PREFACE DE L'AUTEUR
Je me suis converti au collectivisme après lavoir longtemps et énergiquement combattu. Je crois utile de raconter comment la chose s'est faite, non pour les amateurs de curiosités psychologiques ni pour les s(^eptiques qui cherchent à tout des mobiles intéressés, mais pour les braves gens qui. j'espère, reconnaîtront un des leurs à l'accent de sincérité de mes déclarations, me feront confiance et par suite se sentiront incités à suivre mon exemple.
Fils d'un républicain de la vieille école, j'étais républicain moi-même dès l'âge où Tintelligence commence à s'ouvrir, où le cœur commence à battre aux idées de liberté, d'égalité, de justice. Dans mon jeune esprit Tavénement de la République était inséparable de la fin des oppressions et des misères de la classe laborieuse. Un peu plus tard je compris les diflicultés ([ui retardent les réformes les plus pressantes, la nécessité de les préparer par de fortes études et je compulsai avec acharnement tous les livres d'histoire, de philosophie et d'économie politique que je pus me procurer. Prenant dans tous des inspirations, mais ne pouvant me rallier sans réserve à aucun svslème, jeu étais arrivé, vers 1 âge de vingt et un ans, à la conception dune société dans laquelle une étroite et complète solidarité couvrait cliacjue membre de toutes les pertes accidentelles qu'il pouvait éjn'ouver, et assurait à tous la satisfaction d'un minimum de besoins. Les ressources nécessaires étaient fournies par un impôt unique sur le revenu, et sur cette question spéciale j'avais écrit une brochure, publiée en 1880. Quant à la propriété, je ne m'imaginais pas ([u'on put
raisonnablement en changer la nature et je la conservais sous sa forme actuelle.
Tel fut mon credo jusqu'en 1892, à travers les luttes politiques auxquelles je pris une part active comme journaliste militant et candidat malheureux. Cette période de ma vie se divise elle-même en deux phases, Tune d'espoir, l'autre de découragement.
Longtemps je crus en la capacité réformatrice de la République, en la sincérité du désir affiché par ses politiciens de faire le bonheur du peuple ; je crus à la réalisation de mon programme pourvu qu'on eût la patience de l'attendre (juelques années. Je m'indignais alors et contre les intransigeants qui, en renversant les ministères, ne laissaient à aucun le temps d'aboutir, et surtout contre les collectivistes dont les doctrines violentes jetaient les timorés dans les bras de la réaction.
A ce moment, il faut le dire, le collectivisme était présenté au public sous une forme peu engageante : comme suite à des critiques souvent justes, quoique passionnées, ses propagateurs se livraient à de véhéments appels à la révolution et n'indiquaient que dans les termes les plus vagues, et par suite les plus inquiétants, ce qu'ils comptaient faire s'ils réussissaient à s'emparer du pouvoir. De bonne foi j'essayai de les comprendre sans y parvenir.
Contre ce collectivisme ténébreux et menaçant, je luttai pur la plume et par la parole avec une énergie que mes adversaires d'alors, devenus mes amis, n'ont pas oubliée.
Cependant l'arrêt subi vers 1884 par le mouvement réformateur, le commencement de l'anarchie et des scandales parlementaires, des compromissions avec la droite, me révélèrent peu à peu l'égoïsme, la duplicité, la corruption des dirigeants républicains. Je compris qu'à de très rares exceptions près, ils dissimulaient derrière un hypocrite étalage de sentiments démocratiques et humanitaires les plus furieux appétits de pouvoir et de jouissance, et que les travailleurs qui les avaient portés aux affaires seraient encore une fois dupés.
Je tombai alors dans un dégoût croissant de la politique
pure et je finis par m'en désintéresser complètement pour essayer de reprendre, sur le terrain de l'assistance publique, mes rêves de solidarité intégrale. Administrateur délégué des hospices et du bureau de bienlaisance de Montluçon, je me consacrai à la réorganisation de ces établissements. Je me proposais d'étendre considérablement leurs attributions et leurs ressources, d'arriver par eux à supprimer l'extrême misère si iréquente dans la population ouvrière niontluçonnaise, d'en faire enfin des institutions-ty])es que toutes les villes auraient pu ensuite imiter. Dans cette œuvre modeste, mais si intéressante, j'avais eu la bonne fortune de m'assurer de précieux concours : celui du vaillant maire socialiste de Montluçon, mon ami Jean Dormoy, et celui de M. Henri Monod, directeur général de l'Assistance publique. Venus de points opposés, ces deux hommes de cœur avaient des vues communes dès qu'il s'agissait de faire le bien. Mais la hideuse politique n'avait pas désarmé. Dans mes efforts pour soulager les malheureux, le gouvernement opportuniste ne vit qu'une chose : c'est que la municipalité socialiste bénéficierait des résultats obtenus, et je le dis à sa honte, il m'opposa sur le terrain administratif où il était tout puissant, de tels obstacles que je dus abandonner mon œuvre inachevée.
Alors je pris en horreur cette société abominable qui. nonseulement laissait les faibles sans secours, mais empêchait qu'on les secourût. Je sentis qu'elle était vouée à périr de ses propres excès, et je me demandai quelle forme nouvelle pourrait conduire l'humanité vers des destinées meilleures. Rapproché des collectivistes par mes tendances, je ne parvenais cependant pas encore à comprendre leurs doctrines. Je savais que leur but élait de nationaliser les moyens de production, mais je ne voyais ni comment ils y parviendraient, ni quels résultats ils en obtiendraient. Je croyais d'ailleurs, comme presque tout le monde, que le système collectiviste excluait formellement la liberté individuelle, et cette pensée suffisait pour m'en éloigner invinciblement.
Avide de%parvenir à la vérité, je profitai des facilités qui m'étaient données de pénétrer dans les milieux les plus divers pour observer attentivement le fonctionnement de tous les
organes du corps social. Ma première observation fut que leur mulliplicité exagérée immobilisait une grande partie des forces prt)ductives ; je constatai ensuite que, parmi les forces productives effectivement agissantes, beaucoup se trouvaient perdues par leur dispersion, leur manque de coordination, leur application à un outillage ou à des procédés arriérés. Je soumis le régime de la libre concurrence à une analyse sévère et ne tardai pas à reconnaître ({ue ses inconvénients surpassaient de beaucoup ses avantages. Ainsi je me rapprochais de plus en plus de la vérité ; un écroulement formidable s'opérait en moi ; tous les principes fondamentaux de la société actuelle tombaient en poussière les uns après les autres, et leur élimination me ramenait à la formule collectiviste : nationalisation des moyens de production, comme à l'unique espérance. Mais elle était bien obscure, cette formule ! Etait-elle vraiment la solution, le remède universel? Recelait-elle dans ses profondeurs inconnues le mieux ou le pire? Pouvait-elle offrir une base solide aux reconstructions nécessaires? Je m'efforçai alors de concevoir le plan de la société future. Cette genèse fut longue et laborieuse ; enfin des résultats partiels satisfaisants étoilèrent les ténèbres qui m'entouraient de quehiues lueurs isolées. Et soudain, comme un coup de foudre, comme le tourbillon de lumière qui inonda Paul sur le chemin de Damas, un majestueux ensemble, une vision grandiose se présenta à mon esprit et m'éblouit : l'organisation unitaire de la production et de la répartition des produits, la concentration dans les mains de la nation, pour une utilisation scientifique, des forces éparses ; et comme conséquences, l'abondance de toutes les choses utiles à la vie, la fin de la misère, la fin des maux et des haines : j'étais collectiviste!... Nombreux sont les gens que cette explication fera sourire ; je n'ignore pas à quel point les grands élans d'enthousiasme semblent déplacés et de mauvais goût dans notre siècle refroidi. Je prie cependant les railleurs de lire ce livre jusqu'au bout et j'espère pour eux qu'ils comprendront ensuite la puissance des émotions qui m'ont agité et soulevé dans mes passionnantes recherches. Celte puissance est telle que, du jour où je suis arrivé à la pleine certitude, j'ai senti que ma
vie ne iiiapparlcnail plus, qu'un apostolat sacré, avec ses luttes, ses dangers, mais aussi avec ses joies infinies allait la remplir, el (|ue j'allais tout (juitler pour m'y consacrer exclusivement, — sacrifice nul, d'ailleurs, rien autre chose ne pouvant désormais mintéresser, et l'existence du missionnaire socialiste me paraissant, selon l'expression de mon regretté ami, Benoit Malon, la seule digne d'être vécue.
En résumé, je suis venu au collectivisme de mon propre mouvement, en suivant mon propre raisonnement et sans avoir subi l'influence de Karl Marx, ni de ses continuateurs, ni d'aucune autre école. J'ai pris un cliemin différent pour arriver au même but. Positiviste renforcé, la théorie pure m'impressionne peu, même quand elle est logiquement déduite de faits certains ; j'y trouve toujours une i)art de cette métaphysique haïssable qui a causé toutes les grandes erreurs de l'humanité. Une vérification expérimentale parvient seule à me convaincre. Aussi je n'ai accepté les principes du collectivisme qu'après les avoir soigneusement éprouvés par l'application — procédé qui m'a d'ailleurs permis de les préciser, de les compléter, d'en fixer les points flottants.
Ce livre diffère donc profondément de tout ce qui a été écrit jusqu'à ce jour sur le collectivisme : j'y montre l'aspect pratique de ce système dont le côié doctrinal avait seul été présenté ; et en le faisant, je crois répondre à un besoin également aigu chez ses partisans et ceux qui sont encore ses adversaires. Combien en est-il, parmi ces derniers, qui marcheraient avec nous s'ils savaient où on les mène 1 La société actuelle est devenue inhabitable. Sa fin prochaine est universellement prévue et souhaitée ; mais beaucoup hésitent, et non sans raison, lorsqu'on les invite à faire un saut dans l'inconnu.
Je m'adresse surtout à ceux d'entre eux qui sont retenus non parla pusillanimité mais par la prudence : je comprends leurs résistances puisque je m'y suis associé longtemps ; mais j'espère qu'ils partageront à leur tour ma conviction quand ils connaîtront exactement, et verront combien est rassurant ce collectivisme dont des détracteurs intéressés leur faisaient un épouvantail,
Je viens de dire que je suis un positiviste renforcé ; je l'entends lorsqu'il s'agit de fonder des institutions sociales, car dans ce cas le sentiment ne peut qu'égarer quiconque le prendrait pour guide ; c'est avec la raison et la science qu'il faut marcher lorsqu'on vise un tel but ; mais il est évident que la pensée de travailler au bien-être de l'humanité ne peut venir qu'à ceux qui éprouvent une pitié profonde au spectacle toujours renouvelé de ses souffrances. L'altruisme est le point de départ de tous ceux qui viennent au socialisme sans être intéressés personnellement aux changements qui en seront la conséquence.
Je m'adresse donc aussi aux hommes de cœur, à ceux qui cherchent la voie du bien dans une direction quelconque et qui souffrent de constater l'impuissance plus ou moins complète de leurs généreux efforts, à ceux dont la bonté se consume en désirs et regrets stériles, et qui restent inactifs parce qu'ils ne voient aucun moyen d'être utiles à leurs semblables.
Qu'importent les divergences politiques et religieuses qui peuvent nous séparer si nous avons le même idéal de justice et de bonheur universels? Les questions traitées dans ce livre sont tellement au-dessus des misérables querelles qui nous divisent qu'elles les feront complètement disparaître dans un avenir prochain. Sur ce large terrain de réconciliation et de fraternité où, alors, tous les Français se trouveront unis, les âmes élevées tiendront à honneur de venir les premières, sans aliéner en rien l'indépendance de leurs consciences, mais en sacrifiant résolument des préjugés surannés.
Je fais encore appel aux savants, aux ingénieurs, aux techniciens, avant-garde intellectuelle, force vive du pays, état-major et cadres de l'armée de la production, et je leur dis : Venez à nous, car la révolution que nous voulons accomplir, en dépossédant la ploutocratie, aous remettra la direction de la société nouvelle. Vous en serez les chefs incontestés ; vous y trouverez des avantages matériels et des distinctions honorifiques proportionnés à vos mérites et à vos services et leur assurant toujours une large récompense.
Je convie aussi les artistes à nous suivre. La cité idéale que nous voulons bâtir ne sera ni Salente ni Lacédémone. Ils v
tiendront le premier rang après les savants ; ils y seront aimés, encouragés, coml)lés de biens et couronnés de gloire, tout en y conservant la plénitude de leur indépendance. Nous aurons si vite atteint le maximum du possible dans la voie de l'utile qu'il nous restera des ressources immenses à consacrer à l'agréable, c'est-à-dire à l'art sous toutes ses formes !
Quant aux ouvriers industriels et agricoles, c'est pour eux avant tout que travaillent les socialistes ; il est donc superllu de dire que nous comptons sur leur concours. Ceux qui ne comprennent pas encore la portée du collectivisme s'en rendront mieux compte sans doute après mon exposé de ses conséquences pratiques et iront du côté où les appelle leur intérêt bien entendu. On leur a beaucoup recommandé d'attendre surtout d'eux-mêmes leur émancipation économique et de dresser lîcrement le drapeau du quatrième Etat en face de la bourgeoisie triomphante, oublieuse et ingrate. Ce sont là des conseils de raison et de virilité qu'il faut suivre, mais non dépasser, interpréter dans l'esprit large qui les a dictés, mais nullement dans le sens d'un exclusivisme étroit. Contre le capitalisme parasite qui trouve dans ses richesses une force factice et éphémère, mais redoutable, il faut grouper la phalange irrésistible de tous les producteurs, intellectuels et manuels. Ecarter les premiers serait s'affaiblir et se jiréparer un rude échec. Que les ouvriers ne l'oublient jamais et qu'ils se mélient des tlatteurs insidieux qui leur disent le contraire.
Je crois inutile de me défendre d'avoir eu l'absurde prétention de tracer dans ce livre le tableau de la société collectiviste définitive. D'abord il n'y a rien d'immuable dans l'ordre social, où la loi de l'évolution agit constamment. Qui peut savoir ce que seront matériellement et moralement les hommes dans dix, dans vingt siècles, et quelles institutions leur conviendront ?
De même que la société individualiste a revêtu une quantité de formes dilYérentes, non seulement au point de vue politique mais au point de vue civil avant d'atteindre son organi-
salion moderne, de même la société collectiviste passera par bien des étapes successives. Mon désir serait d'aider l'humanité, qui s'épuise en convulsions douloureuses sans avancer beaucoup, à franchir la première; la plus dure de toutes. C'est pourquoi je me suis efTorcé d'approprier l'application du principe collectiviste aux habitudes, aux passions, aux tendances de Ihumanité actuelle. Pour ne pas m'exposer à heurter de front des préjugés ataviques qui eussent pu devenir de dangereux écueils, j'ai dû marcher avec beaucoup de prudence, garder des ménagements, atténuer en plusieurs cas, dans leurs conséquences, les formules trop rigoureuses. On me rendra cependant celte justice que je n'ai rien sacrifié d'essentiel et que, sur le fond du collectivisme, je n'ai jamais transigé. Je crois même pouvoir dire que le système (jue je présente dépasse le maximum de rapidité rêvé par les plus optimistes pour l'application intégrale de nos doctrines.
En somme j'estime que lorsqu'on aborde le terrain de la législation, il faut se garder des conceptions édifiées sur l'absolu, et ne pas retomber dans l'erreur des socialistes sentimentalistes dont les théories supposaient une nature humaine dégagée de tout égoïsme. On doit au contraire prendre l'homme tel qu'il est, tenir compte de ses imperfections, et ne pas craindre de les refléter jusqu'à un certain point dans les institutions qu'on se propose de lui donner.
J'espère donc que, loin de me blâmer du peu que je concède aux nécessités pratiques, mes amis apprécieront l'importance de ce que je maintiens et diront avec moi que, lorsque nos efforts communs l'auront obtenu, il sera aisé de conquérir le reste. Nous y serons d'ailleurs aidés par le relèvement croissant du niveau intellectuel et moral qui marquera l'ère collectiviste.
Si cet ouvrage n'apporte pas une formule sociale définitive, donne-t-il, du moins, bien complètement, celle du collectivisme quant à présent réalisable? En aucune façon. Il ne contient pas autre chose que l'ébauche de l'organisation collectiviste, et le seul mérite auquel il puisse prétendre est, d'une part, de pousser les recherches préliminaires plus loin qu'elles
ne l'avaient été jusquà ce jour: d'autre part, (rindicjuer une méthode pour parachever l'œuvre qu'il se horne à commencer.
La critique pourra donc le rectifier et le compléter sur maints détails ; je serai le premier à m'en réjouir, mettant la vérité bien au-dessus des vaines satisfactions de l'amour- [)ropre.
Mais le but principal que je me suis proposé en l'écrivant, et (jue j'espère atteindre, c'est de faire comprendre toute l'étendue des difficultés à vaincre pour parvenir à substituer le système collectiviste à la société actuelle ; c'est d'établir que la conquête des pouvoirs publics, loin de contenir toute la solution du problème, n'en est que le côté le plus accessible ; qu'une victoire prématurée sur ce terrain ne serait que le prélude d'une catastrophe, et que la condition sine qiia non d'un triomphe durable, c'est l'élaboration préalable des lois et règlements devant régir la société future. Là est la grande œuvre sur laquelle doivent se concentrer toutes les forces organisatrices de notre parti. J'explique plus loin qu'elle nécessitera de nombreux collaborateurs, travaillant avec constance et dévouement pendant de longues années. Ce livre, avec les retouches et additions qui y seront sans doute apportées, pourra leur servir de point de départ, de cadre général : chacun de ses chapitres fournira la matière d'un ou plusieurs volumes ; les attributions des divers services et leur fonctionnement seront réglés dans les plus minutieux détails. Après cette préparation, le socialisme sera en état de gouverner selon ses principes.
La tâche est colossale, sans doute ; mais ceux qui s'y consacreront seront soutenus par cette haute pensée que le terme de leur labeur sera le terme des souffrances des millions de damnés de l'enfer social. Cette perspective rayonnante centuplera leurs forces.
Quant à moi j'apporte mon concours, j'apporte mon cœur, mon intelligence, ma vie, je me donne tout entier à cette œuvre sublime. Si j'ai le malheur de n'être pas écouté, je l'entreprendrai seul, sûr de mourir à la peine, sûr aussi de laisser après moi des semences qui germeront un jour.
Mais j'ai tort de terminer par des paroles de doute ces pages
— ÎO —
où respire la foi : mon appel, répété au besoin par des voix plus autorisées que la mienne, sera entendu. Il se formera un puissant groupement d'esprits d'élite qui viendra facilement à bout de ce formidable travail. Loin de s'entourer de mystère, il communiquera au public les résultats de ses études au fur et à mesure qu'ils seront acquis et bien contrôlés. Ce sera pour nos idées une merveilleuse propagande ; elles rallieix)nt peu à peu tous ceux des électeurs qui reconnaissent la loi de la raison, de sorte que le jour où les institutions collectivistes seront terminées, le suffrage universel sera mùr pour leur application qui s'effectuera sans retard, sans violence, d'un consentement presque vmanime.
Vers cet avenir prochain, vers cette certitude radieuse, je fais le premier pas en publiant ce livre et je ne m'arrêterai pas en route. Qui aime l'Humanité me suive !
Lucien DESLINIÈRES.
Août 1898.
P. -S. — J'ai le devoir, en terminant, d'adresser mes remerciements sincères à mon ami ^L Jules Jouhet, ingénieurmécanicien, dont les connaissances techniques, l'esprit pratique, observateur et fécond, m'ont beaucoup aidé dans l'organisation de divers services, notamment en ce qui touche le travail, les salaires et la valeur des choses.