‹ L'Application de la Loi du 14 Mars 1904 sur les Bureaux de PlacementChapitre 15 sur 24 · C. Bourses pu TRavalr · texte numérisé non relu

C. Bourses pu TRavalr

Les Bourses du Travail ont proprement pour objet le placement des travailleurs. L'idée première en remonte à M. Molinari, qui, en 1844, proposa de créer des Bourses du Travail « pour faire connaître aux ou- « vriers de tous pays, de tout un continent, jour par « Jour les endroits où le travail s'obtient aux conditions « les plus favorables, ceux où ils doivent se porter « par prélérence pour en demander ».

Ce fut seulement en 1887 que sur la proposition de

M. Mesureur, ministre du Commerce, une Bourse du

LE PLACEMENT GRATUIT 87 Travail fut créée à Paris, dans le but d'établir des bureaux lenus par des agents commissionnés el payés à cet effet,

La Bourse centrale a été inaugurée le 22 mai 1892: lermée le 13 juillet 1893 à la suite des attentats anarchisles; elle à été réouverte le 8 décembre 1895 : un décret du 17 décembre 1895 édicte le règlement interrieur de la Bourse du Travail, un décret du 17 juillet 1900 la réorganise. L'article premier de ce décret indique l'objet essentiel de la Bourse du Travail:« La Bour- « se du Travail de Paris ainsi que ses annexes a pour « objet de faciliter les transactions relatives à la main- « d'œuvre, au moyen de bureaux de placement gra- « tuit, de salles d'embauchage publiques; et par la pu- « blication de tous renseignements intéressant l'offre « et la demande du travail. »

En vertu de l’article 2, tous les syndicats professionnels légalement constitués sont admis à occuper un local dans la Bourse du Travail: « ils peuvent y établir un « bureau de placement gratuit, soit pour tous les mem- CDres de leur profession, soit pour leurs seuls adhé- « rents. »

L'article 5 stipule que la salle d'embauchage imstallée dans les bâtiments de la Bourse du Travail est ouverte aux patrons, ouvriers, employés de toutes pro-

fessions, syndiqués ou non, Généralement, quiconque

aura soit une offre, soit une demande de travail à faire y aura libre accès.

Cette disposition fut complétée par un décret du 17 août 1905 dans les termes suivants : « Sous réserve « des mesures prises soit en vertu de l'article 8 pour « assurer le maintient de l'ordre et le respect des lois, « décrets et règlements, soit en vertu de l'article 9 « pour assurer la meilleure organisation du service. »

Ainsi, les dispositions du décret qui permettent à tout intéressé, travailleur ou patron, de pénétrer dans le local, tendent à créer une véritable « Bourse du Travail ».

Actuellement, on désigne souvent sous le nom de Bourse du Travail, l'ensemble des syndicats qui s'abritent dans l'immeuble où est installé la Bourse du Travail. C'est ainsi que la Fédération des Bourses du Travail est,à proprement parler,une Fédération des Unions locales des syndicats. Mais le placement demeure la fonction principale des Bourses du Travail. Î existait au 1* janvier 1903, 94 Bourses du Travail, 66 ont répondu au questionnaire de l'Office du Travail concernant le placement. Mais il est certain que les Bourses qui n'ont point répondu s'occupent de placement. Signalons que la Bourse du Travail n’a pas, en tant que Bourse, organisé de bureaux de placement en dehors des services de placement qu'elle réunit.

En écartant les Bourses qui n'ont pas indiqué de

LE PLACEMENT GRATUIT 89 chiffres, soit pour les offres, soit pour les demandes, soit pour les placements, et en ne tenant pas comple des placements en extra de la Bourse de Marseille, on obtient pour les 60 Bourses qui ont répondu à toutes les questions, les chiffres suivants:

Demandes d'emploi : 94.557.

Offres d'emploi : 58.680.

Placements à demeure : 44.306.

Placements en extra : 9.805.

Il résulte de ces chiffres que les Bourses du Travail placent à demeure ou en extra 57 0/0 des travailleurs qui s'adressent à elles pour trouver un emploi.

Au sujet du détail des professions, l'Office du Travail a bien obtenu des renseignements sur les questionnaires mensuels, mais il est impossible de donner des chiffres d'ensemble embrassant toute l'année.

On remarque cependant que les domestiques arrivent en tête de toutes les professions, surtout les domestiques femmes, bien que n'appartenant pas, en général, aux syndicats réunis dans les bourses du travail.

« Après les domestiques, les professions qui fournis- « sent le plus grand nombre de placements sont celles « du bâtiment (lerrassiers, charpentiers, maçons, tail- « leurs de pierres, menuisiers, peintres, serruriers),. « On remarquera aussi le nombre important des forge- « rons charrons et maréchaux-ferrants, placés par cer-

« taines Bourses du: Nord-Ouest (Angers, Saumur,

« Tours), et le grand nombre d'ouvriers viticoles pla-

«cés par les Bourses des pays viticoles (Bordeaux,

« Narbonne, Reims) (1). »

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