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—- Je veux dire mon âme. Je me suis toujours tue et J'ai grandement péché. Le Seigneur, dans sa colère, m'a châtiée: la maladie s’est empiarée de moi. Personne ne pouvait me soulager, pas même le célèbre docteur allemand et toute sa science. Alors mes frères et mes sœurs ont supplié à genoux l’Agneau de me laisser le temps d’expier mes fautes sur cette terre. Pietro Nosclere invoqua le Seigneur. Et le Seigneur exauça son serviteur. Il a mis ma guérison dans sa main. Me revoici, ce soir, pour Ja première fois panmi vous. Il faut que je vous dise combien je fus coupable. Ma vie ne fut qu'un tissu de péchés, jusqu’au retour au village de notre frère Pietro. Alors il nous montra la voie du Salut. Je devins fidèle enfant de l’'Agneau. Chères sœurs, sachez mon crime et priez pour ma pauvre âme!
« Ma seconde fille Fiametta n’est pas de mon mari. J'ai failli à la parole donnée devant l'autel. Viens ici, Fiametta, fruit de mon péché, montre-toi à tous! »
Elle se fraya un passage entre les bancs et saisit, par les cheveux, la fillette ahurie, à peine âgée de huit ans, qui se cramponna à da veste de son père. Malgré ses cris, elle dut céder à la poigne maternelle.
— Voici le souvenir vivant de coupables étreintes. Le douanier Aloys Drenker est son père. Pardonnezmoi, priez avec moi Jésus pour la rémission de mes fautes!
Ses bras, tendus vers le ciel, retombèrent lourdement sur les maigres épaules de l'enfant.
— À genoux, sale bâtarde! Prie pour les péchés de
ta mère!