‹ L'Application de la Législation sur l'Enfance Coupable par le Tribunal de BordeauxChapitre 37 sur 50 · NE A · texte numérisé non relu

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mis au jugement de la sous-directrice. C’est sur leur proposition que les pupilles sont punies, mais le droit de punir n'appartient qu’au chef de l’établissement.

Sous-section VI. — Le recrutement du personnel

Il est très intéressant de connaître l’origine du personnel de ces établissements de rééducation et de celui de Cadillac, en particulier. Le principe consacré par le décret de 1907 est celui de l’uniformité du recrutement et d’un personnel interchangeable pour l’ensemble des établissements pénitentiaires. Il en résulte que les maïsons de rééducation sont purement et simplement assimiliées aux établissements pour adultes.

L’accession aux postes supérieurs est faite par voie d'avancement parmi les institutrices et monitrices. Ces dernières sont recrutées par voie de concours et doivent être titulaires d’un brevet élémentaire.

La récente circulaire de M. le Garde des Sceaux, en date du 31 octobre 1934, a beaucoup insisté sur ce point « l’importance du rôle des instituteurs ne saurait vous échapper ».

« Chargés de l’éducation scolaire et du redressement moral des pupilles, ils sont, avec vous, mieux à même que quiconque, de faire naître et de développer, par l’exemple et par la leçon, le sentiment du devoir, celui de la discipline et celui du travail chez des jeunes gens, difficiles sans doute, mais susceptibles pour la plupart d’être amendés.

» Je vous prie de leur demander, notamment, en dehors des heures de travail scolaire, de les observer, de leur parler et d’arriver à les bien connaître. C’est en étudiant chaque cas particulier, en se rendant compte du caractère, des qualités et des défauts de chacun, en développant les unes et en réformant les autres qu’on peut seulement faire œuvre utile. » |

Nous avons pu voir un rapport de l'Inspection générale où l’on regrettait la disparition de l’école pénitentiaire qui permettait un examen très serré des aptitudes du candidat et surtout imposait des méthodes éprouvées, alors que le nouvel éducateur est laissé à ses initiatives ou, ce qui est parfois pire, à la routine des anciens.

Pour remédier à l’unité du recrutement, des circulaires et notamment celles du 3 mars 1902 et du 25 août 1905 ont recommandé une certaine sélection dans le personnel de garde affecté aux établissements de jeunes détenus.

Ces prescriptions ont été observées à Cadillac dont le personnel présente les états de service suivants : le directeur, récemment mis à la retraite, avait passé dix ans chez les adultes et vingt-neuf ans chez les mineurs. La sous: directrice, la dame comptable et une institutrice ont accompli l'intégralité de leurs services dans les écoles de préservation ; la seconde institutrice est en fonction depuis 22 ans, tout entiers passés dans les maisons réservées aux jeunes filles.

On voit que l'établissement possède un personnel bien spécialisé, mais les défauts de l’unité de recrutement $e retrouvent un jour ou l’autre au hasard d’un avancement.

Sous-section V. — Les services indépendants.

Un médecin est spécialement attaché à l’établissement. Le voisinage de l’Asile et de ses spécialistes psychiatres est mis à profit pour l'examen des pupilles. Nous étudierons ces consultations dans la section consacrée aux mineures elles-mêmes et nous nous contenterons ici d'examiner le rôle normal du médecin tel qu’il est imposé par le règlement. Il doit visiter, une fois par jour, les malades alités, il examine les pupilles à leur arrivée à l'établissement, consigne sur un bulletin spécial les observations que lui suggère la santé du nouvel arrivant ; il prend les mensu-

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rations permettant de dire si le développement a été normal.

En cas d’opérations, d’hospitalisations, la proximité relative de Bordeaux permet une promipte intervention dans toutes les spécialités.

Signalons, cependant, qu’au point de vue des soins à donner aux tuberculeux, l'établissement pourrait se suffire depuis près de deux ans. Il est regrettable que cette installation remarquable à tout point de vue, soit à peu près inutilisée.

Le médecin s'assure, en outre, de la salubrité des locaux; il inspecte les lieux de punitions, les dortoirs, les ateliers, son contrôle va jusqu’à pouvoir faire lever les. punitions pour raison de santé et à vérifier les aliments livrés par les fournisseurs.

Le service des cultes est assuré suivant les prescriptions de Particle 2 de la loi de 1905. Un aumônier, qui remplit les mêmes fonctions à l'asile d’aliénés, est chargé du service religieux. Toutes les pupilles suivent les exercices du culte catholique, sauf celles qui ont exprimé une volonté contraire, ou dont la famille s’y oppose. Une messe est dite et les vêpres sont chantées le dimanche dans la chapelle de l’établissement ; en semaine, l’enfant qui manifeste le désir de faire sa première communion peut consacrer quelques heures à l'instruction religieuse, mais, pour reprendre une phrase du rapport annuel du directeur : « Aucun prosélytisme n’est pratiqué dans la population, chaque élève reste sur ce point entièrement libre. »

Sous-section VI. — Le conseil de surveillance.

Son organisation est imposée dans chaque établissement de rééducation par la loi de 1850. Il est composé de personnalités officielles : le préfet de la Gironde, un juge délégué du Tribunal civil, deux membres du Conseil général,

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enfin une personne résidant sur place désignée par Île préfet. En fait, le Conseil s’en remet à la Direction pour le fonctionnement de l'établissement ; des visites sont faites régulièrement, toujours d’après la même loi, par le substi- -tut du Procureur de la République qui est plus spécialement chargé des mineurs au Parquet de Bordeaux.

Ce sont là des visites officielles qui feront l’objet de rapports. Mais, en dehors d’elles, la maison est souvent visitée par des personnalités du Barreau et de la Magistrature à titre de documentation.

SECTION III

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