CHAPITRE XIII
Transports, Navigation et Correspondances.
Division de ce niinistèie en cin([ i^raiules directions. — Gratuité du transport des marchandises et des v()yat>eurs dans la plupart des cas. — La facilité de se déplacer n'entraînera aucun abus. — Utilité des voyajfes au j)oint de vue du développement intellectuel — La gratuité des vo3'ages complétera la gratuité de linstruction. — La c[uestion financière ne se posera pas — Supériorité du l'égime collectiviste.
Transports m(trtliincs cl Ihmiaiix — Sim])licité et régularité de ce service.
Chemins de fer — Simplifications dans lexploitation. — Accroissement du confortable et de la sécurité.
Transports par Doiliircs.
Postes, tclégrapljcs, téléphones. — Gratuité du service de la poste seulement.
Pêche maritime. — Appropriation collective des barques de pèche. — Ses avantages j)()ur les exprojjriès eu.x-mèmes. — Améliorations à la condition des matelots et des mousses. — Meilleure paye et sécurité plus grande. — Les grades maritimes.
Ce ministère comprendra cinq grandes directions : Transports maritimes et fluviaux, Chemins de fer, Transports par voitures, Postes, télégraphes et téléphones, Pèche maritime.
Les trois |)remières directions auront à assurer en même temps le transport des marchandises et celui des voj'ageurs. Les marchandises appartiendront presque toujours aux administrations puhlicfues ; elles seront livrées par un service à un autre service, ou à lui-même dans une localité distante du lieu de production ; il n'y aura donc pas à se préoccuper
de tarifs puisque les transports seront gratuits. Les négociants et employés qui ont pâli sur les indéchilTrables recueils Chaix apprécieront Tavantage du changement ! On accompagnera cha((ue expédition d'un simple bordereau énonciatif destiné au contrôle de l'arrivée.
Dans la plupart des cas, le transport d'objets mobiliers appartenant à des particuliers sera également gratuit. Ainsi les ouvriers, employés ou fonctionnaires déplacés pour les besoins du service, les ouvriers qui changeront de domicile avec du travail assuré par un engagement régulier dans la localité qu'ils auront préférée, auront la gratuité du transport pour leur mobilier. Là encore aucun tarif n'est nécessaire.
Exceptionnellement, des particuliers expédieront des marchandises ou objets mobiliers. Les frais de transport leur seront comptés sans distinction de nature de marchandises ni de délais de distance, en proportion seulement du poids des objets à transporter ; encore y aura-t-il des séries destinées à simplifier les perceptions, par exemple de 1 à 10 kilogs, de 10 à ÔO, de 50 à 100, de 100 à 500, de 500 à 1000, de 1000 à 2000, etc. La simplilication sera donc immense. Nous démontrerons plus loin que dans la société collectiviste elle ne présente aucun inconvénient.
Le transport des voyageurs, sans qu'on ait à s'enquérir des causes de leur déplacement, sera toujours gratuit en troisième classe ; il donnera lieu à la perception d'un droit kilométrique pour ceux de deuxième, de première classe et des places de luxe, sauf le cas où un employé ou fonctionnaire ayant droit à ces classes voyagerait pour les besoins de son service.
Celle innovation, toute simple et toute logique, va faire bondir les routiniers ! Quoi, les voyages gratuits ! Mais alors, tout le monde passera son temps en chemin de fer ! les trains n'y suffiront plus !
Quelle erreur ! Certainement, dès le début, nombre de braves gens, surtout de campagnards éloignés des centres de civilisation, et pour qui un voyage au chef-lieu d'arrondissement est un événement considérable, ne résisteront pas au plaisir de se faire voiturer pour rien. Ils trouveront dans ces déplacements une satisfaction très vive et nous en sommes
fort henrcux comme de tout ce {jui vient embellir un peu la misérable existence humaine. Mais peu à peu, leur humeur vagabonde se calmera ; leurs occupations les retiendront au logis et ils s'apercevront d'ailleurs que la satiété de toutes choses en amène vite le dégoût. Certes, on voyagera encore beaucoup plus qu'on ne voyage actuellement. Mais loin de s'en plaindre il faudra s'en réjouir. Qui ne comprend, en effet, l'immense développement iiitellectuel qui résultera pour les cerveaux de la multitude des connaissances nouvelles qu'on acquiert en voyageant? On ne trouvera plus alors de ces demisauvages, comme il en existe tant en France, ne connaissant guère d'autre horizon que celui qu'on embrasse du haut de leur clocher, parlant ou comprenant à peine notre langue, abrutis par des occupations à peu près machinales et toujours semblables, ignorant tout de la vie politicpu', sociale, intellectuelle, artistique de l'humanité. Les moindres journaliers ruraux seront des citoyens à l'esprit meublé, à l'intelligence ouverte, ayant le sentiment de la dignité humaine. La gratuité des voyages sera, en un mot, le complément de la gratuité de l'instruction.
Quant à la question financière, elle ne se pose même pas pour quiconque a compris l'économie générale du système collectiviste: d'abord, i)lus s'élèvera le nombre des voyageurs circulant sur une ligne donnée, plus diminuera la dépense occasionnée par le transport de chacun ; et une augmentation sensible du nombre des voyageurs pourra ne se traduire que par un faible surcroît de frais d'exploitation. Ensuite, toute dépense n'étant, dans la société collectiviste, que l'emploi d'une certaine quantité de journées d'ouvriers, et la maind'œuvre étant toujours surabondante, cette légère surcharge ne produira pas la moindre gène pour les autres services.
De tels faits font bien sentir la différence qui existe entre la société collectiviste, divisée en services publics établis pour l'utilité et l'agrément des citoyens, sans pensée de lucre, avec la société capitaliste dans lacjuelle. de la part de l'Etat comme de celle des particuliers, tout est prétexte pour rançonner le malheureux être humain. On lui fait payer jusqu'à la lumière du ciel qui l'éclairé, jusqu'à l'air qu'il respire (impôts des
portes et fenêtres) tandis que dans la société future tout sera mis gratuitement à sa disposition par un Etat bienfaisant, paternel, dont tous les efforts tendront à le rendre heureux.
Ce ne sera pas un des moindres progrès que celte faculté pour toute personne de voyager à sa guise et gratuitement en bateau à vapeur, chemin de fer, tramway, omnibus. On ne se bornera plus à donner au citoyen une abstraite liberté : on y ajoutera les moyens d'en faire un usage utile ou agréable.
Transports maritimes et fluviaux.
Cette direction, dans laquelle on trouvera les bureaux de la navigation intérieure, du cabotage, des transports coloniaux, des transports étrangers, des constructions navales, etc., ne comprendra ni la marine militaire, qui sera rattachée au ministère de la guerre, ni la tlottille de pêche, qui formera une direction spéciale.
Rien de plus facile, ainsi que nous l'avons vu au chapitre précédent, que de nous réserver tous les transports de notre exportation et de notre importation, ou de les laisser en tout ou en partie à l'étranger ; rien de plus facile que de passer, selon les nécessités des situations, d'un système à un autre. Ainsi sera résolue, d'un trait déplume, cette question de notre décadence maritime que constatent les statistiques et qui inquiète à bon droit nos économistes : nous n'avons nulle concurrence à craindre puis({ue nous pouvons écarter quand il nous plait les navires étrangers. Naturellement nous limiterons notre navigation à nos transports nationaux, n'ayant aucune raison pour nous faire les facteurs des autres nations et accumuler leur or qui nous serait inutile.
La quantité des objets à produire, le lieu de leur production et celui de leur consommation étant réglés invariablement cha((ue année pour toute cette durée, les divers services s'entendront avec celui des transports pour les répartir à peu près également sur tous les mois et réduire ainsi au strict nécessaire notre flotte marchande.
Tout cela est tellement simple qu'il n'y a pas à insister.
Chemins de fer.
On a déjà c()inj)iis les économies considérables cjne peiiiiel- Irail de réaliser sur le personnel la graliiilé des transports de la plupart des voyageurs et de la presque totalité des marchandises.
L'unilicalion des réseaux sous une même direction, en suj)primant la concurrence et les formalités de transit entre les compagnies, en réalisera également d'importantes.
Les unes et les autres compenseront largement le surcroit de dépenses résultant de raugmentation du nombre des Voyageurs.
D'autre part les comi)agnies de chemins de fer l'ont sur certains points une concurrence désastreuse aux lignes de navigation parallèles. A l'avenir les transports, si économiques, par canaux et rivières navigables seront emj)loyés aussi souvent que le comportera la nature des marchandises à transporter. On dégagera ainsi les voies ferrées, que pourrait encombrer l'augmentation de la production, au point de les rendre dans certains cas insuffisantes, et on évitera d'avoir à en augmenter trop considérablement le matériel roulant.
Les administrateurs des chemins de fer s'ingénieront, non à augmenter le rendement des lignes par des moyens plus ou moins avouables, mais à accroitre le bien-être des voyageurs, en améliorant les voitures que la rapacité du capital laisse, sur certaines lignes, dans des conditions d'incommodité et de maljjropreté vraiment honteuses, en portant au maximum possible, selon les lignes, la vitesse des trains, en réglant convenablement les correspondances systématiquemefit retardées sur bien des points par la concurrence des compagnies, en prenant toutes les précautions dictées par la prudence pour prévenir les collisions. Ces précautions ne seront [mx^ vaines quand le personnel, au lieu d'être surmené |)ar un travail sans mesure, ne sera occupé que pendant une durée raisonnable.
Bref, l'administration des chemins de fer dans la société
collectiviste augmentera largement les avantages du système actuel et n'aura aucun de ses inconvénients.
Transports par voitures.
Ce service comprendra les omnibus, tramways, lîacres, voitures publiques de grande remise, diligences, ainsi que le camionnage et les messageries. Nous n'avons, pour ce qui le concerne, rien à ajouter à ce que nous avons dit plus haut pour les chemins de fer et les transports par eau. Le transport par omnibus et tramways sera gratuit ; celui par fiacres et voitures de grande remise sera payant. Un système équitable de rétribution mettra fin à l'exploitation des cochers de fiacre par leurs patrons.
Postes, télégraphes et téléphones
Ce service, déjà concentré entre les mains de l'Etat, fonctionne d'une façon satisfaisante, bien qu'on puisse lui reprocher de marcher derrière certaines autres nations dans la voie des progrès. 11 n'en sera plus ainsi avec le système collectiviste, qui mettra à profit, dans toutes les branches de son organisation, toutes les idées intell igenfeçs émises en France et à l'étranger et excitera, par des récompenses, toutes les initiatives utiles.
Le transport des lettres, imprimés, échantillons, papiers d'alYaires^era gratuit; une légère taxe sera perçue pour leur recommandation, quelle que soit leur valeur. La poste fera gratuitement la remise aux destinaires des fonds déposés à découvert à ses guichets.
L'usage du télégraphe ne sera pas gratuit, car il se substituerait totalement à celui des lettres ; on télégraphierait sans utilité des pages entières, et les lignes, même décuplées, n'y suffiraient pas. La même raison s'opposera à la gratuité du téléphone.
Il n'y aura nullement à s'effrayer de l'accroissement de circulation des correspondances qui p3urrait résulter de la
gratuite' dt- leur port. lùi ctTcl, il y aura pour le conipeiiscr, et l)icii au-ck'là sans doute, la multitude incalculable des catalogues, circulaires, prospectus commerciaux et financiers et des lettres du commerce privé, qui cesseront d'exister dans la société collectiviste.
Pêche maritime.
La pèche paraîtra peut-être un peu déplacée à coté des transports; mais d'une part elle se rattache à la navigation par bien des points communs, d'autre part elle ne peut guère être considérée comme relevant de l'agriculture, de l'industrie ou commerce. Il n'y a d'ailleurs rien d'absolu ni d'immuable dans nos classifications.
Les bateaux de pèche, inslrumenls de production, seront la propriété de l'Etat. Nos adversaires vont gémir sur la condition des pauvres pécheurs qu'on dépouillera sans pitié de leurs barques. Le côté poétique et aventureux de l'existence des hommes de mer, qui a inspiré tant de belles pages, se prêtera merveilleusement aux développements lacrymatoircs; et les simples de s'attendrir.
Nous ramènerons simplement les choses à leur réalité.
D'aborci tout patron d'une barque ne la remettra à l'Etat que pour le principe et la reprendra immédiatement de lui comme usufruitier, de même que les possesseurs de lots de culture. A l'avenir, l'Etat aura à entretenir leur barque et à la remplacer quand elle sera usée ou perdue. De plus, l'Etat achètera toujours, à un prix convenu d'avance et très rémunérateur, les produits de la pèche, ce ((ui délivrera les pêcheurs d'un de leurs plus gros soucis.
Les patrons actuels de barques de jK»che ne perdront ilonc rien au changement ; bien aq contraire. Mais d'autres pêcheurs y gagneront beaucoup ; ce sont ceux qui, n'ayant i)as de ressources pour se ])rocurer une barque, sont réduits à louer leurs services à des armateurs. Ces pauvres gens sont sou\ eut ex[)loités dune indigne Façon. On joue leurs existences en les forçant à s'embarquer sur des bâtiments à moitié pourris et à
une saison où ils ont à lutter contre de terribles tempêtes. Des plumes éloquentes nous ont souvent émus en nous retraçant les souITrances endurées, les dangers affrontés par les malheureux pêcheurs d'Islande et de Terre-Neuve en échange d'un salaire dérisoire. L'hydre capitaliste se repait sans frémir de victimes humaines; que lui importent les hécatombes pourvu que son profit soit accru !
Dorénavant les bâtiments hors de service seront réformés ; ceux qui seront construits présenteront toute la sécurité et le confortable compatibles avec la hasardeuse et dure profession de pécheur; ils ne partiront pour la pêche qu'à des saisons ou par des temps réduisant au minimum les dangers à courir. Des croiseurs accompagneront les llotlilles de la grande pêche pour porter secours aux barques en péril. Bref, toutes les précautions seront prises pour diminuer autant que possible le tribut prélevé par l'Océan sur nos vaillantes populations maritimes.
Le commandement d'une banjue sera la récompense du savoir, du courage, du dévouement chez les marins. Cette situation sera inamovible pour son titulaire s'il n'en sollicite lui-même une autre, et sauf bien entendu les cas d'indignité ou d'incapacité constatés par plusieurs avertissements.
Quant à l'équipage, ses droits feront équitablement fixés par les règlements. Chaque bateau, en débarquant, livrera sa pêche au magasin général; l'évaluation et la répartition en seront faites, et le patron, ses matelots et mousses passeront séparément à la caisse pour y toucher la part afférente à leur grade. De cette façon, aucune exploitation du faible par le fort ne sera possible.
Il sera construit autant de barques qu'il sera nécessaire pour pourvoir aux besoins de la consommation sans imposer un travail excessif à chaque équipage. Les excédents, lors- ([u'ils existeront, seront livrés à des fabriques de conserves installées dans les ports de pèche.
Avant de parvenir au commandement d'une barque, les marins, qui débuteront comme mousses au sortir de l'école, passeront par la troisième, la deuxième et la première classe de
Elle le doit à ceux qui ne peuvent pas travailler, sans rien avoir à leur demander en échange.
La société est solidaire de tous ses membres ; elle les indemnise inlégralemenl de toute perle accidentelle.
La solidarité sociale est donc générale, absolue. Elle protège l'individu en toutes circonstances. Grâce à elle il n'y aura plus de souffrances, sauf celles que ne peut guérir l'intervention humaine.
Evidemment, les charges de l'assistance sociale seront lourdes; elles seraient bien au-dessus des forces de la société capitaliste ; mais la société collectiviste les supportera aisément puisque la question financière ne se posera plus, qu'il suffira d'avoir une quantité assez forte d'objets de consommation, et que leur production sera toujours facilement élevée au niveau des besoins.
Il nous reste donc seulement à voir dans quelles conditions s'exercera l'assistance sociale pour chaque catégorie d'assistés.
Il résulte d'abord des principes posés plus haut qu'il ne sera tenu aucun compte, dans le règlement mensuel du salaire d'un ouvrier, du tem|is où il aurait chômé involontairement. C'est à la société, en effet, d'éviter les chômages par une bonne organisation du travail. Elle y réussira d'ailleurs prescpie toujours. Si, par suite de quelque négligence ou de quelque événement inattendu, il n'y a pas de travail à donner pendant un certain temps à un ouvrier, il n'est pas juste de l'en rendre responsable. Dans ce cas, le service de l'assistance sociale, sur un certificat du bureau de travail constatant le chômage, délivre un mandat de paiement pour le salaire correspondant à cette période.
En dehors du cas (|ui précède, l'assistance sociale devra pourvoir aux besoins de tous les êtres incapables de travailler. Ce sont les enfants, les femmes mariées, les veuves, les vieillards, les infirmes, les aliénés, les incurables, les malades et les blessés.
Nous avons dit ([ue les enfants au-dessous de quinze ans ne doivent pas travailler. A partir de cet âge ils ne doivent le travail (jue si leur santé le permet. Seront également exemptés
du devoir de travailler ceux qui coutinueronl leurs éludes, ce ([ui dépendra uniquement de leur ap[)lication et de leur intelligence, comme on Ta vu plus haut.
C'est donc à l'Etat quMl appartient de nourrir et d'entretenir Icnlant au-dessous de quinze ans. A cet elTet, il accorde au père une augmentation de son salaire habituel pour chaque enfant qui nait. Cette augmentation pourra être d'un quart du salaire pour les enfants au-dessous de huit ans, et d'un tiers du salaire pour les enfants de huit à quinze ans. Les cultivateurs possesseurs de lots ne reçoivent pas de salaire ; ils sont rétribués par la vente de leurs jiroduits; mais, ainsi que nous l'avons vu aux chapitres du travail et de l'agriculture, les prix de vente de leurs produits sont établis de façon à leur assurer une journée moyenne donnée. C'est sur cette journée moyenne qu'on se basera pour les auginenlalions à leur accorder à la naissance de leurs enfants.
Les inventeurs, les artistes, seront principalement et peutêtre exclusivement rémunérés par des allocations, des récompenses ou redevances de l'Etat. A la fin de chaque année, en justifiant des sommes qu'ils auront ainsi reçues, ils toucheront une majoration proportionnelle au nombre et à l'âge de leurs enfants, basée sur les chiffres ci-dessus. D'autres, comme les éditeurs de journaux, gagneront leur vie en vendant directement leurs produits au public. La majoration ne portera que sur leurs bénéfices nets, faciles à déterminer comme on le verra plus loin. D'une façon générale, quiconque ne recevra pas un salaire fixe, aura à justifier des sommes qu'il gagnera chaque année et recevra une majoration proportionnelle, qui ne pourra en aucun cas être inférieure à la majoration minimum accordée aux journaliers de troisième classe.
Les parents auront le droit de ne pas faire travailler leurs enfants au-dessus de quinze ans ; mais dans ce cas ils devront les élever à leurs frais et ne recevront plus aucune indemnité.
Le rôle de la société est facile lorsqu'il s'agit d'enfants ayant conservé leurs parents. Il faut cependant prévoir le cas où ceux-ci se montreraient indignes de les élever, par exemple lorsqu'ils auraient une conduite notoirement scandaleuse ou
se livreraient à des voies de fait sur leurs enfants. Ils seraient déchus du droit de les garder, et les enfants seraient remis sous la tutelle directe de l'Etat.
Les enfants dont l'assistance sociale aura principalement à s'occuper sont les orphelins, les enfants sans père ni mère reconnus et ceux qu'on aura retirés à leurs parents pour cause d'indignité de ces derniers.
Les orphelins de mère resteront sous la surveillance du père, qui continuera à recevoir Tindemnité leur afférent.
Les orphelins de père resteront sous la surveillance de la mère, qui recevra comme veuve un secours dont nous parlerons plus loin, et touchera pour ses enfants une indemnité égale à celle qui leur était attribuée du vivant du père.
Les orphelins de père et de mère et les enfants retirés à leurs père et mère pourront être confiés à un parent ou à un ami, qui louchera pour eux la même indemnité que pour ses propres enfants. Une surveillance rigoureuse sera exercée sur ces tuteurs i)our assurer le bien-être des enfants. Lorsqu'il ne se trouvera aucun parent ni aucun ami pour les recueillir, ce qui sera assez rare, les enfants seront assimilés aux enfants abandonnés.
Reste donc la catégorie si intéressante et si infortunée de ces pauvres petits êtres, dont le jeune cœur n'a pas été réchauffé par la tendresse de la famille. Observons avec satisfaction que leur nombre diminuera sensiblement, et se réduira même à de rares exceptions, par suite de l'aide apportée par l'Etat aux parents, et spécialement des mesures de protection prises en faveur des fdles mères, et dont nous parlerons plus loin.
Cependant il arrivera parfois que des malheureuses seront empêchées, par des considérations autres que le besoin matériel, de conserver leurs enfants; alors elles pourraient être tentées de les détruire si elles n'avaient pas toutes les facilités nécessaires pour les mettre au monde dans le plus grand secret et les faire élever. Il existait autrefois, pour soulager de pareilles détresses, une institution bien profondément humaine, quoique empreinte dans son fonctionnement d'un caractère de grossièreté en rajjport avec la barbarie des temps
passés: nous voulons parler des tours, que notre civilisation délicate a supprimés sans les remplacer. La société collectiviste, dans sa sollicitude iniinie pour toutes les souiTrances, son souci constant de la liberté et de la vie, créera des maisons de refuge où toute femme sur le point d'accoucher sera admise et recevra les soins que nécessite son état, sans avoir à se faire connaître, et où celles qui auraient accouché déjà feront admettre leurs enfants dans les mêmes conditions d'incognito. Si, après avoir accouché et s'être rétablies, les mères veulent emporter leurs enfants, elles en seront naturellement laissées libres ; si au contraire elles veulent les abanilonner, le directeur de la maison leur fera de paternelles observations pour les faire revenir sur leur volonté, et tout au moins pour les déterminer à ne pas rompre tout lien entre elles et le fruit de leurs entrailles, afin de se réserver la possibilité de le retrouver et de le reconnaître plus tard. Les enfants abandonnés malgré ces conseils seront provisoirement conservés dans la maison de refuge, où les meilleurs soins leur seront assurés.
Nous repoussons absolument les protestations qu'on pourrait, au nom d'une morale j)harisa'i([ue, opposer à cette institution humanitaire. D'abord, convaincu que le mariage est la forme supérieure de l'union des sexes, nous ne trouvons néanmoins aucune immoralité à cette union lorsqu'elle est pratiquée en dehors du mariage. L'immoralité réelle revêt de tout autres formes, et ce ne sont généralement pas les femmes les plus dissolues qui deviennent mères. Du reste, le législateur n'est pas un confesseur. L'acte charnel, dans certainesconditions, peut évidemment être blâmable en soi. Mais c'est une atïairede conscience et non de législation. Toutes les fois qu'il estpratiqué entre deux êtres physiquement propres à le consommer et moralement consentants, la société n'a pas à s'en occuper. Si la suite de cet acte est la naissance d'un enfant, elle doit seulement intervenir pour protéger cet être innocent et faible.
Donc la loi préviendra les infanticides en assurant la subsistance à tout nouveau né, quel qu'il soit.
Que fera-t-on de ces enfants, ainsi que des orphelins non recueillis et des enfants enlevés à des parents indignes ?
Nous pensons (jue rexpcricnco a condamne'' ces vastes élablissemenls, où Ton recueille des enfants par centaines poulies élever en commun. Il n'y a à ce système ([ue des inconvénients sans compensation.
L'assistance publique de la Seine a adopté une organisation qui peut être prise comme base ; elle consiste à répartir les enfants, dès leur bas âge, dans des familles de la campagne qui reçoivent une légère rétribution. Elevez cette rétribution, exigez plus de soins envers les pupilles, exercez sur eux une surveillance plus grande, soyez moins administratifs et plus paternels, et le problème sera résolu.
D'ailleurs, nous le répétons, le nombre des enfants abandonnés diminuera dans une proportion considérable, bien que les infanticides et les avortements deviennent aussi de plus en plus rares.
Nous avons vu au cbapitre II de la première partie de ce livre que la femme a droit à un salaire égal à celui de Tbomme, que l'obligation du travail cesse pour la femme mariée, et qu'elle a droit au minimum commun, sans que ce minimum puisse être inférieur à la moitié du salaire gagné par le mari.
Cette disposition, qui crée à la femme mariée légalement un avantage sur l'irrégulière, laquelle n'est dispensée du travail que si elle devient mère, et n'a droit, dans ce cas, qu'au minimum strict, contribuera beaucoup à étendre le nombre des unions légales, qui est actuellement en décroissance.
Elle est d'ailleurs indiquée par la logique, car les dépenses d'une femme mariée s'élèvent lorcément en proportion de celles de son mari.
La veuve conservera l'allocation qu'elle recevait du vivant de son mari, ce qui est encore juste, cardans certains cas le retour au minimum commun pourrait la faire passer trop brusquement de l'aisance à la médiocrité. D'ailleurs, si un bomme a mérité un traitement élevé, c'est par les services qu'il a rendus à la société. Celle-ci doit donc reporter sur sa veuve une partie de la reconnaissance qu'elle lui devait, ce qui répondra certainement aux vœux de son cœur et sera pour lui un stimulant de plus.
La veuve avec enfants continuera de plus à recevoir l'indemnité accordée à ceux-ci du vivant de leur père, ce qui se justifie par la même raison. Bien entendu, elle sera dispensée du travail ; cette dispense s'étendra même à la veuve sans enfants. Nous reconnaissons que cette faveur est moins explicable dans ce dernier cas. Mais ne serait-il pas cruel d'ajouter une obligation pénible au deuil d'une pauvre femme déjà si rudement atteinte dans son bonheur? D'ailleurs ce sont là des détails, sur lesquels peuvent se produire des interprétations divergentes de l'esprit général du système collectiviste, sans qu'en lui-même il soit modifié.
Nous avons parlé, au chapitre du travail, de fixer à 55 ans l'âge de la retraite. Cet âge peut être modifié selon les nécessités de la production. Il n'est d'ailleurs pas obligatoire, toute personne pouvant, à son gré, soit cesser prématurément de travailler, si elle dispose de moyens d'existence pour atteindre l'âge légal, soit travailler au-delà de cette limite.
Toute personne ayant atteint Tàge légal a payé sa dette à la société ; elle a employé à son service ses forces physiques et intellectuelles ; parvenue à l'époque où le repos est pour elle une nécessité, elle a donc droit de réclamer à la société de pourvoir à son existence, et c'est un devoir absolu pour la société que de lui assurer de quoi subsister. Ce devoir, qui avait été proclamé par la Constitution de 1793, que des esprits essentiellement conservateurs comme Thiers, reconnaissaient explicitement et qui, en efYet, ne peut guère être discuté, la société capitaliste ne l'a jamais rempli. Elle n'assure une pension de retraite qu'aux employés et fonctionnaires publics, et encore le fait-elle avec les propres fonds des bénéficiaires puisqu'ils ont dû subir pendant 30 ans une retenue de dix pour cent sur leurs traitements. Quant à la massejravailleuse et productive, elle est complètement déshéritée. Le prolétaire devenu trop vieux pour travailler n'a qu'à mourir de faim ou à solliciter les aumônes, toujours insuffisantes, toujours avilissantes, de la charité publique et privée. L'impuissance de la société capitaliste à résoudre ce problème, le plus grave peut-être qui se soit imposé à l'attention des législateurs, est
sural)on(laninKMil ét:il)lir par ravortemcnl des nombreux projets de loi déi)osés dans ee but. Elle lient à un viee organique que nous avons exposé au chapitre IV du livre II de cet ouvrage.
La société collectiviste, au contraire, libre de développer sa production d'une façon à peu près indéfinie, peut remplir largement ses devoirs envers ceux de ses membres qui, ajirès avoir contribué à sa prospérité à l'âge où ils avaient la lorce de travailler, sont dans l'impossibilité de le laire encore.
Cette abondance des ressources delà société collectiviste lui permet d'être généreuse ; elle assurera aux vieillards une pension de retraite égale au salaire qu'ils recevaient au moment où ils ont cessé de travailler, afin qu'ils recueillent jusqu'à leur mort le Iruit de leurs services.
Quant aux femmes mariées qui sont dispensées du travail, elles auront droit, leur vie durant, aux avantages indiqués plus haut.
Les vieillards iiensionnés vivront à leur gré, seuls, avec leurs enfants ou dans des familles qui voudraient les recueillir. Il sera institué des maisons de retraite pour ceux qui préféreraient la vie en commun. Non seulement rabondance y régnera, et l'on ne mesurera pas parcimonieusement la nourriture aux pensionnaires, comme on le fait dans les asiles actuels, mais on les y laissera jouir de toute la somme de liberté compatible avec le bon ordre.
Toute personne devenue infirme, et dans l'impossibilité de travailler, continuera à toucher le salaire qu'elle recevait au moment où cette infirmité s'est produite.
Si l'inlirmité est de naissance, elle touchera le salaire minimum.
Dans l'un et l'autre cas la pension d'un infirme sera élevée, s'il y a lieu, à la somme nécessaire pour qu'il puisse recevoir les soins spéciaux que comporterait son état.
Il y aura également des maisons de refuge pour les infirmes (jui désireraient y entrer. La vie en commun étant peu dispendieuse, ils pourront se donner ainsi un grand confortable.
Le nombre des asiles d'aliénés et d'incurables sera aui^-
mente; leur installation et leur régime améliorés, et un contrôle minutieux, dont nous parlerons à la fin de ce chapitre, permettra de s'assurer que ces malheureux ne sont victimes d'aucun mauvais traitement ni d'aucune erreur.
Nous avons dit que les services médical et pharmaceutique seraient gratuits, sauf le droit pour tout citoyen malade ou blessé de se faire soigner à ses frais par les savants spécialistes.
C'est au service de l'assistance sociale que s'adresseront les intéressés pour être secourus. Ce service requerra de celui de l'hygiène publique les médecins et les remèdes, et veillera à ce que les uns et les autres ne fassent jamais défaut.
Outre ce secours, les malades et blessés loucheront la même rémunération quotidienne (pie s'ils pouvaient vaquer à leurs occupations habituelles.
Chacun pourra à son gré, et sauf des cas spéciaux, se faire soigner à domicile ou dans un hôpital.
Le nombre des hôpitaux sera augmenté ; ils seront établis dans les conditions de la plus sévère hygiène, et pourvus du matériel le plus perfectionné. Rien n'y sera ménagé pour atténuer les souffrances des hospitalisés et hâter leur guérison.
Il nous reste, pour compléter cette énumération des devoirs de la société envers ses membres et de la façon dont elle les remplira sous le régime collectiviste, à parler des pertes accidentelles qui peuvent frapper les citoyens dans leurs biens.
Actuellement, pour parer à ces pertes, ou tout au moins à une partie d'entre elles, on peut recourir aux assurances. Mais ce procédé est bien imparfait. Là encore la lutte des intérêts prend un caractère désastreux pour l'assuré. Malheur à lui si sa police n'est pas en règle, s'il y a laissé introduire quelque clause ambiguë, s'il s'est trompé dans quelqu'une de ses déclarations : la compagnie d'assurances en prendra prétexte povir lui refuser toute indemnité ou tout au moins pour réduire à un chiffre dérisoire celle qui lui sera accordée. D'ailleurs, le moindre défaut des assurances est de coûter cher, puisqu'après le paiement des indemnités et de frais généraux énormes, les
compagnies trouvent moyen de (lislril)ner de superbes (iividondes à leurs actionnaires.
On a bien songé à Taire de l'Etat l'assureur universel : mais cette mesure si simple, si logique et si avantageuse, lésait trop d'intérêts, supprimait trop de grasses sinécures. La haute finance, dans les mains de laquelle se trouvent les piincipales compagnies d'assurances, et dont aucun gouvernant capitaliste n'oserait enfreindre les volontés, a opposé son veto, et la réforme a avortédans l'œuf, comme avorteront toutes celles qui devraient réellement profiler à la masse, au détriment de l'oligarchie- financière.
La société collectiviste ne connaîtra pas ces oppositions; elle suivra sa voie sans s'en laisser distraire. Elle n'exigera même le paiement d'aucune prime pour couvrir ses membres de toutes les pertes accidentelles qu'ils pourraient éprouver : il suffira d'une simple déclaration, ^contrôlée par le chef de service compétent, et en cas de sinistre la valeur des objets détruits sera versée au sinistré sans discussion et sans délai. Cette valeur sera constatée par deux experts nommés l'un par le sinistré, l'autre par l'administration. En cas de différend, les deux experts ou, à leur défaut, le juge du ressort nommera un tiers pour les départager et statuer arbitralement.
L'indemnité sera acquise à la victime toutes les fois que la perte subie aura été involontaire et ne rentrera pas dans les risques habituels de sa profession. Il en sera ainsi dans les cas d'incendie, chute de la foudre, grêle, inondation, épizootie, volj accident quelconque. Mais les pertes agricoles résultant de la gelée, de l'excès d'humidité ou de sécheresse ne donneront ])as lieu à indemnité, comme devant être compensées par les années d'abondance. Néanmoins elles pourront motiver des ouvertures de crédit aux cultivateurs.
Le ministère de l'assistance sociale aura un caractère purement administratif. Ses agents subalternes n'auront aucune initiative à prendre, aucune considération à discuter. Ils appliqueront simplement les règlements aux personnes qui se trouveront dans une situation prévue par eux.
Le ministère de Tassistance sociale comprendra deux directions :
Celle des services communaux
Et celle des établissements d'assistance sociale.
La direction des services communaux comprendra les bureaux suivants :
Assurances sociales,
Service médical et pharmaceutique à domicile.
Etablissements d'hydrothérapie et établissements communaux d'hygiène.
Chômages,
Retraites.
Enfants,
Femmes mariées,
Veuves,
F'illes mères,
Infirmes, aliénés et incurables.
La direction des établissements d'assistance médicale comprendi'a les bureaux suivants :
Hôpitaux, "^
Hospices,
Asiles d'aliénés.
Asiles de vieillards,
Maisons d'accouchement,
Dispensaires spéciaux.
Eaux thermales et bains de mer.
Des inspecteurs généraux s'assureront du bon fonctionnement de ces divers services et feront leurs rapports au ministre.
A la tète des services de l'assistance sociale, dans chaque département, existera un directeur départemental qui aura sous ses ordres :
D'une part les directeurs communaux,
D'autre part les directeurs des hôpitaux, hospices, asiles, maisons d'accouchement, dispensaires spéciaux et des établissements d'eaux thermales et bains de mer s'il y a lieu.
Des contrôleurs assisteront le directeur départemental, feront des tournées dans toutes les communes et lui en rendront compte par voie de rapports.
Enfin il sera élai)li un directeur de l'assistance sociale dans toutes les communes. (Les fonctionnaires pourront, dans les petites communes, être chargés en même temps d'une autre fonction si leurs occupations paraissent insuffisantes.
Les directeurs communaux, tiendront des registres spéciaux pour chaque catégorie d'assistés. Ils y inscriront, outre l'étatcivil de l'assisté, toutes les circonstances motivant l'assistance ou devant la faire cesser, et de plus les mandats délivrés par eux.
Ils veilleront à ce que le service médical et pharmaceutique soit assuré dans des conditions satisfaisantes, et signaleront les négligences ou les lacunes qu'ils pourraient y constater. Pour être parfaitement renseignés, ils devront personnellement faire aux malades et ])lessés de fréquentes visites, dont ils garderont note sur leurs registres, et recueillir au besoin leurs plaintes, pour les signaler au directeur départemental.
Ils relèveront dans les registres de l'Etat-civil les naissances ou les décès, pour ouvrir ou supprimer des secours.
Ils auront la tutelle des orphelins, enfants abandonnés ou retirés à des parents indignes. Ils recueilleront les orphelins aussitôt après la mort du survivant de leurs père et mère ; ils placeront tous leurs pupilles dans des familles honorables et s'assureront constamment qu'ils reçoivent tous les soins nécessaires. Ils surveilleront de même tous les enfants étrangers à leur commune, mais qui y auraient été placés par l'administration.
Ils assureront les secours aux enfants, femmes, filles mères, dans les conditions indicjuées aux règlements.
Ils délivreront des mandats aux ouvriers dont le chômage leur serait constaté par des attestations des chefs de service qui les emploient.
Ils inscriront, sur leur demande, les hommes parvenus à l'âge légal de la retraite et qui voudraient cesser de travailler, et délivreront les mandats pour leurs pensions.
Ils recevront et vérifieront les déclarations d'actif devant donner lieu à indemnité en cas de perte accidentelle, et lorsque ce cas se produira, le constateront, nommeront un
-siècles experts et délivreront les mandats pour le paiement de Tindemnitc fixée par ceux-ci.
Ils surveilleront les établissements d'hj'drothérapie, étuves à désinfection et autres établissements d'assistance communale, dont le personnel sera placé sous leurs ordres.
Chaque fois qu'un cas d'infirmité, d'aliénation ou de maladie incurable sera constaté, ils en aviseront le directeur départemental, qui leur donnera des instructions pour faire transporter le sujet dans un établissement approprié à son affection ou pour le faire soigner à domicile.
L'internement d'un aliéné sera entouré des plus grandes précautions. Les déclarations des parents et les attestations du médecin devront être appuyées par une enquête qui sera recommencée s'il y a divergence dans les témoignages. Un contrôleur spécial et un médecin aliéniste viendront s'assurer eux-mêmes sur pla:e de la réalité des faits signalés. Enfin des visites fréquentes, faites par les fonctionnaires de divers services dans les asiles d'aliénés, empêcheront les séquestrations arbitraires d'être maintenues si par hasard elles se produisent.