‹ L'Application de la Législation sur l'Enfance Coupable par le Tribunal de BordeauxChapitre 32 sur 50 · A AU · texte numérisé non relu

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apprennent ainsi leur futur métier d’éducatrices de façon très pratique. Mais le rôle le plus important est rempli par les surveillantes qui, elles, sont mêlées à la vie journalière de l'enfant. Ce sont le plus souvent d’anciennes pensionnaires qui n’ont pas voulu quitter la maison et dont les services sont extrêmement précieux. La règle de la maison interdit cependant une trop grande familiarité aveg les surveillantes : le même respect, du reste, est exigé à tous les degrés : religieuses, novices ou surveillantes. Toutes confidences sont très strictement interdites ; seule la Supérieure peut les recevoir. La règle insiste sur la distance qui doit toujours exister entre la pupille et le personnel de surveillance et de direction.

Ces pupilles, que deviennent-elles ? C’est toujours la question qui se pose à la fin de l’enquête sur chaque établissement de ce genre. La réponse se rapprochera beaucoup de celle que nous avons faite à propos de la Solitude de Nazareth. La plupart des enfants sont reprises par leur famille et souvent, hélas ! le milieu ambiant émousse une volonté que quelques années d’éloignement m’avaient pas suffisamment affermie. Beaucoup cependant restent fidèles à leur ancienne maison. Si quelques-unes ne donnent plus de leurs nouvelles, c’est pour ne pas faire connaître, autour d'elles, qu’elles ont été pensionnaires dans un établissement de rééducation et pour ne pas laisser émettre sur leur eompte toutes sortes de suppositions. C’est le seul cas, croyons-nous, d’oubli des bienfaits qui soit méritoire, car il démontre mieux que tout autre fait que l’œuvre de relèvement s’est accomplie. Quelques-unes enfin, ainsi que nous l'avons vu, demandent de plein gré à rester dans cette maison où elles ont été traînées de force. Le cas nous a été signalé récemment d’une jeune fille que sa mère vint chercher à l'expiration de sa peine. Revenue chez elle à Mérignac, elle tomba dans un tel milieu, une promiscuité telle, qu’elle s'enfuit en pleine nuit chez des voisins et que dès le lendemain elle sonnait à la porte de la Miséricorde. La

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direction fut très embarrassée, maïs après échange de lettres et demandes d’autorisation au parquet du Procureur de la République, elle fut autorisée à garder et garde encore cette jeune fille de 18 ans, profitant du silence des parents, car cette situation n’est pas légalement régulière.

La maison est en rapports très étroits avec le bureau des servantes de la rue Poquelin-Molière, ce qui facilite beaucoup le placement de pupilles que la famille a totalement abandonnées.

Ainsi que nous le voyons, Œuvre forme bien un tout puisque sa sollicitude s'étend, comme il se doit, à l’enfant qui va la quitter.

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