestimale, tont comine les infections scarlatineuses, rubéoliques, ete., peuvent donner des desquamations de lépiderme.

Est-on surpris de voir une lymphangite et une adénorathie, un phlegmon et un abcès, succéder à une lésion superficielle de la peau des doigts ou des organes génitaux ? Pourquoi être étonné de rencontrer des suppurations autour du cæcum et de son appendice. Si ces accidents ne se produisent pas plus souvent cela tient probablement à une fonction physiologique äe protection très active d.volue à l’épithélium de la muqueuse digestive ou à la richesse phagocytaire de la région, ou à ces deux éléments réunis Que cette fonction de protection vienne à être entravée, Pour une raison quelconque à préciser, la barrière épithéliale sera franchie et le processus infectieux attaquera l’épaisseur des parois à découvert Etudier la pathogénie de l’appendicite c’est rechercher quelques cenditions qui peuvent favoriser l’infection de la muqueuse, en paralysant Peur ainsi dire, la fonction physiologique qui protège, à l’état normal, les parois du tube digestif contre l’enrahissement microbien. La question ainsi posée s’éclaire : elle prend un caractère de généralité qui s’applique à toute la longueur de la portion sous-diaphragmatique du tube

digestif. L’appendice n'apparaît plus comme un organe mystérieux au

niveau duquel la pathologie prend des allures spéciales. 11 faut donc considérer la région appendiculaire comme une des plus exposées À l’infection en raison de sa disposition anatomique; mais cette région n'échappe en rien à la loi commune qui régie la pathologie générale des voies digestives.

Quatre régions du segment sous-diaphragmatique du tube digestif sont des sièges d'élection : l'estomac, le duodédum, le eæcum et son appendice, lampoule rectale. 11 faut citer en plus les angles que fait le côlon transverse en se continuant avec le côlon ascendant et le côlon descendant, et enfin l’anse oméga. Toutes ces régions ont des traits communs au point de vue anatomo-physiologique. Ce sont des points d'arrêt pour les aliments ou les matières ; l'estomac, le cæcum, l'ampoule rectale sont des organes où séjourne la magna digestif; les angles du côlon, l'S iliaque, le duodénum sont des défilés coudés ou sinueux ou la circulation des matières est relativement gênée. Aussi c'est presque exclusivement à ces divers segments que se localisent les infections des parois digestives. L’estomac et le duodénum ont leurs ulcères ronds, la côlite des angles du cêlon et de VS iliaque est bien connue, les abcès de la région ano-rectale sont excessivement fréquents. Pourquoi le cæcum et l'appendice échapperaient-ils à cette loi, commune à tous les segments où les mati ; sont destinées à séjourner, ou sont gênées dans leur circulation. Et quoi de surprenant à ce que l’appendice soit le plus souvent atteint puisque son anatomie en fait un diverticule fermé, puisque sa structure en fait un organe particulièrement riche en follicules clos. On peut avoir sur toute l'étendue des parois digestives des lésions infectieuses locales ; mais ces lésions s'observent surtout dans des lieux d'élection que l’anatomie et la physiologie désignent tout naturellement ; ces sièges d'élection sont les organes ou les matières alimentaires séjournent plus où moins et sont génées dans leur circulation: c'est la région ano-rectale, c’est l'estomac et le duodénum, c’est enfin, et surtout, le cæcum et son appendice,

On doit donc diviser au point de vue pathologique les causes de l’appendicite en: (a) causes prédisposantes. (h) causes déterminantes.

(a) CAUSES PRÉDISPOSANTES.

C2 sont toutes les causes, qui localement peuvent entraver la libre circulation des liquides appendiculaires,

(a) Causes prédisposantes locales : corps étrangers déjà décrita

(b) Difformités congénitates ou acquises. Adhérences qui peuvent retenir l’appendice dans une position vicieuse et le mettre dans une position telle que la vidange normale de la cavité appendiculaire est plus ou moins entravée.

Torsion brusque de l'appendice,

Cicatrisation d’une ulcération tuberc uleuse ou typhique qui rétré it l'orifice de l’appendice.

(b)CAUSES PRÉDISPOSANTES GÉNÉRALES.

Toutes les affection capables de modifier, par des lésions qu'elles produisent, l'anatomie ou la physiologie de l’appendice. Elles peuvent se diviser en trois classes: (a) Maladies diathésiques. Au premier rang en doit placer l'arthritisme, l'obésité, la lithiase biliaire, la goutte, te diabète, les lithiases rénales et appendiculaires. (b) Maladies infectieuses.

Les unes agissent par des manifestations locales qui mettent l’appezdice dans un état de moindre résistance et s'opposent à sa libre évacua- “on; les autres portent leur action nocive sur les amas de tissus lymæphoide de la muqueuse appendiculaire absolument comme sur les folieules elos d'autres organes, les amygdales par exemple.

Pour les premières qui agissent indirectement, il faut citer : la fièvre yphoïde, la tuberculose et toutes les ulcérations infectieuses banales Pour les sscondes, l'action est absolument directe. Depuis que l’on « attiré l'attention sur ces appendicites survenant ‘rs des maladies infectieuses, les observations se sont multipliées: appendicite succédant à la rougeole, à la coqueluche, à la scarlatine, au rhumatisme articulaire sigu, à la diphtérie, à la grippe, à la fièvre typhoïde, à la varicelle, “Plus J'étudie l’appendicite, écrit Jalaguier, et plus j'ai tendance à la considérer, dans certains cas, tout au moins, comme une manifestation locale d'une infection générale: ceux qui ont comparé l’appendicite à l’amygdalite, ne sont pas éloignés de la vérité.” D'après Guinard il est vrai-

semblable que toutes ere maladi

infe‘tieuses ne s'accompagnent des

accidents péritonéaux de l'appendicite, que si le sujet est prédisposé par ane des causes mécaniques étudiées plus haut. Cela explique comment fant de rougeoles, tant de varicelles, tant d’oreillons, tant de maladies

infectieuses en un mot guériseent sans localisation cæcales, dues, en pareil cas, à une prédisposition telle que la présence d’un calcul ou boulette fécale, par exemple.

Les expériences de Beaussenat montrent que la follicule infectieuse, qui est le début de toutes les appendicites peut être pro use par la voie sanguine à condition expresse que les parois de cet organe soient en état de moindre résistance.

Chez les sujets prédisposés on peut voir survenir des crises d'appendicites sous l'influence de causes très diverses.

(c) Maladies propagées d’un organe voisin.

Au premier rang de ces organes il faut placer l'intestin.

L’entérite, la typhilite, la côlite, de quelque nature qu':ile soit, mais surtout la variété muco-membraneuse, sont les maladies de l'intestin que l'on doit surtout incriminer.

Après l'intestin il faut mentionner les organes génitaux de la femme. Ici l'infection se fait par contiguité une infection salpingienne se complique souvent d’appendicite, un simple curettage de l'utérus peut être la cause déterminante d’une attaque d’appendicite.

En somme toute appendicite débute par une foilicule infertiense ei la Pathogénie de cette infection est complere; elle est due à la localisation sur l’appendice d’une maladie générale; cette localisation a une prédisposition, variable dans sa nature, mais qui a dans tous les cas pour effet de troubler le fonctionnement physiologique de l’appendice.

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