SECTION II LES SERVICES PÉNITENTIAIRES
Sous-section I. — Le service central.
Le directeur. — À la tête de l’établissement est placé un directeur qui en assure l'administration. Il relève directe-
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ment du ministère de la Justice (services pénitentiaires) auquel il rend compte annuellement de ses actes dans un rapport très détaillé.
Tous les fonctionnaires de l’établissement lui sont étroitement subordonnés : il peut demander au ministre de la Justice de prendre contre eux les mesures disciplinaires qu’il juge nécessaires.
Au point de vue de l’organisation intérieure, il assure l'exécution des adjudications, des marchés de gré à gré, contrôle mensuellement la caisse du comptable, et vérifie une fois l’an les magasins, il prépare le budget, décide des réparations à faire effectuer et, pour cela, fait dresser des devis qui devront être approuvés par l'Administration centrale. C’est lui enfin qui reçoit les instructions ministérielles et qui assure l'exécution des règlements. Outre le rapport d'ensemble qui est rédigé chaque année avant le 31 janvier, il rend compte à la Direction de l’Administration pénitentiaire, par un rapport hebdomadaire, de la marche des services de l’établissement.
Cependant, tout incident grave doit être signalé immédiatement dans un rapport spécial.
Telle est l’œuvre administrative qu’il doit accomplir. Mais, parallèlement, il est une œuvre plus délicate, la principale cependant, qui lui est imposée par les règlements : « Il surveille la conduite des pupilles et doit s’attacher tout spécialement à suivre leur réformation morale et leur éducation professionnelle. Il correspond avec les parents et les reçoit lorsqu'ils viennent voir leurs enfants à l’établissement. I] s’entretient individuellement avec chaque pupille aussi souvent que possible, de façon à bien connaître le caractère de chacune et à s’en inspirer dans ses conseils. Il saisit l’occasion des incidents journaliers pour en faire l’objet de causeries morales et instructives. » Règlement du 10 avril 1930, actuellement en vigueur. À travers ces lignes d’une sécheresse toute administrative, on discerne la variété et la multiplicité de la tâche que l’on exige d’un
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directeur : œuvre à la fois de surveillance, de rééducation, d’apostolat, le mot n’est pas trop fort, et d'administration pure. Une seule personne ne saurait y suffire.
Sous-directrice. — Une sous-directrice a été appelée en conséquence à seconder le directeur dans sa tâche. Celle-ci vivra beaucoup plus la vie des pupilles ; toujours en contact avec elles, elle pourra mieux assurer lexécution des ordres du chef. Elle a la direction de l’enseignement et propose au directeur la répartition des pupilles dans les ateliers ou dans les chantiers. Elle a le contrôle immédiat de tous les agents, de nuit comme de jour, la surveillance de la correspondance, travail très considérable depuis la circulaire de M. le Garde des Sceaux, du 31 octobre 1934.
Il est une question qu’il y a lieu de soulever ici puisqu’elle a déjà été soulevée à la Société générale des prisons. Celle de la présence d’un directeur homme dans une école de préservation de jeunes filles. Nous y répondrons de la même façon que M. Félix Voisin, conseiller à la Cour de cassation. « La présence d’un directeur est nécessaire. Elle pourra susciter dans le public d’odieuses calomnies, ce qui est d’ailleurs arrivé pour Cadillac (articles de la revue Détective), maïs il faut, au-dessus du cadre féminin, une personnalité ayant suffisamment d’autorité, dont le prestige ne soit pas émoussé par une présence permanente, pour jouer le rôle imposant du dieu qui punit et qui récompense en toute sérénité et en toute impartialité. »
Sous-section II. — Les services administratifs.
Deux personnes étaient, autrefois, chargées de fonctions purement administratives : l’économe et une dame comptable préposée au Greffe.
L’économe assure les services normaux de sa fonction, services qui ne diffèrent en rien de ceux assurés dans un établissement quelconque d’Etat : tenue de livres, compta-
bilité-matières, etc. Ce poste a été supprimé par les décretsdois Doumergue, et les attributions de l’économe incombent maintenant à la sous-directrice, dont la tâche est aussi compliquée et diverse que celle du directeur.
La dame comptable est chargée de tenir les écritures relatives à la Caisse de l’établissement et àla comptabilité du pécule. Elle s'occupe, en outre, des fonds de la Caisse de patronage de l’établissement. Ses registres consacrés au péculé de la pupille sont particulièrement intéressants à examiner, nous les retrouverons dans notre étude des récompenses.
Sous-section 111. — Le personnel éducateur.
Deux institutrices, avec la sous-directrice qui est également chargée d’une section, assurent l’enseignement. C’est une fonction très délicate et qui devrait être réservée à des sujets d'élite. Les élèves sont de niveau très différent, et il ne faut chercher, mis à part quelques sujets exceptionnels, à leur inculquer que des notions élémentaires de calcul, de langue française, de morale. Aux termes du règlement du 10 avril 1930, les institutrices doivent tenir à jour un bulletin de statistique morale, et soumettre leurs observations au sous-directeur. Elles ont un cahier de roulement où les élèves font tour à tour un devoir, un carnet d’appel, un carnet de notes attribuées aux élèves de leur section ; enfin un carnet de préparation de classe où elles consignent l’objet de la leçon et le texte du devoir. Ce carnet, qui est soumis au visa hebdomadaire de la sous-directrice et au visa mensuel du directeur, est présenté à l’inspecteur primaire, Cadillac étant sous le contrôle de l'Inspection primaire de Langon. À ce travail d’instruction, s’ajoute un travail d'éducation assuré ainsi : « En dehors des heures de classes, les institutrices font des conférences, des causeries, elles doivent suivre sur le chantier, à l’atelier et pendant les récréations, lés élèves qui leur sont confiées. »
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Si l’on ajoute à cela qu’elles doivent collaborer aux écritures administratives, nous constaterons, une fois de plus, la diversité du rôle qui leur est imposé, sans nous permettre d’insister sur l'impossibilité quasi-totale ou elles sont placées d’assurer correctement chaque attribution de leur fonction. Mais c’est là le rôle d’un inspecteur général.
Sous-section IV. — Le personnel de surveillance.
Il comprend une première maîtresse, une maîtresse, une surveillante greffière et quinze monitrices.
Ce personnel portait, autrefois, le nom de surveillantes, mais, avec le même souci de terminologie qui avait fait transformer lle nom de maison de correction en celui de maison d'éducation surveillée, les noms de maîtresses et monitrices ont été substitués à celui de surveillantes, depuis le décret du 31 décembre 1927. La première maîtresse remplit approximativement le rôle d’un surveillant général dans un lycée. Elle a, dans ses attributions, la discipline généraile de l’établissement et, sous ses ordres, les monitrices. Elle règle le détail des services, notamment le nombre et l'heure des rondes de nuit. Elle établit, pour le directeur, un rapport journalier de l’activité de la maison.
Elle est secondée dans son rôle par la maîtresse, laquelle, à son tour, a autorité sur les monitrices. Celles-ci ont le rôle le plus important et le plus difficile dans la rééducation des pupilles. En contact quasi-constant avec elles, elles connaissent leurs défauts, leurs qualités mieux que personne. Elles seules peuvent se rendre compte des progrès accomplis et des mesures à prendre. C’est par leur intervention continuelle dans les travaux, dans les jeux. dans les conversations que se marquera leur influence. Pour reprendre la lettre même du règlement, elles doivent être les < véritables » éducatrices. Toutefois, elles ne peuvent prendre d'initiative et chaque cas particulier doit être sou: