‹ L'Application de la Loi du 14 Mars 1904 sur les Bureaux de PlacementChapitre 14 sur 24 · B. SYNDICATS PROFESSIONNELS · texte numérisé non relu

B. SYNDICATS PROFESSIONNELS

En vertu de l'alinéa 5 de l'article 6 de la loi du 21 mars 1884, sur les syndicats professionnels, ceux-c1 peuvent « librement créer et administrer des offices « de renseignements pour les offres et les demandes de « travail ».

Ce sont eux qui ont mené le meilleur combat contre les bureaux de placement payants. Ne se sentait pas encore,sans doute,en mesure de les faire disparaitre par le seul jeu de la concurrence, ils ont demande contre eux des mesures législatives, mais n'ont obtenu qu'une satisfaction relative.

[. — Les syndicats patronaux comme les syndicats ouvriers se Jlivraient au placement en 190%. Mais une faible partie des premiers (137 sur 2.197 soit 5,4 0/0) s'occupail de placement en 1899. En 1905, 204 syndicals patronaux et 7 unions de syndicats avaient un service organisé (1).

Sur 49 organisalions patronales qui ont répondu aux questions de l'Office du Travail, 20 déclarent n'avoir pas placé chacune plus de 10 ouvriers en aucun mois de l'année. Mais les syndicats parisiens des épiciers,

en délail, de lépicerie française, de la boulangerie,

(1) Bulletin Office du travail, mars 1904. Annuaire des syndicats.

LE PLACEMENT GRATUIT 89 accusent plusieurs milliers de placements. Les syndicats des meuniers de Paris, de la quincaillerie, des beurres et œufs, des débitants de vin, des pharmaciens, l'office des travailleurs de Tours (Union patronale), accusent aussi des résultats importants.

Il. — Les syndicats ouvriers se livrent davantage au placement, du moins la proportion de syndicats ouvriers qui s'occupent de cette question capitale pour leurs adhérents est supérieure à celle de syndicats patronaux qui s'y emploient aussi. Cette proportion était de 11 0/0 en 1891, — de 19 0/0 en 1898, — en 1899, 653 syndicats sur 2.685 s'occupaient de placement, soit 24 pour 100. Au 1% janvier 1903, 1.017 syndicats ouvriers et 73 unions de syndicats avaient leur service de placement. Bien qu'il soit certain que le nombre des placements soit en progression, on n'est guère en mesure d'apprécier la situation-exacte. L'Office du Travail se plaint que ses questionnaires mensuels soient laissés sans réponse. La moyenne des placements de 1894 à 1897, sur 129 syndicats, élait de 35.873 à demeure et 13.893 en extra, correspondant à 45.000 demandes el 46.000 offres d'emplois.

L'enquête de 1902 donne sur l’activité des syndicats des renseignements intéressants, par professions. Ce sont les syndicats de l'alimentation, à Paris, et en pro-

- vince, les syndicats de l'industrie du livre, des temtu-

86 CHAPITRE I riers-dégraisseurs, des casquettiers, des comptables, des coiffeurs, et aussi des gens de maison, qui accusent

les meilleurs résultats.

IT. — Les syndicats mixtes s'occupent aussi du placement dans une proportion qui était de 18 0/0 (32 sur 176) en 1898. En 1903, 28 syndicats mixtes el 8 unions de syndicats avaient un service organisé, Il nv avait donc pas progression dans le nombre de syndicats mixtes se livrant à ce genre d'opérations: d’ailleurs, les résultats paraissent peu importants: de 1894 à 1907, pour 10 syndicats, il y avait eu 4.232 placements, correspondant, ou peu s'en faut, aux offres el

demandes.

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