F. SOCIÉTÉS DIVERSES
Il existe encore de nombreuses Sociétés diverses qui se livrent au placement gratuit. Ce sont des Sociétés philanthropiques. En 1898, 450 Sociétés de bienfaisance étaient portées dans les publications de l'Office central des œuvres de bienfaisance, comme s'occupant du placement de leurs protégés, En 1902, 95 Sociétés répondirent aux questionnaires de l'Office du Travail, 2 seulement s'occupaient exclusivement du travail:l'une,
la « Solidarité mutuelle » avait, en deux mois, recu
(1) Bulletin Office du travail, avril 1904.
LE PLACEMENT GRATUIT 93 1.700 demandes et 396 offres, et effectué 252 placements.
On peut les répartir en : Sociétés d'assistance par le Travail, patronages, asiles, refuges, couvents (ceux-ci s'occupant surtout du placement des domestiques), tant à Paris qu'en Province: écoles, orphelinats, colonies,
Y ele.;-eic.
Si l'on veut apprécier les résultats du placement gratuit avant 1904, on ne peut mieux faire que reproduire succinctement les conclusions des enquêteurs de lOffice du Travail.
Les personnes qui s'adressaient aux offices de placement sont en grande majorité des domestiques. Venalent ensuite les ouvriers et employés de l’alimentation, les manœuvres et ouvriers agricoles. Les ouvriers des autres métiers usaient peu ou point de l'intermédiaire des offices de placement gratuit.
D'ailleurs, sur les 1.455 bureaux de placement payants existant en 1898, 965, c'est-à-dire plus des deux tiers, étaient destinés aux domestiques, 183 aux ouvriers et employés de l'alimentation, et 70 aux domestiques agricoles. Venaient ensuite les coiffeurs, avec 42 bureaux; les instituteurs et institutrices, avec 22 bureaux; il n'existait aucun bureau de placement payant pour les ouvriers de l'industrie du livre, du
bois, des métaux.
Enfin l'enquête constatait que la plupart des offices de placement gratuit qui n’ont pas un caractère pr'olessionnel déterminé, comme par exemple ceux qui sont fondés par les unions de syndicats de profession diverses, ou par les institutions charitables qui s'adressent indifféremment à toutes les professions, placent surtout des domestiques (1).
Bref, le placement gratuit en 1904 était pratiqué par des organes multiples dont quelques-uns rendaient de réels services, et c'était l'expression même des forces patronales et ouvrières.
Il paraissait logique d'affirmer qu'avec de la persévérance, des encouragements officiels et des facilités légales, le placement gratuit était destiné à remplacer
le placement payant.
SECTION 2. — Le placement gratuit sous le régime de la loi de 1904.